Zaytouna bay dans le quartier de Aïn el-Mrayssé dans le centre de Beyrouth le 7 juillet 2025. Photo Mohammad Yassine/L’Orient-Le Jour
Alors que le Liban doit trouver plusieurs milliards de dollars pour reconstruire le pays et poursuit ses échanges avec le Fonds monétaire international (FMI) afin de débloquer un programme d’assistance qui redonnerait confiance à ses partenaires, le ministre de l’Économie et du Commerce, Amer Bsat, cherche parallèlement à convaincre la diaspora que le pays est une destination saine et même prometteuse pour les investissements.
Pour y parvenir, le ministre du gouvernement de Nawaf Salam souhaite organiser une conférence baptisée « Beyrouth I » d’ici à la fin de l’année. « Cet événement représente une initiative axée sur la restauration de la confiance et la création d’opportunités d’investissement », a déclaré Charles Arbid, président du Conseil économique et social, qui participe à l’organisation de l’événement.
Le gouvernement doit encore donner son feu vert au projet, indiquait lundi à L’Orient-Le Jour une source à la présidence du Conseil des ministres. « Le ministre a présenté l’initiative pour la première fois la semaine dernière et doit revenir avec plus de détails. Mais d’après les dernières informations, il a déjà réservé les dates – les 18 et 19 novembre – et le lieu – le Seaside Pavilion, dans la capitale », a-t-on ajouté de même source. Charles Arbid a confirmé ces informations, ajoutant que la conférence a été pensée comme « un point de départ plutôt qu’un événement isolé ».
Le secteur privé enthousiaste
Le nom de l’événement est calqué sur celui des conférences de soutien organisées par la France dans les années 2000 — Paris I, Paris II et Paris III. Le slogan officiel de la conférence est : « Reconstruire la confiance – Investir au Liban », a précisé Charles Arbid.
Les cibles sont le secteur privé et la diaspora dans un premier temps, ainsi que les partenaires arabes et étrangers ensuite, selon les déclarations publiques du ministre au cours d’une réunion mardi avec une délégation de représentants d’entreprises libanaises dirigée par l’homme d’affaires Bassem al-Bawab.
Contactée, Joumana Saddi Chaaya, présidente du Rassemblement de dirigeants et chefs d’entreprise libanais (RDCL), a qualifié l’initiative de « très positive pour le pays ». Elle a ajouté que le RDCL recevra le ministre le 22 septembre pour qu’il détaille les objectifs de la conférence ainsi que son programme, et identifie les investisseurs étrangers ainsi que les secteurs cibles, afin de déterminer comment le Rassemblement pourra contribuer au succès de la conférence.
« Beyrouth I » mettra en avant les opportunités d’investissement dans plusieurs secteurs stratégiques, notamment l’agroalimentaire, la technologie, le tourisme, le cinéma et la culture, ainsi que les infrastructures, détaille encore Charles Arbid. « Nous voulons montrer les possibilités existantes dans ces secteurs et dire clairement : le moment est venu », a-t-il ajouté.
La mission sera délicate. Le pays est encore en crise, son secteur bancaire toujours paralysé et la situation sécuritaire reste précaire, avec des frappes israéliennes principalement concentrées sur le Liban-Sud en dépit du cessez-le-feu conclu en novembre dernier. « Nous sommes conscients des difficultés, mais cela ne signifie pas que nous manquons d’opportunités. Au contraire, les réformes ont débuté et nous commençons à voir un intérêt de la part des expatriés et des partenaires internationaux », a déclaré Charles Arbid.
Les dates choisies par Amer Bsat ne semblent pas avoir été fixées au hasard. Si elle a bien lieu, la conférence se tiendra environ un mois après le passage – en principe prévu – de la délégation libanaise par Washington, pour rencontrer les responsables du FMI et de la Banque mondiale lors des assemblées annuelles de ces deux organisations. Le résultat de ces entretiens donnera le ton pour la suite. Au début du mois, le ministre des Affaires étrangères Joe Raggi avait annoncé avoir été informé de l’intention du président français Emmanuel Macron d’organiser deux conférences internationales pour le Liban, « l’une en soutien à l’armée libanaise, l’autre dédiée à la reconstruction et à la relance économique du pays, lorsque les conditions appropriées seront réunies ».
« Je suis optimiste car le gouvernement a réalisé beaucoup de choses en quelques mois », a déclaré le ministre des Finances Yassine Jaber à L’Orient-Le Jour, citant la loi aménageant le secret bancaire ou encore les récentes nominations bloquées depuis des années de plusieurs autorités de régulation. Le gouvernement a également fait quelques pas dans le dossier encore plus compliqué du rétablissement du monopole de l’État sur les armes.
Amer Bsat n’a pas répondu à nos sollicitations.



A première vue, on dirait qu'ils n'ont pas compris que personne ne les croit plus (et encore moins la diaspora qui a été abusée par ces truands). En réalité, il s'agit une fois de plus de ces conférences bidons avec bp de blabla et surtout du gaspillage au service des organisateurs.
17 h 11, le 17 septembre 2025