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Économie - Coopération

Nizar Hani dévoile une feuille de route libano-égyptienne dans les domaines agricole et alimentaire

Les deux pays ambitionnent de mettre en place en janvier 2026 une plateforme commune pour les exportateurs, les importateurs et les investisseurs.

Nizar Hani dévoile une feuille de route libano-égyptienne dans les domaines agricole et alimentaire

Le ministre de l’Agriculture Nizar Hani, et son homologue égyptien, Alaa Farouk, aux travaux de la cinquième session du comité technique agricole conjoint le 27 août 2025. Photo diffusée par le ministère libanais de l'Agriculture

Le ministre de l’Agriculture Nizar Hani, qui s’était rendu en Égypte du 26 au 28 août à la tête d’une délégation libanaise composée d’officiels et d’entrepreneurs, a annoncé pendant le week-end que le Liban et l’Égypte s’étaient entendus sur une feuille de route « pour une sécurité alimentaire durable et une innovation agricole ».

La décision de passer « d’une coopération ponctuelle à une intégration institutionnelle et structurée » a été prise lors de la participation du ministre et de son homologue égyptien, Alaa Farouk, aux travaux de la cinquième session du comité technique agricole conjoint entre les deux pays. Elle est motivée par la nécessité pour les deux États de faire face à un contexte régional « délicat, qui exige la conjugaison des efforts arabes face à la raréfaction des ressources hydriques, au recul de la productivité agricole, à l’augmentation drastique des coûts de production et des chaînes d’approvisionnement ». Au cours de la visite de la délégation en Égypte, les participants avaient annoncé que des protocoles d’accord visant à mettre en place cette feuille de route seront signés en octobre.

Le Liban a connu une année particulièrement sèche, entraînant une hausse des prix de certains produits. En Syrie, la chute du régime de Bachar el-Assad, renversé par une coalition de rebelles islamistes, a été suivie par la pire sécheresse depuis 60 ans. Quant à l’Égypte, elle est confrontée depuis plusieurs années à un déficit hydrique chronique. Plusieurs organisations, dont l’Unicef dans un rapport publié en 2021, ont averti que ce déficit pourrait atteindre à très court terme un niveau critique.

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La feuille de route définie par les deux ministres se veut « concrète » et s’étend sur plusieurs années. Toujours selon le communiqué publié, ses objectifs consistent à :

- Accroître les échanges agricoles, notamment via une ouverture accrue du marché égyptien aux pommes libanaises.

- Créer des comités scientifiques conjoints spécialisés (climat, irrigation, ressources hydriques, élevage, pisciculture, coopératives).

- Lancer des programmes de formation et d’échanges entre chercheurs et agriculteurs.

- Préparer la signature en octobre 2025 de deux accords (l’un scientifique, l’autre de développement).

- Mettre en place en janvier 2026 une plateforme commune destinée aux exportateurs, importateurs et investisseurs.

Selon le ministre égyptien Alaa Farouk, « l’Égypte considère le Liban comme un partenaire stratégique en raison de sa position géographique, de la qualité de ses produits agricoles et de son ouverture aux marchés européens et africains, ce qui transforme la coopération en une véritable plateforme commune d’exportation et de marketing intégré ».

Le commerce agricole entre le Liban et l’Égypte n’a pas toujours été au beau fixe, avec des épisodes de tensions ponctuelles portant sur les quotas d’importation de produits égyptiens au Liban ou sur les taxes égyptiennes appliquées aux produits libanais.

Selon les douanes, le Liban a importé près d’un milliard de dollars de produits égyptiens toutes catégories confondues, tandis que ses exportations vers l’Égypte ne s’élevaient qu’à 135 millions de dollars. Ces chiffres incluent les produits acheminés vers chacun des deux pays pour être réexportés ailleurs.

Selon des données publiées en mars par l’Agence centrale égyptienne de mobilisation publique et de statistiques, la valeur des échanges commerciaux tourne autour d’un milliard de dollars, dont les trois quarts sont constitués d’exportations égyptiennes. La valeur des exportations de fruits et légumes égyptiens s’élevait à 48 millions de dollars, tandis que les sucres et produits dérivés atteignaient 41 millions de dollars. De son côté, le Liban a exporté pour 72 millions de dollars au cours du même exercice.

Le ministre de l’Agriculture Nizar Hani, qui s’était rendu en Égypte du 26 au 28 août à la tête d’une délégation libanaise composée d’officiels et d’entrepreneurs, a annoncé pendant le week-end que le Liban et l’Égypte s’étaient entendus sur une feuille de route « pour une sécurité alimentaire durable et une innovation agricole ».La décision de passer « d’une coopération ponctuelle à une intégration institutionnelle et structurée » a été prise lors de la participation du ministre et de son homologue égyptien, Alaa Farouk, aux travaux de la cinquième session du comité technique agricole conjoint entre les deux pays. Elle est motivée par la nécessité pour les deux États de faire face à un contexte régional « délicat, qui exige la conjugaison des efforts arabes face à la raréfaction des...
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