Une campagne pétrie d'humour et de sensualité. Photo Branislav Šimončík tirée de la page Instagram de la marque
« Où trouver ailleurs un travail qui paie 5 000 dollars par jour et où je rencontre des gens importants ? De plus, je n’ai rien d’autre à faire que paraître fantastique ! » C’est ainsi que s’exprime Sharon Stone, l’iconique actrice hollywoodienne, sur son compte Instagram qui réunit 4.1 millions de followers. La comédienne, qui se lance à l’âge de 67 ans dans le mannequinat, a ainsi choisi de claquer la porte de Hollywood dont elle déplore le traitement des acteurs et des actrices prenant de l’âge. Toujours extrêmement belle, l’inoubliable interprète de Basic Instinct (l’un des titres les plus rentables de l’année 1990) prend la pose depuis un moment, et avec maestria, pour les grandes revues de mode. Sa spectaculaire collaboration avec la maison Thierry Mugler a fait tourner toutes les têtes, pour sa dernière campagne intitulée « Re/edit » : une réinterprétation sensuelle et ciblée de 24 looks d'archives emblématiques retraçant l'œuvre visionnaire du fondateur, de son vrai nom Manfred Thierry Mugler, de 1985 à 2000, année de son décès.
Une collaboration fidèle
Sharon Stone, amie de longue date de la maison (elle a défilé pour la marque en 1992) a été perçue comme l’illustration parfaite de sa stratégie de changement. La campagne, dont une partie est dévoilée sur les réseaux sociaux, s’est voulue un clin d’œil à son rôle culte dans le fameux Basic Instinct. Grâce à son langage corporel imposant et son regard puissant, Stone a fait sienne chaque silhouette signée Mugler. Un bel échantillon de l’approche de son nouveau statut de mannequin, un art qu’elle avait cultivé dès l’âge de 19 ans lorsqu’elle avait quitté sa vie rurale dans l’État de Pennsylvanie pour New York.
Selon sa présentation à la presse, cette campagne-capsule de Mugler célèbre trois grands thèmes de son créateur. D’abord la garde-robe « Power », signature du célèbre couturier à contre-courant avec ses célèbres épaules dénudées, ses tailles cintrées et ses coupes baptisées « Body mapping » conçues pour donner de la hauteur à la tenue ; le look inspiré de la lingerie rappellent la sensualité radicale de Mugler : panneaux transparents, robes nuisettes et corsets portés avec une assurance désinvolte. Et in fine, les tenues « Tapis rouge », une élégance sublimée par le sens avant-gardiste théâtral de Mugler.
Non à Hollywood, oui au cinéma indépendant
Sharon Stone a coupé ses liens avec l’industrie hollywoodienne mais pas avec celle du cinéma. Le film Nobody 2, qui dénonce la cruauté des réseaux sociaux, réalisé par une société de production indépendante, la 87North Productions et dont elle est la vedette, vient de sortir. Elle y campe le rôle d’une patronne de casino au caractère violent et intraitable. « Je suis mère de trois enfants et quand on traverse ce genre de climat fait de pandémie et de médias sociaux avec trois garçons qui sont devenus de jeunes hommes, il y a beaucoup de sentiments refoulés que je mets à l'écran », précise-t-elle, révélant par ailleurs qu’elle s’apprête à faire partie du tournage de la saison 3 de la série Euphoria diffusée par HBO : « Je suis une grande fan de tous les jeunes qui jouent dans cette série et je pense qu'ils ont touché un sujet crucial. » Ce show explore les différentes expériences que traverse la génération Z.
Peintre en devenir, déjà très prisée
Surprenante et toujours là où on l’attend le moins, Sharon Stone dévoile enfin son talent de peintre qu’elle prend très au sérieux face à un public qui le lui rend bien. L’an dernier, son exposition à San Francisco avait été très bien accueillie. Une autre est prévue à Londres bientôt. La revue en ligne Artnet la perçoit ainsi : « L’apparition de Sharon Stone en tant que peintre abstraite lui a déjà valu un accueil plus favorable qu’à d’autres qui tentent la transition d'actrice à artiste. On sent sa détermination à se dépasser. » Stone a toujours peint. Dans les années 1970, lors de son passage à ce qui était alors l'Edinboro State College de Pennsylvanie, elle avait pris des cours d’art et d’écriture créative. Une passion qu’elle a repris alors qu’elle passait par une traversée du désert et des problèmes personnels.
« Je n’aime pas le président »
Last but not least, Sharon Stone est une star engagée. On l’a notamment vue aux côtés de Jane Fonda lors d’une manifestation pour la lutte contre le changement climatique et se faire arrêter avec elle par la police. L’an dernier à l’occasion du festival du film à Turin, elle avait exprimé sa réticence à l’égard de l’élection à la présidence de Donald Trump : « Mon pays est en pleine adolescence. L'adolescence est très arrogante. L'adolescence croit tout savoir. L'adolescence est naïve, ignorante. Et nous sommes dans cette adolescence ignorante et arrogante. Ainsi, les Américains qui ne voyagent pas, dont 80 % n'ont pas de passeport, qui sont sans instruction, sont dans une naïveté extraordinaire. La seule façon de régler ces problèmes est de s’entraider. » Ajoutant : « Je respecte les résultats des votes. Même si je n'aime pas le président, je respecte aussi son rôle. C'est la démocratie. Je ne sais pas ce qui se passera dans le futur. »


