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Reconnaître la Palestine : au-delà du symbole


Il y a ceux qui disent que cette reconnaissance ne sert à rien ; qu’elle n’empêchera pas Benjamin Netanyahu de continuer d’annihiler Gaza et de grignoter, avant d’annexer, la Cisjordanie ; que la solution à deux États est morte et enterrée depuis bien longtemps ; que le territoire sur lequel l’un d’eux devait naître est occupé par des colons armés jusqu’aux dents et persuadés d’avoir sur cette terre un droit divin ; qu’aucun Premier ministre israélien n’osera les en déloger ; que la Palestine sera, au mieux, un bantoustan, ou ne sera pas ; qu’en l’absence de sanctions contre Israël, tout cela ne relève que de la symbolique ; et que la France, le Canada, la Grande-Bretagne, l’Australie, le Portugal et quelques autres ne font cela que pour se donner bonne conscience à un moment où le peuple palestinien est littéralement en train d’être effacé sous nos yeux. Et ils ont raison de le dire.

Et il y a ceux qui pensent que cette reconnaissance est un moment historique ; qu’il vaut mieux tard que jamais ; que c’est la seule initiative sérieuse à laquelle l’on peut s’accrocher depuis le 7-Octobre ; que la solution à deux États demeure, malgré tout, la moins irréaliste de toutes ; que la très grande majorité des pays dans le monde reconnaissent l’État palestinien et que cette réalité finira par isoler Israël et ses derniers alliés ; que la solution ne peut passer que par la voie diplomatique et politique ; que la lutte armée renforce Israël plus qu’il ne l’affaiblit ; et que le principal ennemi de Benjamin Netanyahu aujourd’hui, ce n’est ni le Hamas, ni le Hezbollah, ni l’Iran, ni les houthis, mais bien la paix ; et que cette menace de faire la paix est la principale arme à utiliser contre lui et contre tous ceux qui le soutiennent, en témoignent leurs réactions. Et ils n’ont pas tort de le penser.

Il y a enfin ceux qui estiment que cette reconnaissance est un cadeau offert au Hamas ; qui font semblant d’être en faveur de la solution à deux États mais qui trouvent toujours une excuse pour ne pas reconnaître le droit de l’un de ces deux États à exister ; qui ferment les yeux sur la colonisation ; et qui ont des mots plus durs à l’égard d’Emmanuel Macron qu’à l’égard de Benjamin Netanyahu. Et ceux-là ne méritent pas qu’on leur réponde.

La dynamique initiée par le président français – qui va aboutir aujourd’hui à la reconnaissance par une dizaine de pays de l’État de Palestine – est à la fois essentielle et insuffisante, salutaire et tardive, porteuse d’espoir et sujette à critiques.

Elle ne doit pas être un sparadrap que l’on pose sur la plaie palestinienne. Ni un objet que l’on instrumentalise pour des questions de politique intérieure. Mais plutôt le début d’un processus qui doit aller crescendo. Les sanctions doivent suivre. Puis la pression internationale doit redoubler. Tant qu’Israël ne payera pas le prix politique et financier de sa politique d’effacement du peuple palestinien, il n’a aucune raison d’arrêter.

Les pays arabes ont d’ailleurs un rôle à jouer dans cette équation : ils ont des leviers qui peuvent peser dans la décision américaine de mettre un stop à la fuite en avant israélienne.

Tout cela n’arrivera pas. En tout cas pas demain.

Le scénario le plus probable est qu’Israël insulte une nouvelle fois la paix. Qu’il décide d’annexer en réaction, sous le regard approbateur des États-Unis, tout ou une partie de la Cisjordanie. Et que ceux qui reconnaissent aujourd’hui l’État palestinien ne soient pas à la hauteur de ce que cela implique.

L’histoire retiendra peut-être qu’une première pierre a été posée en ce 22 septembre 2025. Ou qu’au contraire, l’espoir palestinien a été une nouvelle fois déçu, sinon trahi.

Il y a ceux qui disent que cette reconnaissance ne sert à rien ; qu’elle n’empêchera pas Benjamin Netanyahu de continuer d’annihiler Gaza et de grignoter, avant d’annexer, la Cisjordanie ; que la solution à deux États est morte et enterrée depuis bien longtemps ; que le territoire sur lequel l’un d’eux devait naître est occupé par des colons armés jusqu’aux dents et persuadés d’avoir sur cette terre un droit divin ; qu’aucun Premier ministre israélien n’osera les en déloger ; que la Palestine sera, au mieux, un bantoustan, ou ne sera pas ; qu’en l’absence de sanctions contre Israël, tout cela ne relève que de la symbolique ; et que la France, le Canada, la Grande-Bretagne, l’Australie, le Portugal et quelques autres ne font cela que pour se donner bonne conscience à un moment où le peuple...
commentaires (13)

Excellent article.Merci pour cette analyse claire et juste.

M.Z

12 h 53, le 23 septembre 2025

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Commentaires (13)

  • Excellent article.Merci pour cette analyse claire et juste.

    M.Z

    12 h 53, le 23 septembre 2025

  • Qu'il y ait des résultats sur le terrain ou pas (on ne rêve pas trop), ce sera un revers pour Israël ! Son arrogance en prendra un coup, il suffit d'écouter les péroraisons de Netanyahou ! Tous des méchants, tous des antisémites. Pour me venger, je vais coloniser encore plus, na !

    Politiquement incorrect(e)

    20 h 14, le 22 septembre 2025

  • L'acte de naissance de l'etat d'Israel est la resolution 181 de l'ONU en 1947 . Elle prevoit le partage de la Palestine en deux etats separes. Il n'y a pas de reconnaissance de l'un sans l'autre.

    Michel Trad

    19 h 50, le 22 septembre 2025

  • Monsieur Samrani, il est préférable de parler de Hudna et non de Paix à l'occidentale. Nous sommes au Moyen-Orient.

    Dorfler lazare

    18 h 39, le 22 septembre 2025

  • On cherche partout quelqu’un pour blâmer à cette situation tragique ou se trouvent aujourd’hui le peuple palestinien mais en fait les premiers qui devraient être pointés du doigt sont les dirigeants palestiniens eux mêmes. Ils ont ratés plusieurs occasions qui leur ont été offertes pendant des années et ils n’ont pas su en profiter, tout au contraire il avaient décidé de continuer cette lutte armée devenue inutile et inefficace qui les a menés droit a un second désastre depuis la « Nakba » et celui ci pourrait aboutir à l’enterrement de la solution des deux états.

    PT

    14 h 53, le 22 septembre 2025

  • Le pouvoir politique en Israël suivra l’opinion publique de ce pays, qui n’est pas sourd sur le tollé en Europe et en Amérique du Nord, cette même opinion galvanisé (jusqu’à quand ?) par l’attaque suicidaire du Hamas ? Qui forcera la main à Israël pour le démantèlement des colonies en Cisjordanie ? Seulement l’opinion publique ? Une reconnaissance d’un État souverain palestinien par "toutes les parties" en échange de quoi pour Israël ?

    nabil

    11 h 16, le 22 septembre 2025

  • Reconnaissance symbolique ! Le Liban est reconnu par la Communauté internationale, par l’ONU, etc, mais qu’en-il de la reconnaissance de son voisin syrien. Quand la Syrie a reconnu par le passé (dans quel contexte ?) le Liban, c’était pour mieux légitimer son occupation. L’échange d’ambassadeurs entre ces deux pays est une chose, et la réalité, les intentions des dirigeants (quoique l’arrivée au pouvoir d’un président transitoire) restent figée dans une ancienne approche. C’est la reconnaissance d’un État souverain palestinien qui compte, et on verra si l’opinion publique israélienne changera.

    nabil

    11 h 06, le 22 septembre 2025

  • ""LE SCÉNARIO LE PLUS PROBABLE EST QU’ISRAËL INSULTE UNE NOUVELLE FOIS LA PAIX. QU’IL DÉCIDE D’ANNEXER EN RÉACTION, SOUS LE REGARD APPROBATEUR DES ÉTATS-UNIS, TOUT OU UNE PARTIE DE LA CISJORDANIE. ET QUE CEUX QUI RECONNAISSENT AUJOURD’HUI L’ÉTAT PALESTINIEN NE SOIENT PAS À LA HAUTEUR DE CE QUE CELA IMPLIQUE"". C’est tout à fait ça. Parler de reconnaissance de droit, ou de fait, mais il y a une chose qui saute aux yeux, l’emballement de l’opinion publique occidentale est déjà une reconnaissance de fait de la Palestine. Les opinions publiques sont versatiles, mais là, elles sont constantes.

    nabil

    10 h 38, le 22 septembre 2025

  • La balle dans le camp arabe, dans le camp israélien, dans le camp palestinien, reconnaissance symbolique ou non, on n’en sait rien. Tout sera un peu plus clair si le successeur de Netanyahou poursuit la même politique, ou bien il opère un changement (radical) de la politique israélienne ? Pour la paix, ou une politique de bon voisinage, (quoi qu’en dise les médias sur le rapprochement avec les deux pays sur leurs frontières nord) il ne faut rien espérer de monsieur Netanyahou. Quid de son successeur ? En attendant, le calvaire continue pour le Liban et pour les Palestiniens.

    nabil

    10 h 28, le 22 septembre 2025

  • Tres bon article Anthony. Merci pour cette analyse posee et ponderee.

    PHOENICIA

    09 h 50, le 22 septembre 2025

  • Tout à fait juste: clair, tranchant, realiste …. et desolant ! Peut-on avoir l’espoir fou “qu’une premiere pierre a ete posee le 22 Septembre 2025” ???

    Madi- Skaff josyan

    08 h 50, le 22 septembre 2025

  • Malgré son retard, cette reconnaissance affaiblit la position d’Israël de se présenter en victime alors qu’il a fait la guerre avec succès a cinq pays à la fois ! La juiverie mondiale semble avoir bien perdu de sa grippe sur les décisions internationales. Malgré le support des cow boys, c’est bien un revers inattendu et impensable que subit ce criminel de natenyahu. Quant aux “démocraties” occidentales, il était temps.

    Goraieb Nada

    08 h 16, le 22 septembre 2025

  • Reconnaitre un Etat Palestinien sans en delimiter sa geographie et ses frontieres est un allegement des consciences des chefs de pays surtout occidentaux sous le poids et les pressions des Peuples revoltees d,assister en le vingt et unieme siecle au deroulement d,un GENOCIDE et deracinement de tout un peuple de sa terre par des colons divers qui n,ont en commun que la religion et le GENOCIDE et POGROMS subis en Occident, Russie inclue, avec le support illimite d,un ETAT genocidaire des Peaux-Rouges et des POGROMISTES Europeens, Allemands en tete. LE MONDE EST TOMBE TRES BAS !

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    05 h 47, le 22 septembre 2025

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