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Santé - Médecine

Une technique rare de transplantation du foie réalisée pour la première fois au Liban

L'annonce a été faite lors d'une réunion entre les responsables de l’Hôpital français du Levant et le Centre hospitalier universitaire de Montpellier pour renouveler un protocole de coopération.

L’entrée de l’Hôpital français du Levant le 5 septembre 2025. Photo Philippe Hage Boutros

Réunis vendredi pour renouveler un protocole de coopération, les responsables de l’Hôpital français du Levant, une clinique basée à Sin el-Fil, et le Centre hospitalier universitaire de Montpellier ont annoncé la première tentative au Liban d’une technique relativement nouvelle de transplantation hépatique.

« C’est une technique qui n’existe que depuis trois ou quatre ans et il n’y a eu qu’une quarantaine d’interventions, dont deux en France, selon les données publiées », assure à L’Orient-Le Jour le Dr Francis Navarro, qui dirige le service de chirurgie hépatobiliaire et transplantation foie et pancréas au CHU de Montpellier.

Avec une équipe composée de deux médecins libanais – Ali Chokr et Ahmad Abou Abbas – et de Laurent Coubeau, venu de Bruxelles, il a réalisé une transplantation dite « donneur vivant de type rapide » sur un jeune malade de 22 ans qui s’est fait greffer un morceau de foie de son père. Une opération qu’il a détaillée devant le fondateur de l’Hôpital français du Levant Antoine Maalouf, la directrice générale du CHU de Montpellier Anne Ferrer, le consul général de France Didier Vendôme et le président du syndicat des propriétaires d’hôpitaux au Liban Pierre Yared.

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Une partie du foie

« Pour faire simple, lorsqu’on effectue une greffe dite de ‘‘donneur vivant’’ classique, on prélève une partie du foie d’un donneur sain compatible pour la greffer sur le receveur, à qui l’on aura retiré une grande partie du foie atteint. Ce que nous avons fait il y a 48 heures, c’était prélever une partie du foie gauche et sain du donneur, prélever aussi une partie du foie pathologique du receveur, puis greffer le morceau de foie sain sur celui du patient », résume le Dr Navarro.

« En conservant une partie du foie natif pathologique du receveur, on réduit le risque d’insuffisance hépatocellulaire, ce qui permet au patient de vivre plus longtemps avec un foie malade. De plus, via cette technique, le foie greffé se régénère, récupérant 20 à 30 % de son volume, ce qui nous permettra, dans le scénario idéal, de retirer le foie pathologique restant dans deux à trois semaines », détaille-t-il encore.

Le terme « rapide » ne se réfère pas au temps de l’opération qui a duré 17 heures, mais au fait qu’elle permet au nouveau foie de se régénérer plus rapidement. « Cela reste une technique à risque de complications, voire de décès (le risque est d’environ 10 % sur le plan statistique), comme toutes les transplantations hépatiques, mais elle offre une option de plus aux patients s’il n’y a pas d’organe compatible », ajoute-t-il.

« Cette nouvelle technique de transplantation hépatique ouvre de grandes perspectives pour de nombreux patients, en particulier au Liban, où le programme national de don d’organes continue de fonctionner en mode survie dans l’attente d’un budget et de ressources humaines adéquates pour être relancé », a de son côté déclaré à L’Orient-Le Jour Farida Younane, coordinatrice nationale de l’Organisation nationale pour la donation et la transplantation d’organes et de tissus (NOD-Lb). Cette agence gouvernementale, créée par un décret de 1999, a pour mission d’organiser le prélèvement et la transplantation d’organes et de tissus, de gérer la liste nationale d’attente ou encore de sensibiliser la population au don. « À fin août 2025, 35 100 personnes détenaient une carte de donneur au Liban, et nous recevons de nouvelles inscriptions chaque jour », assure-t-elle.

Une fenêtre très courte

Selon elle, environ 700 demandeurs sont inscrits pour tous les organes (reins, foie, cœur et poumons), dont 77 patients attendent une greffe de foie. Elle concède cependant que la crise qui a éclaté en 2019 et la situation sécuritaire ont considérablement compliqué la tâche de l’agence et que « la liste nationale officielle des patients en attente ne reflète pas entièrement les besoins réels en organes ».

Au cours de la conférence de presse de vendredi, Ali Chokr et Francis Navarro ont assuré qu’il est malgré tout extrêmement difficile de trouver rapidement des organes sains pour les demandeurs au Liban, et que les donneurs cadavériques – qui ont accepté de donner leurs organes, notamment à un inconnu, une fois décédés – sont encore trop rares par rapport au nombre de demandeurs potentiels, mis en évidence lors de récentes consultations médicales. La donne est compliquée par le fait que la fenêtre pour une transplantation de foie qui suit le décès d’un donneur est très courte.

Ce qui est déjà problématique pour n’importe quel organe l’est d’autant plus pour le foie, puisque la transplantation reste la seule solution lorsque ce dernier est atteint par une maladie aiguë ou chronique grave qui conduit inévitablement au décès du patient. « Ce n’est pas comme pour le cœur ou le rein, où il existe des solutions temporaires comme la dialyse. Il n’existe aucun traitement de substitution », insiste Francis Navarro. « Le foie est un organe extrêmement complexe. Le cœur est essentiellement une pompe, mais le foie régule la glycémie, l’homéostasie, la coagulation du sang et bien d’autres fonctions encore. Nous ne disposons d’aucune machine capable de reproduire l’ensemble de ces mécanismes », développe-t-il.

Les médecins ne baissent cependant pas les bras et cherchent à contourner l’obstacle. En 2020, les spécialistes de l’équipe zurichoise de recherche Liver4Life ont créé une machine permettant de conserver et de traiter un foie hors du corps humain pendant plusieurs jours. Le foie, initialement endommagé, a ensuite été transplanté dans le corps d’un patient atteint de cancer, qui a survécu, selon des articles de presse sur le sujet.

Réunis vendredi pour renouveler un protocole de coopération, les responsables de l’Hôpital français du Levant, une clinique basée à Sin el-Fil, et le Centre hospitalier universitaire de Montpellier ont annoncé la première tentative au Liban d’une technique relativement nouvelle de transplantation hépatique.« C’est une technique qui n’existe que depuis trois ou quatre ans et il n’y a eu qu’une quarantaine d’interventions, dont deux en France, selon les données publiées », assure à L’Orient-Le Jour le Dr Francis Navarro, qui dirige le service de chirurgie hépatobiliaire et transplantation foie et pancréas au CHU de Montpellier.Avec une équipe composée de deux médecins libanais – Ali Chokr et Ahmad Abou Abbas – et de Laurent Coubeau, venu de Bruxelles, il a réalisé une transplantation dite « donneur...
commentaires (3)

Ça ce sont les vrais heros de la nation.

..... No comment

17 h 21, le 09 septembre 2025

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Commentaires (3)

  • Ça ce sont les vrais heros de la nation.

    ..... No comment

    17 h 21, le 09 septembre 2025

  • Wouah, bravo ! Vous avez toute mon admiration.

    KHL V.

    15 h 01, le 09 septembre 2025

  • Merci pour ce genre d’article qui redonne confiance en notre pays. Ça nous change des abrutis qui nous abreuvent de guerres, missiles et qui veulent faire la guerre au monde entier … ou presque. Merci encore

    LE FRANCOPHONE

    10 h 47, le 09 septembre 2025

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