Une vingtaine de proches de détenus islamistes au Liban, brandissent des pancartes avec notamment des images du cheikh salafiste libanais Ahmad el-Assir, près du poste-frontière de Masnaa, dans la Békaa, le mercredi 1 er octobre 2025. Photo transmise par notre correspondante Sarah Abdallah.
Une délégation diplomatique syrienne est arrivée au Liban mercredi par le poste-frontière de Masnaa, dans la Békaa, pour discuter de dossiers sensibles, au premier rang desquels celui des détenus islamistes syriens dans les prisons libanaises, rapporte notre correspondante dans la région Sarah Abdallah.
Une vingtaine de proches de détenus, brandissant des pancartes avec notamment des images du cheikh salafiste libanais Ahmad el-Assir, avec en fond le drapeau de la révolution syrienne, attendaient près du poste-frontière le cortège qui a toutefois poursuivi sa route vers Beyrouth sans s’arrêter, selon notre correspondante.
Arrêté en 2015 pour avoir mené des combats meurtriers en 2013 contre l’armée libanaise à Abra, dans la banlieue de Saïda au Liban-Sud, le cheikh Assir a été condamné à mort pour ces faits, et condamné à 20 ans de travaux forcés par le tribunal militaire pour d’autres combats au Liban-Nord.
La question des détenus syriens au Liban est revenue en force sur le devant de la scène depuis l'arrivée au pouvoir à Damas en décembre 2024 d’une coalition rebelle menée par Ahmad el-Chareh.
Mi-septembre, deux délégations libanaises s'étaient rendues à Damas pour en discuter, faisant suite à un déplacement à Beyrouth, le 1er septembre, d’une délégation syrienne qui avait rencontré le vice-président du Conseil des ministres libanais, Tarek Mitri, dans la première rencontre de ce type depuis la chute du gouvernement de Bachar el-Assad.
Selon des chiffres obtenus par L'Orient-Le Jour en février auprès du ministère de l’Intérieur, 50 % des détenus au Liban n’ont toujours pas été jugés. Concernant les islamistes, 55 % d’entre eux sont maintenus en prison sans verdict. Mohammad Sablouh, avocat chargé de la défense de plusieurs d’entre eux, indiquait, également en février, qu'il y aurait 350 détenus islamistes en tout, 180 libanais et 170 syriens.
Des appels à une amnistie générale pour ces prisonniers ont été lancés à plusieurs reprises. Cependant, une telle décision comporte le risque d'intégrer la répartition confessionnelle dans le processus et de permettre la libération simultanée de dizaines de milliers de personnes incarcérées pour des affaires de drogue ou d'autres délits et crimes.




Nos ressortissants libanais sont en prison à cause des pressions du Hezbollah. La plupart sans jugement. Il est grand temps que justice soit faite.
16 h 09, le 01 octobre 2025