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Économie - Conjoncture

Le PMI d’août confirme que le Liban s’en est plutôt bien sorti cet été

L’indice, qui mesure le moral du secteur privé, est repassé au-dessus de la barre des 50 points, pour la sixième fois de son histoire et pour la troisième fois depuis l'arrivée de l'équipe Aoun-Salam.

Le PMI d’août confirme que le Liban s’en est plutôt bien sorti cet été

Les derniers vacanciers se prélassent sur l’une des plages de Batroun, le 20 septembre 2025. Photo Philippe HAGE BOUTROS/L'Orient-Le Jour

Malgré six ans de crise toujours non résolue et un territoire meurtri par deux ans de frappes israéliennes, par séquences plus ou moins intenses, le secteur privé libanais ne jette toujours pas l’éponge et continue même de croire, un peu, à une amélioration de la conjoncture.

Après des mois de jeûne et un mois de juillet marqué par un repli, certes malvenu mais logique de l’activité pendant la saison estivale, en raison de la guerre que se sont livrés, pendant près de deux semaines, Israël et l’Iran, le PMI – l’indice des directeurs d’achat ou Purchasing managers index en anglais, publié chaque mois par Blominvest – est, de façon assez inattendue, repassé au-dessus de la barre des 50 points, pour se hisser trois décimales au-dessus de ce point de bascule.

« L’indice PMI s’est hissé à 50,3 points en août, contre 48,9 points en juillet — atteignant ainsi un sommet de six mois et repassant en territoire d’expansion », a déclaré l’économiste principale du département de recherche de Blominvest, Mira Saïd. Elle a ajouté que la tendance avait été portée par une hausse de la production – le sous-indice concerné est passé de 48 à 50,7 points –, des nouvelles commandes – de 47,8 à 50,5 points –, et des achats de stocks – de 50,2 à 50,7 points. L’indice des nouvelles commandes à l’exportation, est en revanche resté en dessous de la barre des 50 points, malgré une hausse de plus de 3 points – de 45,6 à 48,7 points. Revenu du diable vauvert, le sous-indice mesurant les perspectives des entreprises sur les 12 mois à venir n’a pas non plus réussi à se hisser au-dessus des 50 points et est passé de 28,4 à 46,4 points en un mois.

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Mira Saïd attribue ces performances à la décision prise en deux temps par le Conseil des ministres début août de faire un pas de plus vers le rétablissement du monopole des armes dans le pays, ce qu’elle considère comme « une étape clé vers la stabilité, la fin de l’isolement régional du pays et l’attraction d’investissements étrangers ». La hausse des réserves de la Banque du Liban (BDL) (plus de 206 millions de dollars sur les 15 premiers jours d’août – à 11,69 milliards de dollars à ce moment, elles sont passées à 11,83 milliards à la mi-septembre), alimentée par les dépenses des expatriés venus au pays, a aussi pesé dans la balance, selon Mme Saïd.

Une impulsion donnée par le tandem Aoun/Salam

Bien que modeste, la hausse du PMI, obtenue à travers des sondages effectués auprès des directeurs d’achat de 400 entreprises locales selon une méthodologie éprouvée à l’international, constitue un petit événement en soi. Ce n’est en effet que la sixième fois depuis son lancement en mai 2013 que l’indice dépasse le cap des 50 points. Et c’est la troisième fois que cela se produit depuis l’arrivée du tandem formé par le chef de l’État Joseph Aoun et le Premier ministre Nawaf Salam.

Le PMI prend le pouls du secteur privé. Si la valeur de l’indice est inférieure à 50 points, cela signifie que les acteurs interrogés estiment que l’activité économique a ralenti et qu’ils anticipent des perspectives peu favorables. À l’inverse, un score supérieur à 50 traduit une perception d’amélioration. De plus, si la valeur du PMI augmente d’un mois sur l’autre, cela indique que la perception de la conjoncture s’est améliorée sur cette période, et inversement.

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Un PMI qui flotte à 50,3 points ne signifie donc en aucun cas que le Liban est reparti comme en 2008 – période durant laquelle son système financier avait bénéficié d’afflux de capitaux fuyant les marchés affectés par la crise des subprimes – mais il demeure un marqueur suffisamment crédible pour confirmer le ressenti des acteurs du secteur touristique, qui ont considéré que la saison avait été acceptable, avec plus ou moins d’enthousiasme selon les filières.

« Si ce rebond du PMI est encourageant, il pourrait toutefois n’être que temporaire. La poursuite de la croissance dépendra d’un ensemble de réformes plus profondes et, surtout, d’une stabilité politique accrue », conclut Mira Saïd dans son analyse.

La mise à jour attendue du PMI de septembre dans quelques semaines permettra de savoir si les récents développements relatifs au dossier du désarmement des milices armées sur le territoire libanais, ainsi que les négociations entre le Liban et le Fonds monétaire international (FMI) devant déboucher sur la souscription à un premier programme d’assistance financière conditionné à des réformes, auront affecté ou non le moral des entreprises.

Malgré six ans de crise toujours non résolue et un territoire meurtri par deux ans de frappes israéliennes, par séquences plus ou moins intenses, le secteur privé libanais ne jette toujours pas l’éponge et continue même de croire, un peu, à une amélioration de la conjoncture.Après des mois de jeûne et un mois de juillet marqué par un repli, certes malvenu mais logique de l’activité pendant la saison estivale, en raison de la guerre que se sont livrés, pendant près de deux semaines, Israël et l’Iran, le PMI – l’indice des directeurs d’achat ou Purchasing managers index en anglais, publié chaque mois par Blominvest – est, de façon assez inattendue, repassé au-dessus de la barre des 50 points, pour se hisser trois décimales au-dessus de ce point de bascule.« L’indice PMI s’est hissé à 50,3 points en...
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