Hassan Rifaï. Photo ANI
L'ancien député et ministre libanais Hassan Rifaï, un juriste de renom, qui a fait ses études chez les pères jésuites puis à l'Université de Damas, est décédé mercredi, à l'âge de 102 ans. Spécialiste en droit constitutionnel, il a mené un travail juridique d'envergure, gagnant le surnom de « gardien de la République ». L'ex-député, né le 23 août 1923 à Baalbeck, avait été élu pour la première fois en 1968 et était resté actif en politique jusqu'en 1992.
Hassan Rifaï a fait l'objet d'une tentative d'assassinat en 1982 à Baalbeck, à une époque où il était proche du camp chrétien, en pleine guerre civile. Après son échec aux législatives de 1992, il s'est consacré à son travail d'avocat, ainsi qu'aux études constitutionnelles. Sa biographie, publiée en 2023, porte le titre « Hassan Rifaï, gardien de la République ». Dans sa nécrologie, sa famille précise qu'il a été un « défenseur du Grand Liban ».
Le Premier ministre Nawaf Salam a rendu mercredi hommage au « grand juriste, Hassan Rifaï, qui a laissé un héritage remarquable au niveau national en termes de législation, d'éthique et d'intégrité ».
« Tu nous assommes avec Jean-Jacques Rousseau »
Selon une anecdote rapportée par un journaliste qui a suivi son travail, Hassan Rifaï avait suscité l'impatience du chef du gouvernement Saëb Salam dans les années 70, après avoir cité à plusieurs reprises Jean-Jacques Rousseau, dans un discours à la Chambre lors d’une séance de vote de la confiance au gouvernement. Au bout de la quatrième ou cinquième fois, le Premier ministre l’interrompt en lui disant :« Ça suffit ! Tu nous assommes avec Jean-Jacques Rousseau ».
Hassan Rifaï sera inhumé jeudi avant-midi à Baalbeck. Les condoléances seront reçues après l'enterrement, ainsi que vendredi et samedi chez lui à Baalbeck, puis lundi et mardi, de 11h à 13h et de 15h à 19h à l'Hôtel Radisson Blu rue de Verdun à Beyrouth.
« Aujourd’hui, nous avons perdu le grand spécialiste de la Constitution, le professeur Hassan Rifaï, a écrit sur X le ministre libanais de l'Information, Paul Morcos. Il a toujours été, sans même le savoir, à l’origine de ma passion pour les affaires publiques et les questions constitutionnelles. Avec son départ, le Liban perd un juriste difficilement remplaçable ». « Nous te faisons la promesse de mettre en pratique la Constitution dont tu veillais si bien à interpréter correctement les principes », a-t-il conclu en s'adressant à l'homme d'État disparu.
Le chef des Forces libanaises, Samir Geagea, a de son côté affirmé que « le Liban perd l’un de ses hommes qui alliait droit, politique, engagement national et intégrité dans l’exercice des affaires publiques ». « Le Liban perd une figure nationale et juridique », a-t-il souligné. L’ancien Premier ministre Saad Hariri a lui rendu hommage au « gardien de la République, qui a consacré sa vie à définir les limites nationales de la Constitution et des lois ».


Ce grand monsieur a contribué aussi à former des universitaires á l’USJ. Billant défenseur du Droit dans un pays qui en a bien besoin. Paix à son âme.
07 h 33, le 04 septembre 2025