La prison de Roumieh, la plus grande du Liban. Photo d’archives Marwan Assaf
Des proches des prisonniers islamistes détenus à la prison de Roumieh ont organisé vendredi un sit-in devant la prison, demandant la libération de prisonniers libanais et syriens, dont le cheikh Ahmad el-Assir, rapporte l'Agence nationale d'information (ANI, officielle).
Ahmad el-Assir avait été condamné à la peine de mort par le tribunal militaire en septembre 2017, après les affrontements qui avaient eu lieu en juin 2013 à Abra entre des miliciens islamistes qu’il conduisait et l’armée libanaise.
Les manifestants ont souligné que « ces prisonniers ont été arrêtés en raison de leurs opinions politiques et de leur soutien à la révolution syrienne », et ont exigé « l'adoption d'une loi d'amnistie générale pendant le mois sacré de ramadan ». « Les peines prononcées contre nos cheikhs et nos jeunes étaient injustes, allant de la peine de mort à la réclusion à perpétuité », ont-ils ajouté, demandant l'annulation de ces peines et leur libération sans condition.
Depuis l’arrivée au pouvoir en Syrie d’une coalition rebelle menée par des islamistes, le dossier des prisonniers et détenus islamistes – qui croupissent dans les prisons depuis des années de manière « injuste » selon leurs proches – est revenu en force sur le devant de la scène. Selon des chiffres obtenus par L'Orient-Le Jour auprès du ministère de l’Intérieur, 50 % des détenus au Liban n’ont toujours pas été jugés. Concernant les islamistes, 55 % d’entre eux sont maintenus en prison sans verdict. Selon Mohammad Sablouh, avocat chargé de la défense de plusieurs d’entre eux, il y aurait actuellement 350 détenus islamistes en tout, dont 180 libanais et 170 syriens.
Des appels à une amnistie générale pour ces prisonniers ont été formulés à plusieurs reprises. Cependant, une telle loi comporte le risque d'intégrer la répartition confessionnelle dans le processus et de permettre la libération simultanée de dizaines de milliers de personnes incarcérées pour des affaires de drogue ou d'autres crimes.


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