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Culture - Festival

Le cinéma libanais s’invite à Paris, entre société et mémoire

Du Liban-Sud à Gaza, du féminisme à la scène stand-up, la 5ᵉ édition du Festival du film libanais de France (FFLF) qui se tiendra du 9 au 16 octobre s’annonce comme « la plus riche et la plus ambitieuse ». Vingt-quatre courts-métrages en compétition et autant de films hors concours dessinent les contours d’un cinéma en pleine effervescence.

Le cinéma libanais s’invite à Paris, entre société et mémoire

L’affiche de la 5ᵉ édition du Festival du film libanais de France. Photo DR

Sarah Hajjar n’est pas arrivée par hasard dans ce projet. Lorsqu’elle fonde le festival en 2019, elle a déjà une longue expérience derrière elle. Passée par l’Unesco, puis par Amnesty International France où elle dirige le festival de cinéma de l’organisation, elle rejoint ensuite Europa Cinemas. Aujourd’hui, elle travaille comme consultante, spécialisée dans la programmation et la gestion de projets culturels. « J’ai créé ce festival avec une petite équipe, et nous sommes maintenant une vingtaine de bénévoles actifs toute l’année dont d’ambitieux jeunes programmateurs comme Yorgo Scheib et Mourane Matar, qui ont rejoint Michel Tabbal, Joseph Ferec, Christophe Nassif, Aurélie Châtelard, Louise Ferron, Héloïse Abbosh et tous les autres talents de l’équipe », explique-t-elle avec enthousiasme. L’une des pierres angulaires du festival : la compétition de courts-métrages, orchestrée cette année par Mourane Matar. « Nous passons par la plateforme FilmFreeway, qui permet aux cinéastes de soumettre leurs films, et nous faisons une veille permanente dans les autres festivals. Nous distinguons les créations étudiantes des autres productions, les premières venant des universités du Liban et d’ailleurs. Les cinéastes sont libanais, certains appartiennent à la diaspora française, italienne ou encore portugaise », ajoute la consultante culturelle.

Sarah Hajjar, présidente du Festival du film libanais de France. Photo D. Libert
Sarah Hajjar, présidente du Festival du film libanais de France. Photo D. Libert

Cette année, la diversité des thèmes est particulièrement saillante. Identités de genre et queer, féminisme, mères célibataires, mais aussi biodiversité et destruction environnementale. « Des sujets que l’on ne voyait pas forcément auparavant, et qui s’écartent du spectre habituel de la guerre et de l’exil », observe la fondatrice.

Une soixantaine de courts-métrages ont été soumis au comité du festival ; vingt-quatre ont été retenus, dont quatorze réalisés par des étudiants et des étudiantes. Le président du jury et parrain de la 5e édition est Wissam Charaf. « C’est un cinéaste incontournable du cinéma libanais contemporain, régulièrement programmé. L’an dernier, son film Et si le soleil plongeait dans l’océan des nues a remporté le prix du meilleur court-métrage du FFLF », rappelle Sarah Hajjar. Dans le jury, on trouve également le producteur Georges Schoucair, la productrice et distributrice Katia Kazakh, Bernard Payen, programmateur à la Cinémathèque française, mais aussi la réalisatrice Romy Choueiri (prix du public en 2024 au FFLF), la comédienne et programmatrice tunisienne Sabrine Ghannoudi et Mohamad Abdouni, réalisateur et plasticien, qui explore notamment la thématique queer dans son travail.

« L’édition la plus riche et la plus ambitieuse »

Vingt-quatre films sont aussi prévus hors compétition. « C’est l’édition la plus riche et la plus ambitieuse que nous ayons préparée », se réjouit Sarah Hajjar. Le coup d’envoi sera donné avec Un monde fragile et merveilleux de Cyril Aris, qui sera présent pour l’avant-première française de son film. Une œuvre qui a reçu le prix du public à la Semaine des auteurs de la Mostra de Venise 2025 et qui représentera le Liban aux Oscars 2026.

Après une édition 2023 dédiée à la santé mentale et une édition 2024 centrée sur la représentation de guerre, 2025 change de cap. La programmation se structure autour de deux grands axes : société et mémoire. Cette dernière se décline en quatre volets : l’occupation du Liban-Sud, Gaza vue du Liban, le cinquantenaire de la guerre du Liban et l’histoire du cinéma libanais. Une séance « patrimoine » mettra à l’honneur Tous pour la patrie de Maroun Bagdadi, tandis qu’une séance « matrimoine » proposera Sud-Liban : histoire d’un village assiégé de Jocelyne Saab.

Autre temps fort : la projection de Maabar – Ils gardèrent le silence, d’Anthony Tawil et Cédric Kayem. « C’est un audiofilm, qui propose une immersion sonore portée par les voix de témoins de la guerre. Les réalisateurs en ont créé une version inédite de quarante minutes regroupant plusieurs épisodes pour notre festival. Nous présentons aussi Un cœur perdu et autres rêves de Beyrouth de Maya Abdul-Malak, nommé pour le César 2025 du meilleur court-métrage documentaire, ou encore Les Ombres de Beyrouth de Garry Keane et Stephen Gerard Kelly, une coproduction qui a représenté l’Irlande aux Oscars 2024 dans la catégorie du meilleur long-métrage international. Ce sera sa première projection en France ! » se réjouit Sarah Hajjar.

La section société réserve d’autres découvertes. À commencer par La Force du coquelicot, premier documentaire de Mona Hammoud, consacré au stand-up libanais. « Les réalisatrices sont nombreuses sur la scène cinématographique. Les jeunes cinéastes explorent des thèmes alternatifs et s’essayent à différents exercices de style. Je regrette que le registre comique ne soit pas plus représenté, même si l’humour noir et l’absurde sont bien travaillés. L’an dernier, le Grand Prix du jury est allé à un film d’animation, Crow Man, de Yohann Abdelnour. Nous recevons peu de films d’animation, mais les quelques-uns que nous avons reçus cette année sont de grande qualité », souligne-t-elle.

Le festival se veut un espace de dialogue : la majorité des cinéastes seront présents pour échanger avec le public, et une rencontre autour de la coproduction est organisée pour les professionnels, en partenariat avec le festival des 3 Continents. Cette rencontre cinématographique annuelle est soutenue par la Vallée Village, la ville de Paris, l’IMA, le cinéma Élysées Lincoln et l’Institut français de Beyrouth ; elle est également partenaire de la Ligue de l’enseignement, soucieuse de s’ouvrir au jeune public français. De nombreux artistes s’associent chaque année au festival, comme le groupe de musique Rust, duo libanais d’électro-tarab qui a signé la musique de la bande-annonce, réalisée par Yorgo Scheib, ou encore l’artiste Kabrit qui a signé l’affiche de cette 5e édition. « Nous avons de la chance d’avoir autant de talents qui nous soutiennent », conclut Sarah Hajjar, le sourire aux lèvres.

Programmation et billetterie ici.

La grille des séances est ici.

Sarah Hajjar n’est pas arrivée par hasard dans ce projet. Lorsqu’elle fonde le festival en 2019, elle a déjà une longue expérience derrière elle. Passée par l’Unesco, puis par Amnesty International France où elle dirige le festival de cinéma de l’organisation, elle rejoint ensuite Europa Cinemas. Aujourd’hui, elle travaille comme consultante, spécialisée dans la programmation et la gestion de projets culturels. « J’ai créé ce festival avec une petite équipe, et nous sommes maintenant une vingtaine de bénévoles actifs toute l’année dont d’ambitieux jeunes programmateurs comme Yorgo Scheib et Mourane Matar, qui ont rejoint Michel Tabbal, Joseph Ferec, Christophe Nassif, Aurélie Châtelard, Louise Ferron, Héloïse Abbosh et tous les autres talents de l’équipe », explique-t-elle avec enthousiasme....
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