Les représentants de l'UE à Baabda avec le président libanais, Joseph Aoun. Photo présidence.
Le président libanais, Joseph Aoun, a appelé mercredi l'Union européenne (UE) à soutenir l'armée et les forces de l'ordre dans leur objectif visant à récupérer le monopole des armes aux mains de l'Etat, et à faire pression sur Israël pour qu'il respecte toutes les modalités de l'accord de cessez-le-feu, et notamment le retrait des territoires toujours occupés au Liban-Sud.
M. Aoun a fait ces demandes lors d'une réunion à Baabda avec une délégation de l'UE emmenée par Charles Fries, secrétaire général adjoint pour la paix, la sécurité et la défense au Service européen pour l'action extérieure (SEAE). À cette occasion, le chef de l'État a salué tout soutien que pourrait apporter l'UE à l'armée et aux forces de l'ordre, afin de renforcer leur rôle dans la préservation de la sécurité et de la stabilité sur l’ensemble du territoire libanais. » La troupe est, dans ce cadre, déployée sur tout le territoire et accomplit des « missions spécifiques », en plus de sa « mission principale » actuelle au sud du Litani, où elle se déploie depuis le 27 novembre 2024, jour de l'entrée en vigueur du cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah.
Avant cette date, la bande frontalière du sud du fleuve Litani était principalement contrôlée par le Hezbollah, qui doit s'en retirer dans le cadre de l'accord de trêve et laisser place à l'armée. Le président Aoun a toutefois précisé que ce déploiement ne peut être réalisé « dans les zones toujours occupées par Israël en violation de l'accord », soit sur au moins six collines du territoire libanais.
Environ 10 000 soldats au Liban-Sud d'ici la fin de l'année
« C’est pourquoi le Liban demande à ses pays amis, notamment aux pays de l’Union européenne, de faire pression sur Israël afin qu'il se retire des zones toujours occupées, mette fin à ses attaques quotidiennes et libère les prisonniers libanais », a insisté M. Aoun, réitérant les revendications officielles de l'État pour faire respecter la trêve. « Sans la réalisation de ces demandes, la situation restera instable et la mise en œuvre du plan de l’armée pour garantir le monopole des armes par les forces légitimes ne pourra pas progresser », a-t-il argué, estimant qu'environ 10 000 soldats devraient être postés dans le Sud d'ici la fin de l'année, « ce qui nécessite des équipements, des véhicules et du matériel ».
Concernant la fin du mandat de la Force intérimaire de l'ONU au Liban, le président libanais a souhaité que cette transition se fasse « en douceur et parfaite coordination pour garantir la sécurité dans le Sud. » Et alors qu'en juillet dernier, l'UE avait lancé un projet de 12,5 millions d’euros (environ 14,7 millions de dollars) pour appuyer l’armée libanaise dans le Sud, à la suite de la guerre de treize mois entre Israël et le Hezbollah, M. Aoun a encore remercié les 27 pour leur aide dans divers domaines, soulignant que « la stabilité sécuritaire » du Liban a des « répercussions positives » sur le bloc européen.
Réformes, réfugiés syriens et relations avec Damas
Par ailleurs, le président a affirmé que le gouvernement poursuit les « réformes financières et économiques nécessaires, en coopération avec la Banque mondiale et le Fonds monétaire international. » « Nous sommes sur la bonne voie et nous accueillons favorablement le partenariat avec l'UE dans tous les domaines », a-t-il lancé, espérant que les Européens participeront à la supervision des élections législatives prévues normalement en mai prochain et a insisté qu'elles se tiendront à la date prévue.
Concernant les relations avec la Syrie, Joseph Aoun a souligné qu'elles étaient « en train de s'améliorer », avec des dossiers communs traités de manière coordonnée, notamment en ce qui concerne les réfugiés et migrants syriens. Il a souligné que Beyrouth continue de réclamer leur retour en Syrie, « les conditions qui avaient provoqué leur déplacement ayant disparu », et a appelé à ce que des aides soient fournies par l'ONU dans leur région d'origine.
De son côté, Charles Fries a affirmé que l'UE reste disposée à continuer à fournir de l'aide au Liban, et notamment à l'armée et aux forces de sécurité, ainsi que concernant les réfugiés syriens.


