Le chef d'Amal et président du Parlement libanais, Nabih Berry (à gauche), et le secrétaire général du Hezbollah assassiné, Hassan Nasrallah. Illustration ANI
Un an pile après l'assassinat par Israël de l'ex-chef du Hezbollah Hassan Nasrallah, le président libanais Joseph Aoun, qui a fait du monopole des armes un de ses chevaux de bataille, a appelé le parti chiite à se « rallier » à l'État, tandis que les alliés du parti pro-iranien ont salué le « sacrifice » de l'ex-secrétaire général.
« Ce douloureux anniversaire doit être une étape de rencontre et de consolidation de la foi selon laquelle le salut du Liban ne réside que dans un seul État, une seule armée et des institutions constitutionnelles garantes de la souveraineté et préservant la dignité », a écrit Joseph Aoun dans un message publié sur le compte X de la présidence. Le chef de l'État a ajouté que « la protection et la fidélité aux sacrifices consentis par les fils de cette nation, quelles que soient leurs appartenances » ne peuvent selon lui se réaliser que par « l’unité de position et le ralliement de tous autour du projet d’un État unique, fort et juste ».
« Les dangers qui menacent aujourd’hui le Liban, qu’ils soient sécuritaires, politiques ou économiques, ne peuvent être affrontés qu’à travers la solidarité nationale, l’éloignement des divisions, et la conviction qu’il n’existe de véritable protection que sous l’autorité de l’État libanais, seul détenteur de la légitimité et seul garant de la sécurité de tous les Libanais, sans distinction ni discrimination », a-t-il déclaré. Le président et le Premier ministre, Nawaf Salam, se sont engagés à désarmer toutes les milices, dont le Hezbollah, ce que le principal concerné refuse catégoriquement.
Hassan Nasrallah a été tué par l’armée israélienne par des frappes massives sur la banlieue-sud de Beyrouth, le 27 septembre 2024, en pleine guerre entre la milice pro-iranien et Israël. Plusieurs hauts cadres sont morts avec lui. Son successeur potentiel Hachem Safieddine a subi le même sort quelques jours plus tard.
« Compagnon de route » de Berry
Le chef du mouvement chiite Amal et président du Parlement, Nabih Berry, a de son côté salué la mémoire de son ancien «compagnon de route». « Tu disais toujours qu’il fallait faire face au mal même si cela devait nous mener vers le martyre, parce que c’est ce qui fait tomber tous les masques (...) Par ton ultime sacrifice, tu as remporté la victoire et le martyre », a-t-il écrit. À Nasrallah et à tous les 'martyrs', M. Berry a dit : « Vous resterez à nos côtés jusqu’à la fin, pour préserver le Liban et rejeter la discorde tout en protégeant la dignité humaine et la paix civile, nécessaires contre ce mal absolu qu’est Israël ».
Le mufti jaafarite, le cheikh Ahmad Kabalan, a de son côté tenu un discours grandiloquent dans lequel il a décrit l'ex-chef du Hezbollah comme « l’icône de la résistance et de la jeunesse libanaise », ou encore « la quintessence de l’âme » du Liban « loin des divisions confessionnelles ». « Il est de la figue et de l’olivier, de la terre et de la nostalgie, la substance du Sud, de la Békaa, de la banlieue, de l’épaule de la montagne et du Nord », a-t-il déclaré. Le dignitaire religieux a également développé la dimension quasi divine pour de nombreux chiites de celui qu'il a qualifié « plus grand sayyed de l'histoire. « Il est l’ami du Christ par ses enseignements et le cher de l’imam Ali par sa noblesse », a-t-il dit, tout en le plaçant dans la même lignée que l'imam Moussa Sadr, fondateur du mouvement Amal. Il a enfin salué son « martyre » comme élément central de la « résistance » et « dans la défense du Liban face aux pressions extérieures ».
Le député Tony Frangié, du courant Marada, proche du Hezbollah mais qui a récemment soutenu les appels de l'exécutif au monopole des armes, a pour sa part écrit sur X que Hassan Nasrallah « restera un symbole pour toutes les personnes libres de la terre. » « Il a défendu ses convictions de toutes ses forces, jusqu'au martyre. Il était et restera le héros des victoires, notamment celle de la libération en 2000 » après le retrait de l'armée israélienne du Liban-Sud. Appelant à la fin des « querelles stériles », il a plaidé pour une « nouvelle page fondée sur l'intérêt national, notre unité et la stabilité de notre patrie », réclamant « la fin aux violations israéliennes, l'application des résolutions internationales et l'extension de la souveraineté de l'État sur l'ensemble du territoire, en particulier nos terres occupées par l'ennemi ».


Mr le president cesser vos formules et agissez plutot
00 h 04, le 29 septembre 2025