Le président Joseph Aoun recevant le nouveau chef du CENTCOM, le 6 septembre 2025 au palais de Baabda. ANI
Le président de la République Joseph Aoun a appelé samedi les États-Unis à faire pression sur Israël pour qu'il se retire des territoires occupés au Liban-Sud, afin que l'armée puisse parachever son déploiement à la frontière. Ces propos du chef de l’État ont été tenus au cours d'un entretien au palais de Baabda avec le chef du Commandement central américain (Centcom), l'amiral Brad Cooper.
Cette rencontre a eu lieu en présence de l'ambassadrice américaine Lisa Johnson et intervient au lendemain d'un Conseil des ministres durant lequel le plan de l'armée libanaise pour le désarmement du Hezbollah a été « bien accueilli » par les autorités.
M. Aoun a demandé pendant le réunion l'activation du comité de supervision de la cessation des hostilités, afin de garantir le respect des modalités du cessez-le-feu de novembre dernier, notamment en ce qui concerne la fin des attaques israéliennes, le retrait des collines occupées au Liban-Sud, le retour des prisonniers libanais en Israël, ainsi que l'application entière de la résolution 1701, selon la présidence libanaise. Ces dispositions « devraient aider à mettre en œuvre la décision du gouvernement libanais concernant le monopole des armes ».
Joseph Aoun a par ailleurs signalé à l'amiral Cooper « l'importance pour les États-Unis de continuer à soutenir l'armée libanaise et à lui fournir les équipements nécessaires pour lui permettre d'accomplir les missions qui lui sont confiées sur le territoire national, qu'il s'agisse de maintenir la sécurité, prévenir la contrebande et les actes terroristes, et contrôler la frontière libano-syrienne. Autant d'objectifs que les militaires accomplissent dans des conditions économiques difficiles ».
Le président Aoun a souhaité bonne chance à l'amiral Cooper dans ses nouvelles fonctions, ce dernier ayant été récemment nommé à la tête du Centcom. Il lui a par ailleurs demandé « d'accorder toute l'importance nécessaire à la situation au Liban, dont l'équilibre est un facteur essentiel pour la stabilité dans la région ».
Selon les modalités de l'accord de cessez-le-feu signé le 27 novembre 2024 entre l'État libanais et Israël, et inspiré de la résolution 1701 de l'ONU, l'armée libanaise doit se déployer au sud du fleuve Litani à la place du Hezbollah, qui doit retirer ses forces et démanteler ses infrastructures. Ce dernier point est assuré avec l'aide de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul).
Le satisfecit de l'amiral Cooper
L'amiral Cooper a pour sa part salué « le travail remarquable accompli par l'armée libanaise déployée dans le Sud et sur l'ensemble du territoire libanais », toujours selon le palais de Baabda. Il a affirmé que les États-Unis continueront de fournir toute l'aide nécessaire dans divers domaines, notamment en matière d'équipement et de formation des militaires, en coordination avec l'administration américaine et le Congrès. Il a indiqué que le comité de supervision du cessez-le-feu se réunira dimanche pour examiner la situation dans le Sud et œuvrer à la stabilisation de la région en poursuivant la mise en œuvre de l'accord conclu en novembre dernier.
Au cours de la réunion, à laquelle assistait également le président du comité de supervision, le général Michael Leeney, le président Aoun a souligné que la poursuite des agressions israéliennes au Liban-Sud risquait d'entraver le déploiement complet de l'armée libanaise jusqu'à la frontière, alors que celle-ci avait déjà achevé son déploiement dans plus de 85 % de la zone située au sud du Litani. « L'armée poursuit son action visant à empêcher les manifestations armées et à confisquer les armes et les munitions dans des conditions géographiques et opérationnelles difficiles, ce qui a jusqu'à présent entraîné la mort de 12 officiers et militaires pendant le transport de munitions ou le déminage, entre autres... De même, l'armée a commencé à récupérer les armes dans plusieurs camps palestiniens, conformément à l'accord conclu au cours de la visite du président palestinien Mahmoud Abbas au Liban », poursuit le communiqué.
Joseph Aoun a en outre évoqué la coordination entre l'armée et la Finul. Il a aussi insisté sur le fait que « le soutien américain à l'armée renforce la stabilité dans le pays, qui a connu ces derniers mois des progrès dans divers domaines, ce qui a conduit à un développement économique en parallèle des réformes engagées par le gouvernement ». Il a enfin insisté sur « l'importance de la reconstruction au Liban, d'autant plus que les pays amis et frères se montrent prêts à contribuer à cette démarche après la fin des hostilités et le retour de la stabilité dans le pays ».




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13 h 57, le 07 septembre 2025