Une manifestante tient une pancarte en faveur de la liberté de la presse, le 28 mars 2026 lors d'un sit-in à Beyrouth après l'assassinat de trois journalistes libanais par l'armée israélienne au Liban-Sud. Photo d'archives Matthieu Karam/L'Orient-Le Jour
Le Liban a progressé dans le classement annuel de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières (RSF), se hissant à la 115e place sur 180 (contre la 132e en 2025), bien que « les restrictions imposées aux journalistes se sont renforcées depuis le 7 octobre 2023 ».
Dans le détail, le Liban affiche un score de 46,49 contre 42,62 en 2025, malgré « les répercussions de la guerre d’Israël à Gaza sur le territoire libanais, au cours de laquelle des journalistes ont été pris pour cibles et déplacés ». Le rapport souligne que « cela s’est poursuivi en 2026 lorsque l’offensive israélienne s’est intensifiée au Liban ». « Plusieurs journalistes ont été pris pour cible et tués par des bombardements israéliens à la frontière depuis 2023. Beaucoup d’autres ont été déplacés de force pendant la guerre, et certains ont reçu des menaces de mort directes de l’armée israélienne », ajoute le texte. Plus de 20 journalistes ont été tués dans des frappes israéliennes, parfois ciblées, depuis octobre 2023. Il y a deux semaines, la reporter du quotidien al-Akhbar Amal Khalil a été tuée par Israël dans le bombardement d'un bâtiment dans lequel elle s'était réfugiée avec une collègue, qui a survécu, après plusieurs raids sur le village où elles étaient en reportage.
Si le rapport reconnaît qu'une « véritable liberté d’expression existe dans les médias libanais », il pointe du doigt le fait que le secteur « reste contrôlé par une poignée d’individus affiliés à des partis politiques ou appartenant à des dynasties locales ».
Au niveau mondial, la liberté de la presse a atteint son plus bas niveau depuis un quart de siècle dans le monde, selon RSF. « En 25 ans, le score moyen de l'ensemble des pays étudiés n'a jamais été aussi bas », écrit l'organisation dans la note qui accompagne ce classement. RSF attribue en partie cette dégradation au « développement d'un arsenal législatif de plus en plus restrictif, notamment lié aux politiques de sécurité nationale » depuis 2001, l'année des attaques du 11-septembre aux États-Unis. Dans le même temps, le taux de population vivant dans un pays où la situation de la liberté de la presse est « bonne » a plongé, passant de 20% à « moins de 1% ». Seuls sept pays du nord de l'Europe, dont la Norvège en tête, font partie de cette catégorie. La France se classe 25e (« situation plutôt bonne »).
Les États-Unis, qui avaient déjà basculé d'une situation « plutôt bonne » à « problématique » en 2024, année de la réélection de Donald Trump, perdent sept places et sont 64e, « tandis que plusieurs pays d’Amérique latine plongent dans la spirale de la violence et de la répression ». Au-delà des attaques du président américain contre la presse — « une pratique systématique » —, la situation aux États-Unis a aussi été marquée par la détention puis l'expulsion du journaliste salvadorien Mario Guevara, qui dénonçait les arrestations de migrants, ou par la réduction drastique des financements de l'audiovisuel extérieur américain.
La plus forte baisse en 2026 est attribuée au Niger (120e, -37 places), symbole de « la dégradation de la liberté de la presse au Sahel depuis plusieurs années », entre « les attaques de groupes armés et (les) juntes au pouvoir », écrit RSF. « Certains pays étaient des fleurons de la liberté de la presse mais elle s'est profondément dégradée avec l'arrivée de régimes militaires comme au Mali (121e) ou au Burkina Faso (110e) », a souligné auprès de l'AFP la directrice éditoriale de RSF, Anne Bocandé. L'Arabie saoudite (176e, -14 places), où le chroniqueur Turki al-Jasser a été exécuté en juin par l'État, « fait unique dans le monde », côtoie la Russie, l'Iran et la Chine à la toute fin du classement, fermé par l'Érythrée (180e).


C'est clair. La liberté de la presse est historiquemengt entravée par l'ETAT PROFOND au liban. Or celui ci est occupé à protéger le hezballah en ce moment.
19 h 11, le 30 avril 2026