J’ai été profondément touchée par le billet d’Émilie Sueur, dans la lettre aux abonnés du 29 août, sur le testament de Mariam Abou Dagga, journaliste et photographe palestinienne tuée le 25 août dans le bombardement ciblé de l’hôpital Nasser à Khan Younès en même temps que quatre autres journalistes et plusieurs médecins.
Les nouvelles de Gaza sont pour moi de plus en plus insupportables au point que je n’arrive plus à aller au-delà du titre des articles qui en parlent. Je crois qu’il en est de même pour beaucoup de lecteurs.
J’ai pourtant lu le billet sur la mort de Mariam, poussée par la curiosité, le titre ne mentionnant qu’un « testament », et par la photo de cette jeune femme si sérieuse et belle concentrée je suppose sur la rédaction d’un article exposant la situation qu’elle et ses concitoyens étaient en train de vivre.
Le sentiment d’impuissance m’a submergée, comme cela arrive de plus en plus à beaucoup de gens devant la souffrance des Palestiniens. J’étais dans cet état d’esprit quand je passais devant la porte large ouverte d’une église.
Je veux ci-dessous partager mon expérience avec ceux qui comme moi sont à la fois touchés par la misère de ce peuple qu’on cherche à effacer par les moyens radicaux les plus abjects et qui souffrent de se sentir complètement impuissants.
Devant le Christ en croix je me suis mise à répéter « pitié ! » rien que cela, pas de Notre Père ni de Je vous salue Marie. « Pitié, pitié, Seigneur prends pitié, Dieu prends pitié… » et j’ai continué pendant une heure sans m’arrêter, en pensant à Mariam, aux enfants, aux femmes et aux hommes privés de tout, qui voient mourir les leurs, impuissants, et qui meurent à leur tour, de faim, de malnutrition, de soif, de dysenterie, quand ce n’est pas sous les bombardements.
Tandis que l’heure passait je sentais petit à petit renaître l’espoir.
Et si c’était le seul moyen que nous avons, nous les impuissants de ce monde, de sauver ce qui reste de ce peuple et d’humanité dans le cœur des bourreaux ?
Aussi je voudrais inviter tous ceux qui peuvent et qui le veulent à me rejoindre dans cette prière, vendredi prochain 5 septembre, à 19h, à l’église Saint-Joseph, rue Monnot, pour invoquer la pitié du Créateur. Et peut-être initier un mouvement. Nos frères musulmans pourraient peut-être se joindre au mouvement dans les mosquées, chaque communauté de croyants dans un lieu choisi. Ensemble notre prière sera plus puissante. « Frappez, dit le Seigneur, et on vous ouvrira. »
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Si Dieu était juste et bon, il y a longtemps qu'il aurait empêché ces atrocités. Actuellement l'extrême-droite israélienne pavoise en prétendant que "Hachem" mutiplie les miracles pour restaurer le Grand Israël. Je ne peux que souhaiter que vos prières soient entendues, mais ne puis être optimiste.
22 h 12, le 03 septembre 2025