Le président polonais Karol Nawrocki (à gauche) serre la main du ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi (à droite) lors de leur rencontre au palais présidentiel à Varsovie, en Pologne, le 15 septembre 2025. Photo de Wojtek RADWANSKI / AFP
Le chef de la diplomatie polonaise a « informé » lundi à Varsovie son homologue chinois des « raisons de sécurité » qui ont poussé la Pologne à fermer temporairement sa frontière avec le Bélarus, située sur une importante route commerciale chinoise vers l'Union européenne.
La Pologne, membre de l'UE et de l'OTAN, et proche allié de l'Ukraine, a annoncé la semaine dernière la fermeture de sa frontière avec le Bélarus, en réponse à des manœuvres militaires russo-bélarusses dont le scénario a été jugé « agressif » par Varsovie et qui suscitent l'inquiétude des pays de l'OTAN, quelques jours après l'intrusion sans précédent de drones russes sur le territoire polonais.
A la suite de la fermeture totale de la frontière, tout le trafic ferroviaire et routier y a été arrêté, alors qu'une importante part du fret chinois terrestre destiné à l'UE passe par là, notamment par le grand nœud ferroviaire de Malaszewicze (est).
« La partie chinoise a reçu toutes les informations à ce sujet. Toutes les raisons qui ont conduit à une telle décision lui ont également été présentées », a indiqué lundi à la presse le porte-parole du ministère polonais des Affaires étrangères, à l'issue d'une rencontre des chefs de diplomatie chinois et polonais, Wang Yi et Radoslaw Sikorski.
« Ce n'est pas une décision visant à frapper quiconque parmi les partenaires qui transportent des marchandises », mais « des manœuvres avec un scénario très agressif se déroulent actuellement au Bélarus », et la Pologne est continuellement exposée à une « guerre hybride » à ses frontières orientales, a souligné le porte-parole polonais Pawel Wronski. « La logique de la sécurité prend le dessus dans notre région sur celle du commerce », car « il est difficile de mener un commerce libre lorsqu'une frontière n'est pas une frontière sécurisée », a-t-il ajouté.
Wang Yi est arrivé lundi en Pologne après s'être rendu en Autriche et en Slovénie, dans un contexte d'impasse des discussions pour mettre fin à la guerre en Ukraine.
La Chine appelle régulièrement à des pourparlers de paix et au respect de l'intégrité territoriale de tous les pays, sous-entendu Ukraine comprise. Mais Pékin n'a jamais condamné la Russie et a renforcé ses relations commerciales, diplomatiques et militaires avec Moscou. La Chine est accusée par certains alliés de Kiev d'aider son voisin russe à contourner les sanctions occidentales.

