Le président, Joseph Aoun, et la Première dame, Neemat Aoun, saluant les expatriés, le 21 septembre 2025 a l'ambassade du Liban à New York. Photo Nour Braidy/L'Orient-Le Jour
Le président libanais, Joseph Aoun, tiendra lundi dès midi, heure de New York (19h, heure de Beyrouth), une série de rencontres avec des chefs d’État et des délégations de pays venus comme lui participer à la 80e Assemblée générale de l’ONU en son siège. Ces rencontres seront pour le président de la République une occasion d'échanger des idées autour des bouleversements au Moyen-Orient et au Liban, ainsi que sur les relations bilatérales. Le président s’était adressé à la diaspora dimanche en soirée, pour lui demander de « garder foi dans le Liban ».
Cette réunion revêt une importance toute particulière, du fait que plusieurs pays, notamment certains membres du G7, comme le Royaume-Uni ou la France, annonceront leur reconnaissance d’un État palestinien, alors que la guerre de Gaza s'intensifie et que les frappes israéliennes au Liban se poursuivent.
Dans la soirée de dimanche (heure de New York, à l’aube heure de Beyrouth), le président Aoun s’était entretenu avec nombre de femmes et d'hommes d’affaires d’origine libanaise résidant aux États-Unis. La réunion a eu lieu après la messe en l’église libanaise de Brooklyn, en présence du ministre libanais des Affaires étrangères Joe Raggi, de l’ambassadrice du Liban aux Etats-Unis, Nada Hamadé Moawad, de la conseillère du président Rawha Harati, et de la Première dame Neemat Aoun. Beaucoup de questions ont été posées au cours de cette discussion à bâtons rompus, notamment sur les négociations du Liban avec le Fonds monétaire international (en vue d’une aide pour régler la crise économique et financière qui sévit depuis 2019), la situation au Liban-Sud (en raison des attaques israéliennes qui se poursuivent malgré le cessez-le-feu avec le Hezbollah depuis novembre 2024), le renouvellement de l’infrastructure, ainsi que des questions en relation avec la numérisation, l’internet et le vote des expatriés aux prochaines législatives.
Ce dernier point fait actuellement l’objet d’un projet d’amendement de la loi électorale présenté par plusieurs groupes parlementaires. En effet, la loi actuelle prévoit que les expatriés votent pour six députés qui les représenteront et s’ajouteront aux 128 sièges existants, alors que l’amendement, largement plébiscité par la diaspora, leur donnera le droit de voter pour le siège de leur circonscription d’origine au Liban, comme les résidents. Cet amendement est notamment rejeté par le tandem chiite Amal-Hezbollah qui, comme l’accusent ses détracteurs, craindrait de voir sa mainmise sur la communauté chiite remise en compte par des émigrés qui ne lui seraient pas acquis.
« Le Liban ne plie pas »
Selon les informations rapportées par l’Agence nationale d'information (ANI, officielle), les personnes présentes à cette rencontre avec Joseph Aoun ont exprimé des idées et des suggestions pour améliorer la situation au Liban, et se sont dit prêtes à contribuer par leurs relations à soutenir le Liban et défendre ses intérêts à tous les niveaux. Les questions des investissements étrangers, des réformes économiques et de la restitution de la confiance internationale ont été largement abordées.
M. Aoun a assuré pour sa part que le Liban est en passe de retrouver son rôle dans la région, ce qui rend encore plus urgent un retour des investissements et de la stabilité politique et sécuritaire. Face aux émigrés libanais aux États-Unis, il a par ailleurs prononcé un mot empreint d’émotion. « Le Liban ne plie pas et reste debout malgré tous les défis, et même après la dernière guerre » entre le Hezbollah et Israël, qui a laissé des régions entières en ruines, a-t-il dit. « Le Liban est l’un des seuls pays au monde, sinon le seul, dont la diaspora compte trois fois plus de membres que les résidents. Je sais que vous êtes nombreux à envisager de prendre votre retraite au Liban et continuez à porter ce pays dans votre cœur. N’oubliez pas le Liban et gardez foi en lui, il mérite votre apport même si je sais que vous lui donnez déjà beaucoup », a ajouté le président.
A ces expatriés, Joseph Aoun a ensuite lancé : « Vous êtes la fierté du Liban et la raison pour laquelle il reste debout, vous êtes sa valeur ajoutée. De l’Australie au Brésil, il n’y a aucune invention ou innovation qui ne porte l’empreinte d’un Libanais. »
« Mettre fin aux agressions israéliennes »
Le président Aoun n’a pas omis par ailleurs de suivre l’actualité sanglante dimanche au Liban-Sud, condamnant la frappe israélienne meurtrière qui a fait au moins cinq morts à Bint Jbeil, dont un homme à mobylette et un père ainsi que trois enfants d'une même famille dans une voiture.
« Alors que nous sommes à New York pour discuter de paix et de droits humains, voici qu’Israël poursuit ses violations continues des résolutions internationales, et en particulier de l’accord de cessez-le-feu, en commettant un nouveau massacre à Bint Jbeil, qui a coûté la vie à cinq personnes, dont trois enfants », avait déclaré le chef de l’État dans un communiqué publié par Baabda. « Depuis New York, nous appelons la communauté internationale, dont les dirigeants se trouvent dans les couloirs des Nations unies, à déployer tous les efforts pour mettre fin aux violations des résolutions internationales, en particulier les pays garants de la Déclaration (accord du cessez-le-feu) du 27 novembre 2024, et à faire pression sur Israël pour qu’il se retire des territoires libanais et respecte ladite déclaration. Il ne peut pas y avoir de paix bâtie sur le sang de nos enfants », a-t-il conclu.



Bravo Monsieur Le Président !
09 h 44, le 23 septembre 2025