Le président syrien par intérim Ahmad el-Chareh arrive pour une réunion avec le secrétaire d'État américain Marco Rubio à l'hôtel Lotte New York Palace en marge de la réunion de l'Assemblée générale des Nations Unies à New York, le 22 septembre 2025. Photo Bing GUAN / AFP
Le président syrien, Ahmad el-Chareh, a mis en garde mardi contre de nouvelles turbulences au Proche Orient si Israël et le gouvernement transitoire qu'il représente ne parviennent pas à trouver un accord de sécurité, alors que l'émissaire américain Tom Barrack a évoqué l'imminence de la conclusion d'un acord de « désescalade ».
L'ancien chef jihadiste, arrivé au pouvoir après la chute en décembre 2024 de l'ex-président Bachar el-Assad, sera mercredi le premier dirigeant syrien à s'exprimer devant l'Assemblée générale de l'ONU depuis 1967. Son pays est la cible d'attaques et incursions répétées d'Israël, qui profite d'un moment de faiblesse de cet adversaire historique.
« Nous avons peur d'Israël »
« Nous ne sommes pas ceux qui créent des problèmes à Israël. Nous avons peur d'Israël, pas l'inverse », a-t-il déclaré lors d'un événement organisé à New York par un cercle de réflexion américain, le Middle East Institute. « Il existe de multiples risques liés au fait qu’Israël retarde les négociations et continue de violer notre espace aérien et pénètre sur notre territoire », a-t-il dit. Il a rejeté toute discussion concernant la partition de son pays, alors qu'Israël poursuit ses incursions et affirme défendre les intérêts de la minorité druze. « La Jordanie est sous pression, toute discussion sur la partition de la Syrie nuira à l'Irak, nuira à la Turquie », a-t-il déclaré. « Cela nous ramènera tous à la case départ », a-t-il dit, notant que la Syrie venait tout juste de sortir d'une décennie et demie de guerre.
Mardi soir, l'émissaire américain pour la Syrie et le Liban, Tom Barrack, a indiqué que Damas et Tel-Aviv étaient proches de conclure un accord de « désescalade » dans lequel Israël devrait cesser ses attaques visant le pays tandis que la Syrie acceptera de ne pas déplacer de machines ni d’équipements lourds près de la frontière israélienne.
Progrès insuffisants
S’adressant aux journalistes en marge des réunions de l’Assemblée générale de l’ONU à New York, M. Barrack, a indiqué que cet accord constituerait « une première étape vers un arrangement sécuritaire que les deux pays négocient actuellement ». Le président américain Donald Trump a cherché à « obtenir un accord entre les deux parties qui aurait dû être annoncé cette semaine, mais les progrès réalisés sont jugés insuffisants jusqu’à présent et la fête de Rosh Hashana, le Nouvel An juif célébré cette semaine, a ralenti le processus », a précisé l'émissaire, selon les propos relayés par le Haaretz.
La Syrie et Israël restent techniquement en état de guerre mais ont ouvert des négociations directes pour parvenir à un accord que Damas espère voir aboutir à l’arrêt des frappes aériennes israéliennes et au retrait des troupes israéliennes ayant pénétré dans le sud de la Syrie. Depuis la chute du régime Assad en décembre dernier, des représentants des deux pays se sont rencontrés à plusieurs reprises. Lundi, Ahmad el-Chareh avait écarté toute reconnaissance d'Israël dans l'immédiat.



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10 h 43, le 24 septembre 2025