Le patriarche maronite Béchara Raï et l’ambassadeur d’Iran au Liban, Mojtaba Amani, à Bkerké le 10 octobre 2025. Photo Ani
Le patriarche maronite Béchara Raï et l’ambassadeur d’Iran Mojtaba Amani ont souligné la nécessité pour le Liban de « demeurer un pays neutre, beau et diversifié, tel un jardin de fleurs enrichi par ses différences et embelli par son unité », ajoutant que « le pays s’effondrerait si cet équilibre venait à disparaître », selon une déclaration citée par l’Agence nationale d’information (ANI, officielle).
Les deux hommes s’exprimaient depuis Bkerké, où le chef de l’Église maronite avait reçu le diplomate iranien dans le cadre d’une visite assez rare, la dernière remontant à la fin octobre 2022, soit au moment de la fin du mandat de l’ancien président Michel Aoun. Cette rencontre a notamment été l’occasion de souligner la nécessité de « consolider la stabilité dans la région et dans le monde, loin des guerres dévastatrices », et de permettre au Liban de « retrouver sa vitalité et son rôle de terre de rencontre, de paix, de fraternité et de coexistence ». Mgr Raï et M. Amani ont enfin appelé à « mettre fin au langage de la guerre, de la mort et de la destruction qui ont épuisé le Moyen-Orient et appauvri ses peuples ».
Cette visite et son timing peuvent surprendre compte tenu des importantes divergences qui existent entre le patriarche maronite et la diplomatie iranienne sur la question de l’arsenal du Hezbollah. Le parti chiite, soutenu par l’Iran, refuse de remettre ses armes lourdes à l’armée libanaise, comme le lui demande le gouvernement. Celui-ci a commencé à mettre en œuvre son projet de rétablir le monopole de l’État sur les armes fin août dernier, via une série de décisions prises en Conseil des ministres, mais sans les ministres du tandem chiite Amal et Hezbollah.
Le patriarche a maintes fois réitéré ses critiques à l’encontre de la position du Hezbollah, estimant qu’il avait « vidé la résistance (à Israël) de son sens véritable » et jugeant que cette dernière ne devait pas consister à « se soumettre aux diktats de l’Iran », selon des propos qu’il avait tenus en août sur la chaîne saoudienne al-Arabiya. Cette prise de position est partagée par les deux principaux partis chrétiens, les Forces libanaises et les Kataëb, opposés au parti chiite sur le plan politique. L’Iran a, de son côté, fait savoir, notamment à travers la voix du secrétaire du Conseil suprême de la sécurité nationale iranien, Ali Larijani, qu’il s’opposait au désarmement du parti.
Le patriarche Raï a par ailleurs reçu le supérieur général de l’ordre maronite libanais, l’abbé Hadi Mahfouz, accompagné du procureur général de l’ordre, le père Georges Hobeika, du père administrateur Tony el-Fakhry, du supérieur du monastère Saint-Jean à Jbeil, l’abbé Simon Abboud, et du supérieur de l’école Saint-Georges, l’abbé Karim el-Touni.
Ces derniers ont exprimé leur gratitude au patriarche pour « sa sollicitude et sa participation à la joie de l’ordre » lors de l’inauguration du monastère Saint-Charbel à Villiers, en France, en septembre dernier.



On se demande bien ce que ce type est venu dire à Raï. S’éxcuser du comportement de ses vassaux locaux, qui accusaient bkerké de collusion avec l’énnemi ? Ou lui demander de prier pour que les survivants de sa milice demeurent en vie ? Ou encore l’implorer d’ouvrir une église de mar charbel á Téhéran ? A moins qu’il ne soit venu lui offrir un Pager. Drôle cette visite et on ne peut qu’être curieux d’en savoir plus.
05 h 29, le 12 octobre 2025