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Moyen-Orient - Gaza

Le Hamas dit avoir besoin de temps pour étudier le plan de Trump sur Gaza

Deux tendances s'opposeraient au sein du mouvement, entre une approbation « inconditionnelle» ou « partielle ».

Des Palestiniens marchant vers le sud le long d'un sentier côtier au nord-ouest du camp de réfugiés de Nousseirat, le 2 octobre 2025. Photo Omar al-Qatta/AFP

Le Hamas a indiqué vendredi qu'il avait encore besoin de davantage de temps pour examiner le plan présenté par Donald Trump visant à mettre fin à près de deux ans de guerre dans la bande de Gaza.

« Le Hamas poursuit toujours ses consultations concernant le plan de Trump (...) et a informé les médiateurs que les consultations sont en cours et nécessitent encore un peu de temps », a indiqué à l'AFP un responsable du Hamas sous couvert d'anonymat.

Ce plan prévoit notamment un cessez-le-feu, la libération dans les 72 heures des otages retenus à Gaza et le désarmement du mouvement palestinien, mais aussi un retrait israélien progressif du territoire assiégé et la mise en place d'une autorité de transition chapeautée par l'administration américaine.

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M. Trump avait donné mardi au mouvement palestinien un ultimatum de « trois ou quatre jours » pour accepter son plan que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a affirmé publiquement soutenir, tout en assurant dans une vidéo en hébreu postée sur son compte X qu'il empêchera la création d'un État palestinien et que l'armée israélienne restera déployée dans la majeure partie de la bande de Gaza, contrairement aux dispositions de ce même plan.

Les Nations unies ont par ailleurs assuré ce vendredi qu'il n'existait pas de refuge sûr pour les Palestiniens, qualifiant de « lieux de mort » les zones de sécurité désignées par Israël dans le sud. « L'idée d'une zone de sécurité dans le sud est une farce », a déclaré James Elder, porte-parole de l'Unicef s'exprimant depuis Gaza, alors que des frappes israéliennes ont tué au moins sept Palestiniens dans la zone dite humanitaire d'al-Mawassi, dans le sud de l'enclave, où nombre de Gazaouis ont été déplacés de force.

Soutenue par plusieurs pays arabes et occidentaux, la proposition américaine reste truffée de zones d'ombre, notamment sur le calendrier du retrait israélien et le cadre du désarmement du Hamas.


« Deux opinions »

Mohammad Nazzal, membre du bureau politique du Hamas, a indiqué à l'AFP dans un communiqué que le « plan comporte des points de préoccupation ». « Nous annoncerons bientôt notre position à son sujet. » « Nous sommes en contact avec les médiateurs ainsi qu'avec des parties arabes et islamiques, et nous sommes sérieux dans notre volonté d'aboutir à des ententes », a-t-il dit.

Une source palestinienne proche de la direction du Hamas avait indiqué mercredi à l'AFP que le mouvement « souhaite amender certaines clauses comme celle sur le désarmement et l'expulsion » de ses membres.

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« Les Qataris vont mettre la pression au Hamas pour qu'il donne une réponse positive, même s'il n'accepte pas l'intégralité du plan », a indiqué de son côté Hugh Lovatt, spécialiste du Moyen-Orient au Conseil européen des relations internationales. « Il ne s'agit pas seulement de convaincre la direction du Hamas à Doha, mais aussi celle de Gaza, ainsi que ses membres et combattants » sur place. 

Selon une autre source proche des négociations en cours à Doha, « il existe deux opinions au sein du Hamas », a-t-elle dit à l'AFP mercredi. « La première soutient l'approbation inconditionnelle, car la priorité est un cessez-le-feu dans le cadre des garanties données par Trump, avec des médiateurs veillant à ce qu'Israël mette en œuvre le plan », a-t-elle dit. La seconde « rejette le désarmement et les expulsions » des cadres du Hamas et « privilégie une approbation conditionnelle ».


« Situation catastrophique »

Pendant ce temps, dans la bande de Gaza, « la situation est catastrophique », a déploré Adnan Abou Hasna, un représentant local de l'agence onusienne pour les réfugiés palestiniens (Unrwa). « Des dizaines de milliers de Palestiniens sont contraints à des déplacements répétés qui coûtent extrêmement cher, et l'accès à la nourriture et à l'eau reste limité », a-t-il ajouté.

L'ONU a déclaré la famine à Gaza, où au moins 455 personnes sont mortes de faim, dont 151 enfants, selon le ministère de la Santé de Gaza.

Selon des sources médicales citées par Al Jazeera, au moins 22 Palestiniens ont été tués par les frappes israéliennes menées depuis l’aube ce vendredi à travers l’enclave palestinienne, selon des sources médicales citées par Al Jazeera. Parmi ces victimes, figurent notamment six personnes, dont trois enfants, ayant péri dans une frappe contre le quartier de Sabra, à Gaza-ville, qui a également fait plusieurs autres blessés, précise une source ambulancière locale.

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L'offensive israélienne contre la bande de Gaza, récemment qualifiée de génocide par une commission mandatée par l'ONU, a tué au moins 66 225 Palestiniens dans l'enclave palestinienne, selon le dernier bilan officiel publié par le ministère de la Santé, auxquels s'ajoutent 168 938 blessés. Ces chiffres, jugés fiables par l'ONU, ne prennent pas en compte les milliers de disparus, dont les corps sont présumés coincés sous les décombres.

L'attaque du 7-Octobre avait entraîné du côté israélien la mort de 1 219 personnes, selon un bilan établi par l'AFP à partir de données officielles. Sur les 251 personnes enlevées durant l'attaque, 47 sont toujours retenues à Gaza dont 25 sont mortes selon l'armée israélienne.

Le Hamas a indiqué vendredi qu'il avait encore besoin de davantage de temps pour examiner le plan présenté par Donald Trump visant à mettre fin à près de deux ans de guerre dans la bande de Gaza.« Le Hamas poursuit toujours ses consultations concernant le plan de Trump (...) et a informé les médiateurs que les consultations sont en cours et nécessitent encore un peu de temps », a indiqué à l'AFP un responsable du Hamas sous couvert d'anonymat.Ce plan prévoit notamment un cessez-le-feu, la libération dans les 72 heures des otages retenus à Gaza et le désarmement du mouvement palestinien, mais aussi un retrait israélien progressif du territoire assiégé et la mise en place d'une autorité de transition chapeautée par l'administration américaine. Lire aussi Le plan en 20 points de Trump pour Gaza...
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