Le président français, Emmanuel Macron, s’exprime lors de la 80e session de l’Assemblée générale des Nations unies (AGNU), au siège de l’ONU à New York, le 23 septembre 2025. Photo AFP/ Alexi J. Rosenfeld.
Le président français Emmanuel Macron a affirmé mercredi à la chaîne al-Hadath que « les forces israéliennes doivent se retirer du Liban-Sud », dans une déclaration faite quelques jours après que l'émissaire américain Tom Barrack a indiqué que l’armée israélienne « ne se retirera pas des cinq positions occupées en territoire libanais ».
« L'armée libanaise doit reprendre le contrôle de l’ensemble de cette région », a ajouté M. Macron, précisant : « nous continuerons à apporter un soutien accru à l’armée libanaise ». « Nous collaborons étroitement avec les États-Unis sur la situation au Liban (...) modèle de pluralisme dans la région, qui dépasse sa propre dimension », a-t-il dit.
Le président français a également affirmé que « le plan de l’armée libanaise pour le monopole des armes permettra de restaurer son autorité », et rappelé que « la France organisera une conférence pour la reconstruction du Liban ». Il y a deux semaines, le ministre libanais des Affaires étrangères, Joe Raggi, avait annoncé avoir été informé par son homologue français, Jean-Noël Barrot, de l’intention de M. Macron d’organiser deux conférences internationales pour le Liban, «l’une en soutien à l’armée libanaise, l’autre dédiée à la reconstruction et à la relance économique du pays, lorsque les conditions appropriées seront réunies».
La communauté internationale et les bailleurs de fonds conditionnent les aides financières au Liban et à son armée à la mise en œuvre de réformes économiques et institutionnelles, y compris des avancées concrètes sur le monopole des armes, et ainsi le démantèlement de l'arsenal du Hezbollah. Une conférence s'était tenue à Paris fin octobre 2024, en plein cœur de la guerre ouverte entre le parti chiite et Israël, lors de laquelle près d'un milliard de dollars avait été levé pour le Liban, dont environ un quart avait été alloué aux forces armées libanaises.
« Un État palestinien démilitarisé »
Evoquant par ailleurs la question palestinienne, deux jours après avoir reconnu à l'Assemblée générale des Nations unies l'État de Palestine, le président Macron a expliqué travailler au « lancement d'un plan « Sécurité et paix pour tous » concernant Gaza, expliquant qu'il inclut un cessez-le-feu, la libération des otages, la formation d’une administration transitoire et la remise en état de forces de police dans l'enclave palestinienne. Le plan prévoit également la création d’une mission internationale de maintien de la stabilité.
Le chef de l'État français a précisé que « la mission internationale à Gaza bénéficiera d’un mandat de l’ONU », ajoutant œuvrer à « l’édification d’un État palestinien démilitarisé qui reconnaisse Israël, et personne ne doit accepter l’annexion de la Cisjordanie par Israël ».
Sur le dossier du nucléaire iranien, M. Macron a déclaré : « Nous réimposerons des sanctions à l’Iran si ce pays n’autorise pas le retour des inspecteurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique », estimant que « l’Iran doit prouver qu’il ne projette pas d’acquérir des capacités nucléaires ». Il a ajouté avoir « l’espoir de voir les négociations reprendre si les Iraniens adoptent un esprit de sérieux ».
Le président iranien Massoud Pezeshkian a assuré mercredi à la tribune de l'ONU que son pays ne veut pas se doter de l'arme nucléaire, rejetant les accusations des Occidentaux.
Un vote vendredi à l'ONU, initié par la France, le Royaume-Uni et l'Allemagne, a entériné un feu vert au rétablissement effectif le 28 septembre de sanctions internationales, qui avaient été levées en 2015 lors de la conclusion d'un accord sur le nucléaire entre l'Iran et plusieurs puissances. Ces trois pays européens et l'Iran se renvoient la responsabilité de l'échec des négociations. Le feu vert du Conseil de sécurité de l'ONU au rétablissement des sanctions est une décision encore réversible d'ici à dimanche.
M. Macron a enfin déclaré espérer que « la Syrie et Israël parviendront à un accord sécuritaire », et a dit attendre « du président syrien Ahmad el-Chareh de sanctionner les auteurs des violations ».
« Nous ne sommes pas ceux qui créent des problèmes à Israël. Nous avons peur d'Israël, pas l'inverse », a pour sa part déclaré le président syrien mercredi lors d'un événement organisé à New York par un cercle de réflexion américain, le Middle East Institute. « Il existe de multiples risques liés au fait qu’Israël retarde les négociations et continue de violer notre espace aérien et pénètre sur notre territoire », a-t-il dit. Il a rejeté toute discussion concernant la partition de son pays, alors que l'État hébreu poursuit ses incursions et affirme défendre les intérêts de la minorité druze.




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