Le cheikh Abbas Yazbeck. Photo tirée des réseaux sociaux
Le cheikh chiite Abbas Yazbeck, connu pour ses critiques contre le Hezbollah, a annoncé avoir été détenu pendant plusieurs heures vendredi à l’Aéroport international de Beyrouth par la Sûreté générale, sans qu’on ne lui communique la raison de sa détention qu'il attribue aux « pressions politiques systématiques » visant les opposants chiites.
Contactée par L’Orient-Le Jour, la Sûreté générale n’a pas confirmé cette détention.
Le cheikh Yazbeck a confié à notre publication samedi qu’une échauffourée avait failli éclater avec des agents de la Sûreté générale, qui auraient employé à son adresse un « langage inapproprié ». Il a expliqué avoir été retenu plusieurs heures sans être interrogé, dans l'attente qu'un juge « qui était en train de dormir » se prononce sur cette détention. Lorsque le juge est finalement intervenu, Abbas Yazbeck a été relâché, mais ses papiers d’identité et son téléphone lui ont été confisqués, a-t-il expliqué, affirmant avoir reçu l’ordre de se présenter à la Sûreté générale dans un délai de quatre jours.
Voyage en France
L'homme, qui s'était notamment fait connaitre pour son implication dans plusieurs groupes liés à la révolte populaire du 17 octobre 2019 contre le pouvoir en place, se rendait en France avec son épouse lorsqu'il a été interpellé.
Ce n’est pas la première fois que Abbas Yazbeck est la cible de menaces. Il y a environ trois ans, il avait raconté à L'Orient-Le Jour avoir été menacé et agressé dans l'établissement scolaire où il enseigne dans la Békaa par un responsable sécuritaire du Hezbollah. Il attribuait à l'époque cette « attaque » à ses prises de positions en faveur du mouvement de contestation « Femme, vie, liberté » en Iran, après la mort en détention de Mahsa Amini.
Samedi, le Rassemblement chiite libanais et la Coalition des démocrates libanais ont condamné l’incident dans un communiqué. Ils y voient « un nouvel épisode dans l’intimidation systématique dont sont victimes les opposants chiites au Hezbollah », appelant le Premier ministre Nawaf Salam à « intervenir immédiatement pour mettre un terme à cette violation flagrante » et invitant le président de la République à « assumer ses responsabilités constitutionnelles et veiller à la protection des citoyens contre l’arbitraire ».
Rupture avec le Hezbollah en 2000
Si l'AIB a été longtemps considéré comme un lieu où Hezbollah exerçait une influence importante, celle-ci s'est dissipée ces derniers mois avec l'affaiblissement du parti chiite suite à la guerre de l'automne dernier et des nominations politiques et judiciaires qui ont suivi le début du nouveau mandat présidentiel de Joseph Aoun.
Abbas Yazbeck était initialement actif dans les milieux du Hezbollah. Dans les années 90, il travaillait en tant que directeur de l’information et des programmes pour une des chaînes qui allaient se regrouper dans al-Manar, organe de propagande du parti. En 2000, dans la foulée du retrait israélien de la bande frontalière occupée, il a acté sa rupture totale avec le parti, regrettant que ce soit le Hezbollah qui s'arroge la responsabilité de la protection de la frontière. La même année, il se présentait aux législatives sur une liste rivale du Hezbollah. « Pour moi, c’était à l’État de se charger des frontières, pas au Hezbollah, je voulais que la résistance reste libanaise », avait-il souligné à notre journal en 2022.




Les voyous mafieux sont toujours en action et ne veulent pas voir des personnes de leur communauté échapper à leur contrôle…
13 h 48, le 28 septembre 2025