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Culture - Patrimoine

La fondation Honor Frost à la rescousse du Bulletin d’archéologie et d’architecture libanaises

Une aide financière de 125 000 dollars a été offerte par la fondation de la pionnière de l'archéologie sous-marine pour la numérisation du BAAL qui sera publiée en accès libre (Open Access). 

La fondation Honor Frost à la rescousse du Bulletin d’archéologie et d’architecture libanaises

La présidente du conseil d’administration de la fondation Honor Frost, Alison Cathie, et le ministre de la Culture, Ghassan Salamé, ont signé un accord de coopération pour la numérisation du Bulletin d’archéologie et d’architecture libanaises (BAAL). Photo Mohammad Yassine/L'Orient-Le Jour

Le ministre de la Culture, Ghassan Salamé, et la présidente du conseil d’administration de la fondation Honor Frost, Alison Cathie, ont signé, au siège de la Bibliothèque nationale-Sanayeh, un accord de coopération pour la numérisation du Bulletin d’archéologie et d’architecture libanaises (BAAL) (français, anglais, arabe) revue annuelle ou semestrielle publiée par la Direction générale des antiquités (DGA) dont la publication interrompue depuis six ans n’était plus possible, faute de ressources financières. Six ans durant, les rapports de fouilles n'ont pas été communiqués au public. Désormais, plus de frein à leur diffusion. Cette démarche vise à la fois à préserver le patrimoine écrit, à le diffuser et à permettre un accès plus large et plus rapide à l'information.

Publier ou périr 

Lors de la cérémonie de la signature à laquelle étaient présents le directeur général des Antiquités, Sarkis Khoury, l’archéologue Claude Doumit Serhal (fiduciaire de la fondation Frost), et David Sassine, chargé des projets d’ALIPH au Liban et en Syrie, Ghassan Salamé a lancé la célèbre devise « Publier ou périr ». Une formule qui « s’applique également à l’archéologie, peut-être même plus qu’à d’autres sciences », a souligné le ministre. « Pourquoi ? Parce que l’archéologie est un travail de longue haleine, on passe des années à chercher de petites découvertes, avant de devoir en tirer des conclusions pour aider les historiens à réécrire ou revisiter l’histoire du lieu concerné (…) Vous êtes à la source de l’écriture précise de l’histoire. C’est pourquoi j’ai un immense respect pour l’archéologie, et peut-être deviendrai-je archéologue dans une autre vie (…) ». Le ministre a tenu à remercier la collaboration d’ALIPH (L'Alliance internationale pour la protection du patrimoine) à ce projet initié par la fondation Honor Frost, qui favorisera « une meilleure collaboration scientifique entre les archéologues du monde entier autour de la richesse historique de notre pays ». Et de souligner : « Je suis convaincu que le site internet sera bientôt visité par des centaines, voire des milliers d’experts dans ce domaine. »

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Des prospections du Sud au Nord

De son côté, Alison Cathie a exprimé sa joie de signer cet accord qui permettra de republier le bulletin BAAL, jadis une référence pour de nombreux passionnés d’archéologie. Elle rappelle que la fondation, qui a installé, en 2022, ses bureaux à Beyrouth, dans la maison bleue dite Medawar 479, a déjà investi au Liban environ cinq millions de dollars pour des activités éducatives et des projets le long de la côte libanaise. À titre d’exemple, à Anfeh, des relevés visuels, et un inventaire du patrimoine matériel et immatériel de la communauté maritime. Des prospections géoarchéologiques à Batroun. Des études côtières, sous-marines et géomorphologiques à Kharayeb et Adloun. La recherche approfondie d’un site néolithique majeur portant sur l’exploitation maritime et la navigation à Tabarja (Wata Slam 100). Le projet « Paysage culturel maritime de Tyr », ainsi que les fouilles et prospections du port phénicien et la reconstitution des anciens niveaux marins de son littoral. Les excavations dirigées par Claude Doumit Serhal et les études autour de l’île de Ziré à Saïda. Sans oublier le projet Byblos et la mer, dont les opérations géoarchéologiques et archéologiques ont été menées sous l'égide du Collège de France par Nicolas Grimal et Martine Francis-Allouche. La fondation a également commandité la documentation complète des découvertes archéologiques dans les ports de Beyrouth et de Saïda ainsi que les relevés d’épaves modernes au large des côtes libanaises.

Et ce n’est pas tout. « La fondation a créé en 2019 un cours consacré à l’archéologie maritime et à la géophysique (Minor en sciences et cultures maritimes) à l’Université américaine de Beyrouth (AUB). Dirigé par le Pr Nassim Raad, ce programme, qui en est aujourd’hui à sa septième année, accueille gratuitement des étudiants de l’Université libanaise », précise Alison Cathie, soulignant que ces universitaires seront à l'avenir en mesure d'identifier, d'anticiper et de réduire les conséquences négatives des projets d'exploitation du littoral et de ressources naturelles grâce à l'utilisation d'études d'impact environnemental. En un mot, l’archéologie subaquatique s’attache ainsi à la détection et à l’étude des vestiges dormant sous les eaux et gardant les traces de l’histoire du pays.

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Qui finance la fondation Honor Frost ?

Une fondation est principalement financée par la générosité privée, sous forme de dons, de legs (héritages) et de mécénat d'entreprises, ou encore de subventions publiques. Le capital initial de la fondation Honor Frost est issu d’une collection d’œuvres d’art héritée par Honor Frost de son tuteur, l’avocat Wilfred Evill : des céramiques, des meubles et une collection d’art moderne britannique de grande valeur. Notamment des peintures signées Sir Stanley Spencer, dont les œuvres sont accrochées sur les cimaises du musée de Birmingham, du Fitzwilliam Museum de Cambridge, à la Tate Gallery à Londres, au Santa Barbara Museum sur la côte californienne, au musée national d’Australie méridionale ainsi qu’au musée des beaux-arts d’Ontario, au Canada. Également des œuvres de Graham Sutherland, considéré comme l’un des principaux maîtres de la peinture anglaise moderne, et de Dame Barbara Hepworth, représentante majeure de la sculpture abstraite de la première partie du XXe siècle, à laquelle le musée Rodin à Paris avait consacré une exposition, intitulée « Révolution dans la sculpture », en 2020. Sans compter d’autres peintres renommés, comme Kenneth Vaughan, Ceri Richards et Edward Burra. En 2011, opérée par Sotheby’s et brillamment menée par le commissaire-priseur Henry Wyndham, la vente aux enchères de la collection avait battu des records. Et depuis les fiduciaires gèrent avec brio les investissements, dédiés au soutien de l’archéologie maritime en Méditerranée orientale, avec un intérêt particulier pour le Liban, Chypre et la Syrie, selon le testament de celle qui fut la pionnière de l'archéologie sous-marine. « Une femme remarquable connue pour sa détermination et son énergie débordante face à chaque projet », raconte Alison Cathie. « L’archéologie maritime était sa troisième profession. Jeune, elle avait débuté une carrière de scénariste de ballets. Plus tard, elle entreprendra un travail d’éditrice à la Tate Gallery et deviendra directrice de publications. Sa dernière et plus longue carrière couvre toutefois plus de cinquante ans d’activités dans le monde de l’archéologie sous-marine. C’est au Liban, notamment à Byblos, Sidon, Tyr et Tabarja, qu’elle effectue dès les années cinquante ses premières plongées archéologiques en scaphandre autonome.

Le ministre de la Culture, Ghassan Salamé, et la présidente du conseil d’administration de la fondation Honor Frost, Alison Cathie, ont signé, au siège de la Bibliothèque nationale-Sanayeh, un accord de coopération pour la numérisation du Bulletin d’archéologie et d’architecture libanaises (BAAL) (français, anglais, arabe) revue annuelle ou semestrielle publiée par la Direction générale des antiquités (DGA) dont la publication interrompue depuis six ans n’était plus possible, faute de ressources financières. Six ans durant, les rapports de fouilles n'ont pas été communiqués au public. Désormais, plus de frein à leur diffusion. Cette démarche vise à la fois à préserver le patrimoine écrit, à le diffuser et à permettre un accès plus large et plus rapide à l'information.Publier ou périr Lors...
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