Des engins de chantier calcinés sur le site bombardé par Israël à Msayleh, le 11 octobre 2025. Photo Mountasser Abdallah / L'Orient-Le Jour
Plusieurs représentants de l'État libanais ont condamné les frappes israéliennes massives qui ont détruit des centaines d'engins de chantier, dans la nuit de vendredi à samedi, à Msayleh, au Liban-Sud, à commencer par le président Joseph Aoun qui, en plus de dénoncer l'attaque d' « installations civiles », a estimé qu'elle soulève des « défis fondamentaux » pour le pays. Le Hezbollah, de son côté, a appelé l'État à « assumer ses responsabilités », face à une attaque qui « ne peut rester sans réponse ».
Ces bombardements ont fait un mort et sept blessés, et plusieurs centaines engins, dont des bulldozers et des excavatrices, ont été détruits, selon les informations de notre correspondant. Un premier bilan fait état de pertes estimées à des millions de dollars.
« Une fois de plus, le Liban-Sud est la cible d'une agression israélienne flagrante contre des installations civiles, sans motif ni même prétexte », a dénoncé le chef de l'État dans un message publié sur le compte X de la présidence. Il a estimé que ces frappes sont d'autant plus graves qu'elles surviennent « après l’accord de cessez-le-feu à Gaza, et l'approbation par les Palestiniens du mécanisme prévu par cet accord pour limiter les armes et les rendre hors d’usage ».
Selon le président, cette situation confronte les Libanais et la communauté internationale, à des « défis fondamentaux », en tête desquels la question de savoir « si certains cherchent à compenser » la guerre à Gaza en se tournant vers le Liban, pour poursuivre une stratégie politique basée sur « le feu et la mort ».
Dans ce qui a en outre semblé être un appel au Hezbollah, M. Aoun a encore demandé à «soutenir le Liban» en respectant les modalités de la trêve, qui « a été acceptée par toutes les parties », estimant que cela relève du « bon sens et de la justice la plus élémentaire puisque le Liban a été entraîné dans la guerre de Gaza sous le slogan du soutien » au Hamas. Le 8 octobre 2023, le Hezbollah avait ouvert ce qu'il a appelé un « Front de soutien » au lendemain du 7-Octobre. « Notre responsabilité envers tout le peuple libanais et sur l’ensemble de son territoire nous impose de soulever ces défis — et non de nous contenter d’une condamnation, aussi légitime soit-elle, d’une agression manifeste », a-t-il ajouté.
« Agression contre le Liban et tous ses habitants »
De son côté, le président du Parlement Nabih Berry, qui a une résidence à quelques centaines de mètres du site visé, a souligné que les bombardements « ne changeront en rien nos convictions et nos principes, ni ceux de notre peuple, qui, une fois de plus, paie de sa vie, de ses maisons et de ses moyens de subsistance le prix de son attachement à sa terre et à son droit légitime à une vie digne ». « Comme à chaque fois, il ne s'agit pas d'une agression contre Msayleh, ses habitants et les propriétaires d'industries qui s'y trouvent, mais d'une agression contre le Liban et tous ses habitants », a-t-il ajouté, appelant à l'unité des Libanais face à ces attaques.
Il a reçu un appel du leader druze Walid Joumblatt, son allié de longue date, au cours duquel l'ancien chef du Parti socialiste progressiste (PSP) a lui aussi « condamné l’agression israélienne », rapporte l'Agence nationale d'information (Ani, officielle). M. Berry avait violemment critiqué jeudi le gouvernement, l'accusant de se désintéresser complètement des habitants du Liban-Sud, ce qui lui avait valu une réponse de Nawaf Salam.
Ce dernier, actuellement en déplacement à Paris, a suivi tout au long de la journée les « répercussions » des frappes sur des « infrastructures commerciales et civiles », a indiqué le Grand Sérail sur X. Il a notamment contacté plusieurs ministres et le président du Conseil du Sud, Hachem Haïdar, afin de s'enquérir du bon déroulement des opérations de déblaiement. Il a encore demandé au président du Haut comité de secours, Bassam Naboulsi, de dédommager les personnes concernées.
Des engins utilisés par le ministère des Travaux publics
En raison de la nature de la cible visée, le ministre des Travaux publics et des Transports, Fayez Rassamny, s'est rendu sur les lieux de la frappe, et a évoqué selon les médias locaux «un ciblage à 100% d'une institution civile», dans une réponse indirecte à l'armée israélienne, qui a pour sa part affirmé, sur X, avoir visé des « infrastructures » du Hezbollah, « utilisées pour stocker du matériel de génie destiné à la reconstruction d’infrastructures terroristes dans le sud du Liban ». Le ministre a précisé que le regroupement d'engins de chantier visé figurait « parmi les plus importants du Liban-Sud » et que ces engins étaient « régulièrement » utilisés par son ministère.
M. Rassamny a également précisé que Nawaf Salam, bête noire du Hezbollah au sein de l'État, « aurait été présent sur les lieux s’il n’était pas en déplacement en France », ajoutant que « tout ce que fait Israël vise à nous diviser, mais la protection du Sud et du Liban réside dans notre unité — c’est elle qui nous protège », rapporte l'Agence nationale d'information.
La « présence » des ministres aux côtés des habitants du Sud
Le ministre de l’Intérieur Ahmad Hajjar et le ministre du Travail Mohammad Haïdar se sont également rendus sur le site, accompagnés du député du mouvement Amal Hani Kobeissi. Au cours de cette visite, M. Hajjar a souligné que « ce qui importe, c’est notre présence aux côtés des habitants du Sud. En tant que gouvernement, nous ferons tout ce qui est nécessaire pour assurer la protection des citoyens et préserver leur sécurité et leur stabilité. » Il a encore souligné que « tous les Libanais sont derrière l'armée. » Quant à Mohammad Haïdar, qui relève de la quote-part du Hezbollah au sein du cabinet, il a souligné l'importance de l'unité « face à cet ennemi qui s’en prend à des innocents. » M. Kobeissi a de son côté salué la « position honorable » du gouvernement, « qui montre que nous sommes unis face à l’agression. » Les bombardements de la nuit ont visé des engins « qui auraient servi à la reconstruction du Sud, ce qu’Israël ne veut pas », a-t-il ajouté.
Enfin, le bureau du ministère des Affaires étrangères a évoqué une « violation » de l'accord de cessez-le-feu du 27 novembre 2024, dans un communiqué. Selon le ministère, « la poursuite de ces agressions (israéliennes) est de nature à entraver les efforts nationaux déployés par l’armée libanaise dans le cadre de son plan visant à confiner les armes aux mains des forces légitimes et à préserver la sécurité et la stabilité du Sud du Liban ».




Mais enfin, que ce soit notre Berry national indéracinable, chouchou de maitre Salam ou ses vendus acolytes, ils sont d'une telle mauvaise foi qu'ils ne comprennent ni n'admettent qu'ils sont vaincus, indésirables et qu'ils se font matraquer et tuer tous les jours??? Ils perdurent dans leur magouille sanguinaire à l'aide de ce qui leur reste d'armes pour faire peur à nos autorités ??? Manque total de logique inconcevable même pour un élève du primaire.
22 h 02, le 12 octobre 2025