Le gouvernement libanais réuni au palais présidentiel de Baabda, le 7 août 2025. Photo L'Orient-Le Jour/Mohammad Yassine
Une source du Hezbollah a affirmé jeudi soir à L'OLJ que les ministres du tandem chiite vont se retirer de la séance du Conseil des ministres sur le monopole des armes, prévue vendredi, dès que le débat touchera au plan de l'armée pour le désarmement des milices. « Nous refusons de discuter du plan, même sans calendrier » pour le désarmement, affirme cette source.
Selon nos informations, le tandem exige même que le plan de l'armée ne soit pas le premier point à l'ordre du jour de la séance. De son côté, l'armée va présenter un plan avec un délai de 15 mois pour achever sa mission, toujours selon nos informations. Si le président Joseph Aoun et le Premier ministre Nawaf Salam font preuve de flexibilité à l'égard du tandem chiite afin d'assurer les conditions requises pour la tenue du Conseil, ils se dirigent vers l'adoption de ce plan en dépit de toutes les pressions exercées sur eux.
Dans un entretien donné à l'agence russe Sputnik, le ministre du Travail, Mohammad Haïdar, avait affirmé plus tôt dans la journée que les ministres du tandem chiite participeront au Conseil des ministres sans avoir pris de décision préalable sur un éventuel retrait du gouvernement.
Membre de la quote-part du Hezbollah, M. Haïdar a assuré qu’« il n’existe pour l’instant aucune décision de se retirer du gouvernement », tout en ajoutant que « toutes les options restent sur la table », en amont de la séance cruciale devant entériner la mise en œuvre du plan de l’armée pour le désarmement des milices, dont le Hezbollah.
Dans cette même interview, M. Haïdar a également averti que toute décision imposée par la force « accentuerait la crise interne » et offrirait un prétexte à des « interventions extérieures ». « La limitation des armes ne peut se faire qu’à travers une stratégie de défense complète et un soutien accru à l’armée », a-t-il déclaré, tout en estimant qu’il ne fallait pas « transformer la bataille contre Israël en bataille interne » et que les différends politiques devaient « être réglés par le dialogue ».
Élections et Reconstruction
Mohammad Haïdar ainsi que trois de ses collègues chiites, Rakan Nasreddine (Santé, Hezbollah), Tamara el-Zein (Environnement, Amal) et Fadi Makki (Développement administratif, non affilié au tandem) avaient décidé de quitter la dernière séance gouvernementale du 7 août après l'adoption de la feuille de route américaine, préconisant notamment le démantèlement de l'arsenal du Hezbollah d'ici à la fin de l'année.
Le cinquième ministre de confession chiite, Yassine Jaber (Finances, Amal), était absent de la réunion pour cause de voyage à l'étranger, avant de se prononcer publiquement en faveur du rétablissement du monopole de l'État sur les armes.
Concernant la reconstruction des régions sinistrées par 13 mois d'une guerre dévastatrice entre le Hezbollah et Israël, en particulier le Liban-Sud, la Békaa et la banlieue sud de Beyrouth, le ministre a indiqué que « des fonds, bien que limités, seront envoyés prochainement au Liban », et que le gouvernement a déjà décidé de commencer les travaux avec des ressources propres, en attendant un éventuel soutien international. Début août, le ministre s'était rendu en Irak où les autorités avaient indiqué avoir approuvé une série de mesures de soutien pour aider le pays à se reconstruire, parmi lesquelles figurent notamment une enveloppe de 20 millions de dollars.
Dans une étude publiée au cours de l'hiver, qui ne tient pas compte des dégâts israéliens provoqués en 2025, la Banque mondiale a estimé à 11 milliards de dollars l'enveloppe nécessaire à allouer à la reconstruction. Le 19 août, le ministre des Finances a annoncé que le gouvernement consacrera 335 millions de dollars pour la réhabilitation des infrastructures endommagées dans les régions affectées par la dernière guerre entre le Hezbollah et Israël.
Parmi ses autres déclarations, le ministre du Travail a enfin confirmé que les élections législatives auront lieu « à la date prévue », soit au printemps prochain, et que « toute modification de la loi électorale relève du Parlement ».
La réunion du Conseil des ministres prévue vendredi intervient sur fond de tractations politiques visant à apaiser les tensions, alors que le Hezbollah continue de refuser de remettre son arsenal. La formation chiite avait affirmé, par la voix de son secrétaire général, le cheikh Naïm Kassem, qu'il agirait « comme si la décision du gouvernement (sur le désarmement) n'existait pas » et que les ministres affiliés à son parti ne pourraient donc pas assister à une réunion gouvernementale uniquement pour en débattre.
Depuis, quatre points ont été ajoutés à l'ordre du jour de la séance gouvernementale, résultat d'un accord trouvé entre le cabinet et le tandem chiite afin de justifier la présence des ministres des deux formations à la réunion. L'accord de cessez-le-feu du 27 novembre 2024 et d'autres textes antérieurs, comme la résolution 1701 du Conseil de sécurité de l'ONU, soulignent que le Hezbollah doit remettre ses armes sur tout le territoire et que la zone au sud du fleuve Litani doit être exemptée de toute présence armée, à l'exception des forces armées régulières libanaises et de la Force intérimaire de l'ONU (Finul). Depuis le début de la trêve, la troupe a démantelé des centaines de structures militaires appartenant au Hezbollah dans cette zone, en collaboration avec les Casques bleus.




Berry a la tete du tandem. Il vira de 180 degres apres la visite de larijani. Il semble qu,il a une peur rouge de Khamenei et non de Trump.
13 h 03, le 05 septembre 2025