Des partisans brandissant le portrait de Hassan Nasrallah et des drapeaux du Hezbollah, samedi 27 septembre 2025 dans la banlieue sud de Beyrouth, lors du premier anniversaire de l'assassinat de l'ex chef de la formation. Photo Mohammad Yassine/L'Orient-Le Jour
Clôturant samedi la cérémonie qui a marqué le premier anniversaire de l'assassinat de l'ancien secrétaire général du Hezbollah Hassan Nasrallah, son successeur Naïm Kassem a prononcé un discours musclé dans lequel il a notamment réaffirmé que sa formation « ne renoncera pas aux armes » et qu'elle se tenait « prête à tout affrontement avec l’ennemi israélien ».
Cette allocution, projetée sur un écran géant placé de part et d'autre du mausolée érigé en mémoire de Hassan Nasrallah, est venue mettre un terme à une longue cérémonie à laquelle ont assisté plusieurs milliers de personnes à Bourj el-Brajné, dans la banlieue sud de Beyrouth. Parmi les personnalités invitées à l'événement et qui ont fait acte de présence figuraient notamment Sleiman Frangié, le chef de file du parti chrétien des Marada, ou encore Hagop Pakradounian du parti arménien Tachnag. Les deux représentants du Hezbollah au sein du gouvernement, Rakan Nassereddine et Mohammad Haïdar (représentant le Premier ministre Nawaf Salam), respectivement ministres de la Santé et du Travail, étaient également présents, tout comme Ali Larijani, secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale de la République islamique d'Iran, ainsi que l'un des fils de Hassan Nasrallah, Mohammad Mahdi.
« Tu as changé le visage et l’orientation de la région »
Dans la continuité des chants aux accents religieux composés en hommage au « sayyed » et entonnés par une chorale, l'actuel chef du parti chiite a d'abord rendu un hommage aussi vibrant qu'imagé à son prédécesseur. « Ton départ a été bouleversant, mais ta lumière demeure éclatante. Tu as quitté ce monde pour l’illuminer depuis les hauteurs, et ta présence est devenue plus forte encore. Tu étais le chef, tu es devenu l’inspirateur des chefs », a-t-il lancé.
Et Naïm Kassem d'ajouter : « Tu es l’auteur de la célèbre phrase +L’ère des défaites est révolue et l’ère des victoires est arrivée+. En effet nous vivons aujourd’hui le temps des grandes victoires, en nous-mêmes, dans nos vies et face à nos ennemis », avant d'énumérer « la libération du Sud en 2000 », lors du retrait de l'armée israélienne du Liban-Sud, la guerre de juillet 2006 et « la libération des jurds », en 2017, lorsque le parti chiite avait combattu des groupes jihadistes syriens installés dans les territoires arrières de la région de Ras Baalbeck et Ersal, près de la frontière syrienne. « Tu as changé le visage et l’orientation de la région, et cette résistance s’est étendue à toutes les consciences du monde », a-t-il poursuivi.
Après un hommage à la mémoire du successeur éphémère de Nasrallah, Hachem Safieddine, tué le 4 octobre 2024 dans un autre raid israélien massif sur la banlieue sud, et celle d'autres hauts gradés du parti ayant péri pendant la dernière guerre contre Israël, les propos de Naïm Kassem ont pris une teneur plus politique.
Une « annexe du régime israélien »
« Les Israéliens ont tué des cadres, frappé nos capacités et mené de grandes opérations ; si de tels événements s’étaient produits en quelques jours contre n’importe quelle armée ou même un groupe d’États, ces armées et ces pays se seraient effondrés », a-t-il ajouté, soulignant que l'objectif d'Israël était de « mettre fin à la résistance au Liban, en Palestine et dans toute la région » pour parvenir à la vision du « Grand Israël ». Mais le Hezbollah a, selon lui, pu « reprendre l'initiative, élire un nouveau secrétaire général, se réorganiser et remplacer ses martyrs par de nouveaux dirigeants », ce qui a poussé l’État hébreu à accepter l'accord de cessez-le-feu du 27 novembre 2024, ayant mis un terme aux deux mois de guerre totale entre le Hezbollah et Israël.
Naïm Kassem a ainsi réaffirmé que la « résistance a pu déjouer l'objectif israélien », tout en critiquant le fait que, malgré la trêve, Israël a « poursuivi ses attaques, soutenu par l'Amérique qui a exercé toutes les pressions possibles pour réaliser par la politique ce qu’elle avait échoué à atteindre militairement ». Et d'insister : « Nous avançons, nous nous remettons en ordre de marche et nous sommes prêts à tout affrontement avec l’ennemi israélien. (...) Parmi les preuves de la force de la résistance : la reconstruction de 400 000 maisons, notre succès aux élections municipales et notre présence politique ».
Le secrétaire général du Hezbollah n'a pas épargné l'émissaire américain Tom Barrack, qui a conditionné le rétablissement de la stabilité au Liban par le désarmement du parti chiite et l'arrêt de son financement. « En affirmant que les États-Unis n'interviendront pas pour affronter le Hezbollah et qu'Israël poursuivra cette tâche, il a donné une légitimité » aux attaques israéliennes, a-t-il poursuivi. « Les Américains disent vouloir ôter la force du parti — c’est-à-dire la force du Liban —, ils veulent armer l’armée uniquement pour combattre le Hezbollah », a-t-il estimé, soulignant que Washington veut faire du Liban « une annexe de l’État israélien ».
« Que le gouvernement fasse son devoir »
Le secrétaire général de la formation pro-iranienne a par ailleurs interpellé l'actuel gouvernement et implicitement le Premier ministre Nawaf Salam, d'autant plus ciblé par de virulentes critiques des partisans du tandem chiite après sa décision d'engager des poursuites contre les responsables du Hezbollah qui ont organisé l'illumination illégale de la grotte aux pigeons jeudi à Raouché.
« Le gouvernement a commis une faute en prenant ses décisions concernant les armes de la résistance », et le démantèlement de l'arsenal du Hezbollah. « Il doit placer la souveraineté nationale en tête de son ordre du jour ; celle‑ci se concrétisera en empêchant à Israël de rester au Liban. Que le gouvernement fasse son devoir en matière de reconstruction et qu’il alloue un budget à cet effet, même modeste », a-t-il encore réclamé.
Il a enfin évoqué l’application de la disposition de l’accord de Taëf relative à l’organisation d’élections fondées sur la suppression du confessionnalisme politique et l’élection d’un Sénat, des articles qui sont restés lettre morte depuis la conclusion de cet accord en 1989.





Ne serait-ce les victimes civiles qui pourraient décéder… qui couvre ce titre de tristesse mais franchement ce KASSEM m’épate … je ne savais pas qu’ils ( le Hezbollah). ont autant d’humour… noir certes…mais ca reste de l’humour… HAHA
18 h 58, le 28 septembre 2025