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Politique - Monopole Des Armes

Le tandem chiite donne le ton : la situation appelée à se compliquer...

Nabih Berry a affirmé que « les Américains ont fait le contraire de ce qu’ils nous avaient promis » ; Hussein Khalil a appelé Aoun à mettre fin à la « soumission politique ».

Le tandem chiite donne le ton : la situation appelée à se compliquer...

L’adjoint politique du secrétaire général du Hezbollah, Hussein Khalil, lors d’une conférence de presse. Mohammad Yassine/L’Orient-Le Jour

La scène libanaise ployait mercredi sous le poids des positions américaines explicites – la plus claire étant celle exprimée la veille par le sénateur américain Lindsay Graham, selon laquelle Israël ne se retirera pas du Liban-Sud avant le désarmement du Hezbollah. Les premiers échos négatifs de la tournée de la délégation US menée par l’émissaire Tom Barrack ont résonné à Aïn el-Tiné. Le président du Parlement, Nabih Berry, a en effet exprimé sa déception face aux résultats de cette visite. Lors d’une interview au quotidien panarabe Asharq al-Awsat, il a affirmé que « les Américains ont fait le contraire de ce qu’ils nous avaient promis », en référence à la réponse attendue d’Israël à la politique du « pas contre pas » exigée par Beyrouth et soutenue – du moins en paroles – par Washington.

Or, a ajouté M. Berry, les positions de M. Barrack – ainsi que celles des autres membres de la délégation – sont allées à l’encontre de cette approche, en insistant sur le retrait des armes du Hezbollah avant toute discussion sur une éventuelle contrepartie israélienne, qu’il s’agisse d’un retrait des territoires libanais ou de la cessation des attaques menées au Liban malgré le cessez-le-feu en vigueur depuis novembre 2024. M. Berry a ajouté que la délégation américaine « n’a rien apporté d’Israël et que, par conséquent, les choses se sont à nouveau compliquées ». Refusant d’évoquer l’étape à venir à la lumière de ce nouvel obstacle, il s’est contenté de souligner que la situation « n’est pas simple ». Interrogé sur la réunion gouvernementale prévue le 2 septembre prochain, qui doit examiner le plan de l’armée concernant le désarmement du Hezbollah, il a répondu : « Toute mesure qui mène à la division dans le pays est à condamner. »

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De son côté, le Hezbollah a accusé mercredi l’administration américaine de vouloir transformer le Liban en une « colonie américano-israélienne » et de pousser le gouvernement à prendre des « décisions fautives » menant à une reddition totale. Et d’appeler le président de la République, Joseph Aoun, à « mettre fin à cette soumission politique » et à protéger l’armée libanaise de toute discorde qui menacerait la sécurité et la stabilité du pays. Dans sa première déclaration publique depuis le cessez-le-feu, l’adjoint politique du secrétaire général du Hezbollah, Hussein Khalil, a publié un communiqué accusant Washington de vouloir « détruire tous les éléments de résistance et de défense dont bénéficie le Liban » et d’avoir « réussi à entraîner le gouvernement à prendre des décisions fautives comme première étape vers un processus complet de reddition et de soumission totale ».

Les injonctions américaines, « impudentes et humiliantes (...) visant notamment le désarmement du Hezbollah », constituent « un renoncement clair et flagrant à l’accord parrainé par les États-Unis et la France », en novembre 2024, qui prévoyait l’arrêt des hostilités et de toutes les attaques israéliennes, a fait valoir Hussein Khalil. D’après lui, l’administration américaine « a voulu se laver complètement les mains de toutes ses obligations et garanties explicites, ainsi que de ses engagements à exercer des pressions sur Israël pour qu’il cesse ses attaques quotidiennes et se retire des zones occupées au Liban, allant ainsi à l’encontre de tout ce que les émissaires américains eux-mêmes avaient récemment promis aux trois présidents (Joseph Aoun, Nawaf Salam et Nabih Berry) ». Hussein Khalil a également accusé Washington de tenter d’opposer « l’armée libanaise à son propre peuple et à la résistance », ce qu’il a qualifié de « tentative ignoble de détruire deux piliers fondamentaux du pays : l’armée et la résistance ». Il a aussi mis en garde les responsables libanais contre de « tels pièges mortels ».

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Le dirigeant du Hezbollah a par ailleurs réfuté les affirmations de « certains responsables, en particulier à la tête du pouvoir exécutif », selon lesquelles les actions du gouvernement « relèveraient de l’application de l’accord de Taëf », affirmant qu’il s’agit là d’une « erreur grave ». Il a dans ce cadre souligné que cet accord prévoit le droit du Liban à « prendre toutes les mesures nécessaires pour libérer son territoire et le défendre ». « Cela a été clair dans les déclarations ministérielles de tous les gouvernements libanais successifs après Taëf, a-t-il ajouté. Ce que nous redoutons le plus, c’est d’entraîner le pays dans une guerre civile, que l’accord de Taëf avait pour objectif d’éviter après de longues souffrances infligées aux Libanais. 

L’attaque contre Nawaf Salam est on ne peut plus claire. Et la tentative de créer une divergence entre le Sérail et Baabda aussi. C’est à travers ce prisme qu’il faudrait lire l’appel de Hussein Khalil au président Aoun nommément. « Que ceux qui veillent à l’indépendance et à la sécurité de ce pays, à leur tête le président de la République, travaillent à mettre fin à cette soumission politique aux décisions du gouvernement et à protéger l’armée de la discorde interne qui menace la sécurité et la stabilité ». Commentant également la question du désarmement, le mufti jaafarite Ahmad Kabalan, réputé proche du tandem Hezbollah-Amal, a lui aussi appelé le chef de l’État « à mener un sauvetage national », car « le Liban est aujourd’hui au cœur d’une catastrophe politique qui menace la paix civile et la composition nationale ». « Il n’y a pas de solution pour relever ce pays sans libérer la politique gouvernementale de l’emprise étrangère », a martelé le dignitaire chiite, appelant à un « partenariat historique, dans le cadre de la Constitution qui préserve les droits de ses composantes fondatrices ». 

La scène libanaise ployait mercredi sous le poids des positions américaines explicites – la plus claire étant celle exprimée la veille par le sénateur américain Lindsay Graham, selon laquelle Israël ne se retirera pas du Liban-Sud avant le désarmement du Hezbollah. Les premiers échos négatifs de la tournée de la délégation US menée par l’émissaire Tom Barrack ont résonné à Aïn el-Tiné. Le président du Parlement, Nabih Berry, a en effet exprimé sa déception face aux résultats de cette visite. Lors d’une interview au quotidien panarabe Asharq al-Awsat, il a affirmé que « les Américains ont fait le contraire de ce qu’ils nous avaient promis », en référence à la réponse attendue d’Israël à la politique du « pas contre pas » exigée par Beyrouth et soutenue – du moins en paroles – par...
commentaires (20)

À Fredo, principe universel, "Il faut se munir d'une longue fourchette pour dîner avec le diable" .

Avette

08 h 48, le 30 août 2025

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Commentaires (20)

  • À Fredo, principe universel, "Il faut se munir d'une longue fourchette pour dîner avec le diable" .

    Avette

    08 h 48, le 30 août 2025

  • Visiblement l'accord du 24 novembre 2024 ne fonctionne qu'à sens unique avec un Israël qui en viole le contenu au quotidien. Question : qu'adviendra-t-il du Sud Liban une fois le HB désarmé alors que l'armée est incapable de le défendre ? Pourquoi Israël se gênerait pour envahir le Sud ? Sans aucune résistance, les colonisateurs racistes et suprématistes s'enfonceraient chez nous sans vergogne pour s'y installer définitivement en vidant les villages de leur population comme ils l'annoncent actuellement pour 14 villages du Sud. "Les promesses sont faites pour ceux qui y croient" (Edgar Faure)

    Fredo

    18 h 56, le 28 août 2025

  • Plus le HB complique la situation et plus le bruit de l’impact de sa chute sera assourdissant. Va t-il comprendre qu’il joue et pour la énième et fois avec le feu qui l’a déjà brûlé et risque de le consommer?

    Sissi zayyat

    15 h 30, le 28 août 2025

  • Plus le HB complique la situation, et plus il facilite son élimination qui semble imminente. Il peut se réjouir encore d’avoir droit à la parol, mais ce ne sera pas pour longtemps. Assez fanfaronner et jouer aux vainqueurs, vous êtes vaincus et vous avez à présent un pied dans la tombe. Le Liban n’est pas le seul à vouloir votre disparition, pour notre plus grand bonheur. Personne n’aime les vendus qui trahissent leur pays.

    Sissi zayyat

    15 h 14, le 28 août 2025

  • @ EL KHALIL ABDALLAH : Well said

    KHL V.

    15 h 00, le 28 août 2025

  • Oui l’accord prévoit que les libanais et non les iraniens ont le droit de défendre leur territoire. Alors pourquoi le HB se positionne en tant que libanais lorsque ses armes, offertes par un pays étranger, sont là pour exécuter les plans de ceux qui leur ont fait cadeau. Il veut vraiment aider la libération de son pays qu’il a fait occuper par tous les moyens qui lui ont été donnés par les pays étranger? Alors qu’il laisse l’armée, cette entité purement libanaise et seule légitime à défendre les droits de notre pays et qu’il dépose ses armes étrangères qui l’ont détruit. Pas d’autre choix.

    Sissi zayyat

    14 h 52, le 28 août 2025

  • Des ‘jours compliqués’ ? Rien que la gloriole du Hezbollah ne soit capable de vaincre. Divinement bien sur. Bonne chances les barbus, vous allez en avoir sacrement besoin.

    Lebinlon

    14 h 06, le 28 août 2025

  • That's how it usually goes the victor sets the conditions and the vanquished obliges Hezb Berri Moumanaa can oppose and obejct but ultimately they have little choice but to comply.

    EL KHALIL ABDALLAH

    12 h 46, le 28 août 2025

  • je note que les miliciens iraniens les plus patriotes, les plus conscients qu'en vue d'un avenir mechant qu'ils prepareraient il faut ABSOLUMENT preserver l'HONNEUR des SUNNITES , ceci, pour commencer a ne plus attaquer le 1er ministre n Salam mais diriger leur venin vers le pres. Chretien J Aoun. Hallelujah !

    L’acidulé

    11 h 34, le 28 août 2025

  • bon, parlons peu mais disons vrai ! surtout du fait que nulle partie ne fait confiance a aucune autre: israel, hezb, usa et Liban quatre a voir un menteur l'un dans l'autre . nous en sommes a : en veux tu, en voila ! vs prometter d'executer le desramement de la milice iranienne, nous vous promettons de nous retirer DES QUE CELA COMMENCERA POUR DE VRAI !

    L’acidulé

    11 h 24, le 28 août 2025

  • Faut il répéter à ces vendus qu’aucun libanais patriote n’a jamais reconnu cette pseudo résistance qui se permet de parler en son nom? Non nous ne sommes pas du côté des vendus qui ont ruiné et détruit notre pays sur ordre des mollahs qui n’ont que faire de notre vie ni de celle des partisans de ce parti vendu qui ont toujours été les premières victimes de leur endoctrinement. Nous interdisons à tous ces vendus de parler en notre nom et encore moins de se placer au même niveau que notre armée qui a toujours payé le prix fort en combattant tous ceux que ce parti a invité pour nous détruire.

    Sissi zayyat

    10 h 57, le 28 août 2025

  • Ils viennent jouer leur partition de non respect des clauses du cessez-le-feu alors qu’ils avaient tout cédé pour l’obtenir. Non rien n’a changé dans les conditions d’Israel quant à son retrait et la cessation des hostilités. La condition sine qua non a toujours été le désarmement de ce parti vendu pour permettre une pacification des frontières et le HB joue sur la naïveté de nos gouvernants pour s’en sortir indemne et recommencer leurs provocations afin de maintenir notre pays sous tension et en état de guerre et ainsi l’empêcher de se relever. Ils respectent les consignes des mollahs

    Sissi zayyat

    10 h 50, le 28 août 2025

  • Perche, le Pas a Pas ne se fait pas en 4 mois jusqu,a la fin de l,annee. A moins que ce soient des Gigantesques PAS. Vous, Kassem et Mikati aviez accepte le desarmement puis le retrait. Bien que je n,ai point confiance au Genocidaire QUI, comble de mascarade veut valider le GENOCIDE des Armeniens par les turcs.

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    10 h 10, le 28 août 2025

  • L'Iran est prêt à tout pour garder le contrôle du Liban.. Comme en France, ce sont des minorities qui Bloquent tout.

    Ludovic Hasquette

    09 h 02, le 28 août 2025

  • Je rigole quand je lis : « tenter d’opposer l’armée libanaise à son propre peuple et à la résistance «  30 ans de résistance nous en mené où ?

    Le borgne

    07 h 57, le 28 août 2025

  • « …libérer la politique gouvernementale de l’emprise étrangère »… de qui se moquent-ils ces éclairés??? Et leur papys barbus? Nous ont-ils juste câliner pendant toutes ses décennies avec les gentils tontons Assadotes??? Rien n’est plus pathétique qu’un peuple soumis et endoctriné qui se clame libre… oui libre d’enfoncer plus de clous au cercueil d’un pays qu’on s’acharne à enterrer!

    Lara Nader

    07 h 46, le 28 août 2025

  • Hussein Khalil semble souffrir de la même affection visuelle que Berry. En effet, à la lecture de textes comme la Constitution, les résolutions onusiennes ou l’accord de Taëf, certains passages échappent à leur perception. Ainsi de la clause de Taëf stipulant le « désarmement de toutes les milices libanaises et non libanaises ». Par contre, « droit du Liban à prendre toutes les mesures nécessaires pour libérer son territoire » devient : « droit d’un parti à posséder une milice ». Hallucination ? Etrange comme cette affection touche les politiciens chiites. Serait-elle d’origine génétique ?

    Yves Prevost

    07 h 34, le 28 août 2025

  • Bien sûr, ce sont des gens qui n’ont aucun respect de la parole donnée. Il faut leur faire zéro confiance, continuer la pression et ne rien leur lâcher tant qu’ils n’ont pas fait des avancées concrètes dans le désarmement. N’oublions pas qu’ils ont utilisé l’assassinat comme arme politique.

    AFL

    07 h 29, le 28 août 2025

  • Encore un qui sort de sa cachette. Il est scandalisé par cet Etat qui veut sauver les quelques plumes qui lui restent. Quant à Berry, il est perdu et ne sait plus quoi faire, et sa réputation de fin limier en prend un coup. Il semble bien que l’enjeu n’est plus à la portée de ces acteurs minables. Les décideurs auraient décidé de prendre les choses directement en main. Avec ce bouledogue de natenyahu qui attend qu’on lui lache la laisse, gare à la casse et tant pis pour nous.

    Goraieb Nada

    05 h 24, le 28 août 2025

  • Faut que le Hezbollah et cie arrêtent de prendre prétexte en présentant l’affaire « armée contre citoyens « …c’est l’armée des libanais et des libanais contre une organisation illégale qui contrôle la parole des chiites et les prends en otage. TOUS les libanais sont et seront AVEC leur armée libanaise au cas où la milice Iranienne essaierait de tirer une balle contre un seul soldat de notre armée. Nous n’avons pas oublié l’assassinat de l’officier pilote de l’armée libanaise la victime M SAMER HANNA . Faut nous débarrasser de cette organisation mercenaire du régime des mollahs iraniens

    LE FRANCOPHONE

    00 h 26, le 28 août 2025

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