Le chef du CPL, Gebran Bassil. Photo ANI
En visite dans le Akkar, le chef du Courant patriotique libre Gebran Bassil a affirmé samedi qu’« il ne peut y avoir de Liban sans le Akkar ». Le chef de la formation aouniste a tenu ces propos dans la foulée de sa visite à Tripoli au cours de laquelle il avait réaffirmé son refus de voir la grande ville sunnite du Liban-Nord « détachée » du pays du Cèdre.
Cette tournée de député de Batroun s'inscrit un contexte toujours marqué par les déclarations controversées de l'émissaire américain Tom Barrack, qui avait remis en cause à deux reprises le tracé des frontières des pays de la région. Tout d'abord en invoquant, en juillet, un « retour à Bilad el-Cham », autrement dit à l'époque de la « Grande Syrie », au cours d'une visite à Beyrouth, puis en déclarant qu'Israël n'était pas « intéressé » par le respect des frontières établies au Moyen-Orient par l'accord Sykes-Picot conclu pendant la Première Guerre mondiale. Il avait ajouté que l'allié des États-Unis avait « la capacité ou la volonté » de prendre le contrôle du Liban et de la Syrie.
Des rumeurs de marchandage territorial évoquant une intégration de Tripoli et d'une partie du Liban-Nord à la Syrie ont également défrayé la chronique cet été.
« Modèle de diversité »
« Certains viennent de l’extérieur ou de l’intérieur nous dire que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu ne reconnaît plus les frontières Sykes-Picot et rêve du Grand Israël ; d’autres viennent nous rappeler la « Grande Syrie » ou Bilad el-Cham, qui pourraient englober des parties du Liban », a déclaré M. Bassil, avant d'ajouter : « À tous ceux-là, nous répondons : le Liban est le Liban, vous ne pouvez en prendre aucune parcelle, sinon ce ne serait plus le Liban. Si Sykes-Picot doit changer, qu’on prenne des territoires où l’on veut sauf au Liban. À ceux qui veulent le Grand Israël ou la Grande Syrie, nous répondons : nous voulons le Grand Liban, et nous n’y renoncerons pas ».
Le chef du CPL a par ailleurs salué une région « fidèle et résistante » dont sont issus « des héros pour défendre l’État et la légitimité » ainsi qu'un « modèle de diversité ». Parmi les principaux pourvoyeurs de soldats dans les rangs de l'armée libanaise, le Akkar est aussi une région marquée par sa diversité confessionnelle entre chrétiens et musulmans. Gebran Bassil a également rejeté toute tentative de « marginaliser » le Akkar en le présentant comme un « foyer d’extrémisme ».
Il a en outre évoqué le projet de rénovation de l'aéroport René Moawad de Qleyaat, l'un des principaux chantiers annoncés par le gouvernement de Nawaf Salam. « Nous ne voyons pas seulement dans le Akkar l’aéroport de Qleyaat, mais aussi un centre-clé pour l’industrie agroalimentaire, afin que les produits locaux puissent être commercialisés et exportés. Nous voyons également une ligne de chemin de fer reliant le Liban à la Syrie pour établir un couloir commercial, ainsi qu’un parc éolien qui fournirait de l’électricité à Akkar et au-delà, mais qui, comme tous les projets énergétiques, est à l’arrêt pour des raisons politiciennes », a-t-il poursuivi.
Aménagé par l’armée française en 1938, l’aéroport de Qleyaat avait été placé en 1966 sous le contrôle de l’armée libanaise, qui l'a transformé en base militaire. Il a été rebaptisé Aéroport René Moawad en 1989, en hommage au président de la République élu – sur les lieux mêmes – puis assassiné.
Soutien au désarmement des milices
S’exprimant aussi sur les débats actuels autour du désarmement des milices, et en particulier du Hezbollah, il a réitéré le soutien de son parti au monopole de l’État sur les armes, tout en soulignant que « la résolution de cette question ne suffira pas à régler les autres crises du pays », citant celle des « déplacés syriens » ou celle des « dépôts bancaires ».
M. Bassil a aussi dénoncé la gestion du secteur de l’électricité par le gouvernement actuel, qu'il accuse d’alourdir la facture des ménages, tout en plaidant pour un « amendement de la loi sur l’électricité ». Il a conclu en affirmant que les habitants du Akkar « sont restés attachés à l’État et n’ont jamais produit de milices », et exprimé sa confiance dans leur soutien aux législatives de 2026.




Un grand Liban , et un minuscule politicard de seconde zone...Ca ne va pas ensemble..
23 h 14, le 15 septembre 2025