Des drapeaux du Hezbollah, du Liban et de l'Iran brandis lors d'une commémoration pour l'assassinat de Hassan Nasrallah sur la corniche de Beyrouth, le 25 septembre 2025. Photo Mohammad Yassine / L'Orient-Le Jour
De retour de New York, le président de la République libanaise, Joseph Aoun, a pris lundi la défense de l'armée et des forces de l'ordre, accusées de ne pas avoir suffisamment agi pour empêcher le Hezbollah d'organiser l'illumination de la grotte aux pigeons de Raouché à l'image de ses anciens dirigeants, en violation d'une décision prise par le mohafez de Beyrouth, Marwan Abboud.
M. Aoun, qui ne s'était pas exprimé jusqu'à présent sur la polémique autour de la commémoration de l'assassinat de Hassan Nasrallah organisée jeudi dernier, a déclaré que l'armée et les forces de sécurité sont une « ligne rouge », et qu'il est « inacceptable de les critiquer ».
« La paix civile passe au-dessus de toute autre considération et il est du devoir de l’armée et des forces de sécurité de la préserver », a souligné M. Aoun devant une délégation de l'Université arabe ouverte, selon des propos rapportés par le compte X de la présidence. Selon lui, la troupe et les Forces de sécurité « accomplissent pleinement leur mission pour atteindre cet objectif. »
« Sans la vigilance de l’armée et des forces de sécurité pour assurer la sécurité des citoyens, leur protection et celle de la société libanaise dans toutes ses composantes, le Liban n’aurait pas retrouvé sa sûreté et sa stabilité, et nous ne serions pas réunis aujourd’hui », a ajouté celui qui était, avant son élection à la tête de l'Etat, commandant en chef de la troupe. « Il est inacceptable de critiquer ou cibler l'armée et les forces de sécurité et elles constituent une ligne rouge qu’il n’est pas permis de franchir », a-t-il lancé, avant de souligner qu'elles travaillent « en parfaite coordination pour lutter contre le terrorisme, le crime organisé et le trafic de drogue. »
الرئيس عون أمام وفد الجامعة العربية المفتوحة:
— Lebanese Presidency (@LBpresidency) September 29, 2025
- السلم الأهلي يبقى أسمى من أي اعتبارات، ومن واجب الجيش والقوى الأمنية المحافظة عليه. وهي تقوم بواجبها كاملاً لتحقيق هذا الهدف الذي يشكّل خطاً أحمر، إذ لولا سهر الجيش والقوى الأمنية على أمن المواطنين وسلامتهم وحماية المجتمع اللبناني… pic.twitter.com/yUi9O6JabR
Grand nombre de manifestants
Le Hezbollah avait illuminé jeudi dernier le célèbre rocher avec une projection des portraits de ses leaders disparus malgré une interdiction émanant du Premier ministre Nawaf Salam et en violation d’une circulaire du mohafez de Beyrouth, Marwan Abboud. Ce dernier avait seulement autorisé un rassemblement de quelque 500 personnes sans blocage de routes. Or le Hezbollah, qui commémorait l’assassinat de ses deux leaders par Israël en septembre et octobre 2024, a opté pour une action qui a défié les instructions officielles, rassemblant des milliers de partisans au lieu des 500 prévus, bloquant la corniche maritime et illuminant le rocher.
Pour sa part, le ministre de l'Intérieur, Ahmad Hajjar, dont le ministère supervise les Forces de sécurité intérieure, avait déjà répondu dans une interview au journal al-Joumhouria aux critiques contre les forces de l’ordre et l’armée après ce débordement de jeudi. « Le permis a été ignoré et outrepassé alors qu’il était très clair », a expliqué M. Hajjar. Et d’ajouter : « Les forces de sécurité se sont retrouvées face à un très grand nombre de manifestants, qui avaient placé au milieu du groupe les machines de laser ayant servi à illuminer le rocher, ce qui a empêché les forces de l’ordre de les saisir. » Le ministre a assuré qu’une enquête est menée sous la supervision du procureur général près la cour de cassation, afin de déterminer qui sont les responsables de ces entorses. « Le principal souci du ministère reste la préservation de la stabilité sécuritaire, l’application des décisions gouvernementales et la pénalisation des contrevenants sur ordre du Parquet », a-t-il poursuivi. Il avait affirmé que « des mesures légales et administratives en rapport avec la violation d’une interdiction et d’une circulaire seront prises, et seront suivies jusqu’à la fin ». Il a également répondu aux nombreuses critiques qui ont été jusqu’à soupçonner certains hauts responsables de complicité avec le Hezbollah, affirmant que « le directeur des Forces de sécurité intérieure et moi-même n’avons d’autre référence que l’État, et nous nous comportons en fonction de cela ».
La décision du Hezbollah d'aller à l'encontre du décret du mohafez a été interprétée par beaucoup comme un défi du Hezbollah au gouvernement de Nawaf Salam, qui a décrété le principe de désarmement de ce parti depuis août dernier, et à l’armée libanaise qui est supposée procéder à ce désarmement.
Alors que le Premier ministre Nawaf Salam avait déjà réclamé des mesures contre les personnes à l'origine de cette violation de la décision du mohafez, et selon des informations obtenues par L'Orient-Le Jour, le procureur général près la cour de cassation, Jamal Hajjar, a chargé les services sécuritaires d'enquêter sur l'identité des personnes ayant demandé l'autorisation pour l'événement, de celles représentant la société organisatrice et des personnes chargées d'apporter et installer les équipements nécessaires au spectacle ayant illuminé la Grotte aux pigeons.
Dans ce cadre, le président de la Chambre, Nabih Berry, a apporté lundi son soutien à M. Salam lors d'une séance parlementaire plénière. Il a affirmé au début de la réunion que « le Premier ministre est le chef du gouvernement de tout le Liban, en soulignant que le cabinet n’est pas celui d’une seule personne ou d’un seul camp, mais bien un gouvernement où tout le monde est impliqué ». M. Berry s'est, après la séance parlementaire, levée après un défaut de quorum et des débats agités sur la question de la loi électorale, rendu à Baabda pour y rencontrer le chef de l'Etat.
À l'issue de cette réunion, M. Berry a affirmé qu'elle avait été « comme d'habitude excellente » et qu'il avait discuté avec Joseph Aoun des « sujets du moment » ainsi que des réunions tenues à New York. « Nous l'avons tenu au courant de ce qu'il s'est passé à Beyrouth il y a quelques jours », a ajouté M. Berry selon le compte X de la présidence.
Dans un entretien au quotidien libanais al-Joumhouria, Nabih Berry avait également affiché son soutien à l'armée lundi, affirmant que la troupe « est une ligne rouge et qu'il est interdit de la prendre pour cible ». « L'armée ne relève pas d'une partie spécifique, elle n'est ni avec ni contre personne, elle est à tout le pays », avait-il indiqué.




Monsieur Aoun vous n’êtes pas là pour distribuer des points après chaque entorse aux lois de notre pays. Si vous ne voulez pas pu ne pouvez pas le sauver, déclarez ouvertement votre impuissance en laissant ceux qui ne en sont capables de le faire à votre place. L’ex polichinelles a procédé de la même manière et nous a fait perdre des années de notre vie. Suffit l’avoue d’impuissance en restant à son poste. Agissez, ou partez , pas d’âtres alternatives nous sommes à bout de force.
14 h 13, le 30 septembre 2025