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Culture - Conférence De Presse

Ghassan Salamé : Et si la culture portait le Liban ?

Six mois après sa prise de fonctions, le ministre de la Culture dresse un bilan qui ressemble à un manifeste : défendre les pierres et les livres, faire de la création un moteur de relance et offrir à la société un espace de mémoire et de dialogue.

Ghassan Salamé : Et si la culture portait le Liban ?

Le ministre de la Culture Ghassan Salamé lors de sa conférence de presse à la Bibliothèque nationale le mardi 16 septembre. Photo Nabil Ismaïl

Six mois après sa nomination, Ghassan Salamé a tenu une conférence de presse qui ressemblait moins à un bilan qu’à un manifeste. Devant un parterre de journalistes, d’artistes et de promoteurs culturels réunis à la Bibliothèque nationale (Sanayeh), il a rappelé avec la rigueur de l’historien et le souffle du politique que la culture au Liban ne saurait être un ornement. « Beaucoup ignorent la fonction première du ministère, a-t-il lancé. Mais elle est souveraine : le ministre de la Culture devient le plus grand propriétaire foncier du pays, détenteur des sites archéologiques les plus précieux, de Baalbeck à Tyr, de Byblos à Faqra. »

Le patrimoine, colonne vertébrale de la mémoire

Première mission : défendre et restaurer le patrimoine. « À mon arrivée, j’ai trouvé de nombreuses violations, confie-t-il. Avec l’aide de la justice et du ministère de l’Intérieur, nous avons stoppé la majorité d’entre elles. »

Mais protéger ne suffit pas : il faut aussi reconstruire. Conscient que « l’État restera financièrement faible pendant encore trois à cinq ans », Ghassan Salamé a mobilisé mécènes privés et pays amis. Les projets foisonnent : une donation de plus de 30 millions de dollars pour les palais de Beiteddine et du Mir Amine ; 500 000 dollars inscrits au budget 2026 pour entamer les travaux de restauration du palais de l’Unesco (qui nécessite un budget de 2 millions au total) ; et surtout, la renaissance du Grand Théâtre de Beyrouth, joyau des années 1920, avec le soutien de l’Unesco. « Nous avons trouvé une formule légale et financière pour permettre sa restauration : un accord est en cours entre la société Solidere, propriétaire actuel, et la municipalité de Beyrouth, afin que cette dernière devienne propriétaire du bâtiment en échange d’actions. » La seconde étape sera confiée au ministère de la Culture, chargé de piloter la restauration et la réactivation de ce lieu unique. « Parallèlement, nous avons lancé une campagne internationale pour réunir les 20 millions de dollars nécessaires, avec déjà une première contribution d’un million de dollars venue de l’émirat de Charjah, explique le ministre. Ce théâtre, situé au cœur de la ville, mérite de revivre. »

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Parmi les projets entamés, il cite encore la gare de Mar Mikhaël, en cours de réhabilitation avec le soutien de l’Italie et de l’Unesco et appelée à devenir « le plus grand centre culturel du pays », ainsi que la Bibliothèque nationale, dont 750 000 dollars permettront la numérisation des collections. Sans oublier un projet de loi inédit pour protéger le patrimoine subaquatique de la Méditerranée.

Un parterre de journalistes, d’artistes et de promoteurs culturels écoutant le programme du ministre de la Culture. Photo Nabil Ismaïl
Un parterre de journalistes, d’artistes et de promoteurs culturels écoutant le programme du ministre de la Culture. Photo Nabil Ismaïl

La culture, levier d’une économie en ruine

Là où Ghassan Salamé surprend, c’est dans l’articulation entre culture et économie. « Contrairement à ce que beaucoup pensent, la culture n’est pas hors de l’économie. Chaque produit culturel – un livre, un film, un spectacle, un design – est à la fois une œuvre et un bien marchand. »

En Europe, le secteur pèse 6 à 7 % du PIB. « Au Liban, j’ose dire que nous ferons mieux. Peut-être 8 ou 9 %. » La culture, selon lui, est le secteur « le plus apte à relancer l’économie », car il repose sur « la créativité des Libanais eux-mêmes ».

Une vaste concertation va donc s’ouvrir avec éditeurs, cinéastes, musiciens, plasticiens, designers, pour identifier les lois, financements et partenariats nécessaires afin de développer ce secteur et de renforcer sa contribution à l’économie nationale et à l’exportation. Par ailleurs, à l’occasion de la conférence internationale économique qui se tiendra en 2026, une journée sera consacrée à la place de la culture dans la reconstruction économique. « Nous ne faisons pas de l’art pour l’art. Nous faisons de l’art pour l’art, et pour le redressement économique. »

La relance culturelle passe aussi par Tripoli, où le projet de Khan al-Askar doit se transformer en centre de formation pour les métiers d’art. Un Forum national des arts, prévu en 2025, réunira artistes, institutions et société civile pour tracer une feuille de route stratégique des politiques culturelles. À l’international, le Liban se prépare à être invité d’honneur du festival Étonnants Voyageurs de Saint-Malo en mai 2026.

Pour mémoire

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Une culture comme espace de réconciliation

Troisième mission : nourrir l’unité nationale. « La culture doit alimenter le débat sur notre histoire et notre avenir », martèle le ministre. Il rappelle l’exposition consacrée aux 50 ans de la guerre civile et la commémoration de l’explosion au port de Beyrouth, où l’État a assumé sa part de responsabilité.

La programmation se veut également régulière : Semaine du cinéma, Mois de la francophonie, Nuit du patrimoine et des musées, Journée de la langue arabe ou encore Semaine du théâtre libanais figureront au calendrier annuel.

En 2026, le centenaire de la Constitution sera l’occasion d’un programme ambitieux : débats, expositions, conférences. « Nous devons interroger son origine, son évolution, les amendements nécessaires. La culture n’est pas un ornement : elle est espace de dialogue politique. » En conclusion, il rend hommage à la vitalité des artistes et de la société civile : « Ce qui a sauvé la culture au Liban, c’est qu’elle est enracinée dans la société et non dans l’État. Quand l’État s’est effondré, la culture a continué à vivre. »

Ces mots sonnent comme une méditation. Au Liban, la culture n’est pas un luxe mais une nécessité vitale. Elle est mémoire des pierres et des livres, moteur économique quand l’industrie chancelle, ciment social quand la politique se fracture. Ghassan Salamé, en historien et en homme d’État, rappelle que la culture n’est pas le supplément d’âme d’une nation, mais son cœur battant. 

Six mois après sa nomination, Ghassan Salamé a tenu une conférence de presse qui ressemblait moins à un bilan qu’à un manifeste. Devant un parterre de journalistes, d’artistes et de promoteurs culturels réunis à la Bibliothèque nationale (Sanayeh), il a rappelé avec la rigueur de l’historien et le souffle du politique que la culture au Liban ne saurait être un ornement. « Beaucoup ignorent la fonction première du ministère, a-t-il lancé. Mais elle est souveraine : le ministre de la Culture devient le plus grand propriétaire foncier du pays, détenteur des sites archéologiques les plus précieux, de Baalbeck à Tyr, de Byblos à Faqra. »Le patrimoine, colonne vertébrale de la mémoirePremière mission : défendre et restaurer le patrimoine. « À mon arrivée, j’ai trouvé de nombreuses violations, confie-t-il....
commentaires (1)

Il y a les sites archéologiques et naturels. On peut en ouvrir de nouveaux et réhabiliter les anciens. Les musées aussi, on peut en avoir plus. La certification des restaurants ramènera de l'argent aussi. Les expositions itinérantes á l'international sont rentables...Il y a plus á faire, et ça rapporte le ministère de la culture que l'energie et c'est moins risqué á manager. J'espère que ça ne va pas repartir chez Amal/Hezballah qui bousilleront les choses

Moi

19 h 17, le 16 septembre 2025

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Commentaires (1)

  • Il y a les sites archéologiques et naturels. On peut en ouvrir de nouveaux et réhabiliter les anciens. Les musées aussi, on peut en avoir plus. La certification des restaurants ramènera de l'argent aussi. Les expositions itinérantes á l'international sont rentables...Il y a plus á faire, et ça rapporte le ministère de la culture que l'energie et c'est moins risqué á manager. J'espère que ça ne va pas repartir chez Amal/Hezballah qui bousilleront les choses

    Moi

    19 h 17, le 16 septembre 2025

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