Le minaret d'une mosquée au milieu de décombres de bâtiments frappés par Israël à Chebaa au Liban-Sud, le 27 novembre 2024. Photo d'archives AFP.
Le bureau du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a démenti mercredi soir des informations de presse selon lesquelles Israël aurait envisagé de restituer les fermes de Chebaa - territoire contesté entre le Liban, Israël et la Syrie - en échange de la reconnaissance de sa souveraineté sur le très convoité plateau du Golan (en partie conquis par Israël sur la Syrie lors de la guerre israélo-arabe de 1967 puis annexé illégalement aux deux tiers en 1981).
« Les informations selon lesquelles Israël aurait envisagé de céder le mont Dov (le nom donné par l’État hébreu aux fermes de Chebaa, ndlr) sont totalement fausses ».
En juillet dernier, des informations provenant de la chaîne de télévision israélienne i24NEWS faisaient déjà état d'un accord entre la Syrie et Israël sur un échange de territoire, incluant directement le Liban : Tripoli, la deuxième ville du Liban, serait annexée par la Syrie en contrepartie d’une partie du plateau du Golan occupé. Le député de Tripoli, Achraf Rifi, avait alors accusé le Hezbollah d'avoir diffusé l'information, pour légitimer le maintien de son arsenal.
Des questions plus urgentes
Bien qu'une source syrienne proche du gouvernement n’ait pas exclu cette fois-ci un tel échange entre les fermes de Chebaa et le Golan, une fois un accord de sécurité conclu entre les deux pays, elle précise à la radio israélienne qu'il y a « actuellement des questions plus urgentes, comme celle du Djebel druze », dans la province de Soueida, agitée de velléités autonomistes, menées par le chef druze Hikmat al-Hijri.
« La question du mont Dov doit être résolue dans le cadre du tracé des frontières entre la Syrie, le Liban et Israël » explique le responsable syrien, selon la radio KAN.
Selon la radio israélienne, les pourparlers sur cet accord sécuritaire avaient été provisoirement suspendus après les violences survenues dans province de Soueida mi-juillet, entre factions druzes soutenues par Israël et combattants bédouins épaulés par les forces gouvernementales.
De son côté, le député chiite Kassem Hachem a appelé jeudi le gouvernement libanais « à agir rapidement et à faire face au projet de l’ennemi israélien ». Ce qu'a révélé la radio israélienne « ne doit pas être considéré comme une simple information à passer sous silence, même si un démenti a été publié. C’est en réalité une confirmation de manœuvres menées dans les coulisses de la politique de l’ennemi afin de faciliter les étapes de la normalisation », a-t-il dénoncé, dans des propos rapportés par l'Agence nationale d'information (ANI, officielle).
Occupées par Israël depuis 1967, les fermes de Chebaa, à la frontière entre le Liban et la Syrie, sont considérées comme étant syriennes par la communauté internationale. Au Liban, le Hezbollah le revendique comme un territoire libanais, et justifie par son biais le maintien de son arsenal.
L'entérinement de la perte de la souveraineté sur le Golan, dont est originaire le président syrien par intérim Ahmed el-Chareh, serait vécu comme un arrachement par les Syriens. Le 13 mai 1974, un accord de désengagement avait été signé entre Israël et la Syrie,, visant notamment à établir des lignes de séparation claires sur les hauteurs du plateau. Il est violé par Israël depuis la chute du régime Assad, le 8 décembre 2024.
En occupant le Golan, Israël prive la Syrie d’environ 30 % de ses ressources en eau de surface, faisant de Kuneitra, Deraa et Soueida des régions marginalisées en proie à un risque accru de sécheresse.



C'est la milice de Hezballah par son existence même qui empêche le Liban d'agir. Personne ne prendra le Liban au sérieux tant que la décision politique sera détournée (hijacked) par les armes. Le Liban Officiel a zéro autonomie pour négocier quoi que ce soit car la terre entière sait que quand il prend une position, directement ou indirectement elle est dictée par le réseau de criminels du hezb. Si le Liban avait une autonomie, l'affaire aurait été réglée en 24h.
12 h 45, le 28 août 2025