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Société - Éducation

L'école publique ouvre ses inscriptions aux réfugiés syriens en situation irrégulière

La décision prise en Conseil des ministres le 9 octobre 2025 a été annoncée jeudi par la ministre de l'Éducation, Rima Karamé.

L'école publique ouvre ses inscriptions aux réfugiés syriens en situation irrégulière

Des enfants ayant fui les bombardements israéliens dans le sud du Liban participaient à un atelier de dessin organisé par des bénévoles, dans un centre d'accueil à Beyrouth où ils ont trouvé refuge avec leurs familles, le 20 octobre 2024, durant la guerre entre Israël et le Hezbollah. Ibrahim Amro/AFP

Tous les petits réfugiés syriens du Liban en âge d’être scolarisés, qu’ils soient documentés ou non, seront autorisés cette année à se faire enregistrer à l’école publique pour suivre les cours de l’après-midi. La mesure exceptionnelle annoncée jeudi par la ministre de l’Éducation, Rima Karamé, intervient au premier jour d’inscription des élèves réfugiés, au terme d’une année au cours de laquelle seuls ceux disposant de permis de séjour ou de papiers délivrés par le Haut-Commissariat pour les réfugiés des Nations unies (HCR), ont été admis à l’école officielle.

Elle est destinée à ne pas laisser sur le carreau les élèves syriens ayant trouvé refuge au Liban après la chute du régime de Bachar el-Assad, en décembre 2024, considérant qu’un jour, ils retourneront dans leur pays.

Selon les chiffres du ministère, 42 000 élèves syriens avaient ainsi été privés d’éducation en 2024-2025. Le Liban, pourtant signataire de la Convention internationale des droits de l’enfant, leur avait nié ce droit sur décision du Conseil des ministres, officiellement pour encourager leur retour en Syrie.

Selon le HCR, le pays du Cèdre comptait en décembre 2024 près d’1,4 million de réfugiés syriens. Mais avec les départs d’opposants à l’ancien régime déchu (près de 300 000) et les arrivées de partisans de ce régime (100 000 environ), ces chiffres sont aujourd’hui supérieurs à la réalité et devraient être revus à la baisse vers la fin de l’année, selon l’institution.

Les données transmises à la Sûreté générale

La note signée jeudi par Rima Karamé (suite à une décision du Conseil des ministres, le 9 octobre) relate les conditions d’inscription à l’école publique des élèves étrangers pour l’horaire de l’après-midi, principalement syriens. Et ce sachant que les élèves étrangers présents au Liban de longue date, avant la crise syrienne de 2011, sont admis le matin aux côtés des élèves libanais, mis à part les réfugiés palestiniens scolarisés par l’Unrwa.

Toujours selon le ministère de l’Éducation, 166 000 élèves syriens ont été scolarisés à l’école publique en 2024-2025, tous munis de documents valides.

Les chefs d’établissements publics sont donc invités à enregistrer entre le 15 et le 31 octobre 2025 les élèves étrangers (syriens) appartenant aux catégories suivantes : ceux qui disposent de permis de séjour valides délivrés par la Sûreté générale ou de documents valides délivrés par le HCR ; ceux qui ont entamé les procédures (ou leurs parents) et disposent d’un reçu l’attestant ; et enfin les non-documentés, qui ne disposent pas de papiers valides, à la condition d’inscrire toutes les données les concernant (nom, noms des parents, date et lieu de naissance, numéro de registre, adresse, numéro de téléphone). Données qui seront transmises par le ministère de l’Éducation à la Sûreté générale.

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Selon une source proche du dossier, l’objectif d’une telle décision, outre celui d'accorder aux enfants le droit à l'éducation, est de transmettre au Comité ministériel chargé du retour des réfugiés syriens – dirigé par le vice-Premier ministre Tarek Mitri – les informations nécessaires permettant de mieux contrôler le dossier. « Les autorités partent du principe que ces réfugiés rentreront chez eux un jour et qu’elles doivent obtenir les informations permettant d’encadrer leur retour. »

Sur les réseaux sociaux, les pour et les contre s’affrontent. Ceux qui veulent voir les réfugiés partir illico, quitte à ne pas permettre la scolarisation de leurs enfants ; et ceux qui soutiennent la décision officielle, pour des raisons humanitaires, mais aussi par respect des droits de l’enfance. Les discours prennent des tournures politico-communautaires. Début octobre, le Parti socialiste progressiste (PSP) avait annoncé avoir obtenu des autorisations exceptionnelles permettant à des élèves syriens, déplacés de Soueida et d’autres régions à la suite des récents affrontements, de s’inscrire dans des écoles libanaises.

Mais déjà l’Unicef se félicite de la décision de la ministre de l’Éducation. Sollicité par L’Orient-Le Jour, Marcoluigi Corsi, représentant de l’Unicef au Liban, « salue les efforts déployés par le ministère pour aider tous les enfants à accéder à l'enseignement général, quelle que soit leur origine. Il s'agit d'une avancée décisive pour garantir la réussite de l'année scolaire et réaliser le droit fondamental de chaque enfant à une éducation de qualité », a-t-il souligné.

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 « L'Unicef et ses partenaires donateurs continueront à soutenir le ministère de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur par le biais du Fonds pour l'éducation et la résilience pendant la transition (TREF), en contribuant à renforcer le système d'éducation publique, à fournir du matériel pédagogique, à former les enseignants et à garantir des environnements d'apprentissage inclusifs, sûrs et de qualité pour tous les enfants du Liban, y compris ceux qui ont des besoins spéciaux, les réfugiés et les autres groupes vulnérables », a ajouté M. Corsi.

Tous les petits réfugiés syriens du Liban en âge d’être scolarisés, qu’ils soient documentés ou non, seront autorisés cette année à se faire enregistrer à l’école publique pour suivre les cours de l’après-midi. La mesure exceptionnelle annoncée jeudi par la ministre de l’Éducation, Rima Karamé, intervient au premier jour d’inscription des élèves réfugiés, au terme d’une année au cours de laquelle seuls ceux disposant de permis de séjour ou de papiers délivrés par le Haut-Commissariat pour les réfugiés des Nations unies (HCR), ont été admis à l’école officielle.Elle est destinée à ne pas laisser sur le carreau les élèves syriens ayant trouvé refuge au Liban après la chute du régime de Bachar el-Assad, en décembre 2024, considérant qu’un jour, ils retourneront dans leur pays.Selon les...
commentaires (1)

pourquoi en donne t on tant d'importance ? qu'est ce qui a radicalement change au Liban relatif a ce dossier depuis son fonctionnement ? RIEN ! alors pourquoi tant de bruits , pourquoi maintenant ? simplement parce qu' ON n'aime pas voir le Liban copain copain avec la nouvelle Syrie.

L’acidulé

09 h 34, le 17 octobre 2025

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Commentaires (1)

  • pourquoi en donne t on tant d'importance ? qu'est ce qui a radicalement change au Liban relatif a ce dossier depuis son fonctionnement ? RIEN ! alors pourquoi tant de bruits , pourquoi maintenant ? simplement parce qu' ON n'aime pas voir le Liban copain copain avec la nouvelle Syrie.

    L’acidulé

    09 h 34, le 17 octobre 2025

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