L’émissaire américain Tom Barrack arrive pour une rencontre avec le Premier ministre Nawaf Salam, à Beyrouth, le 21 août 2025. Mohammad Yassine/L’OLJ
Quelque 24 heures avant le début de la tournée de l’émissaire US Tom Barrack, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a salué les « efforts du Liban pour œuvrer au désarmement du Hezbollah » d’ici à la fin de l’année. Il a également proposé de « réduire » la présence israélienne au Sud si ce désarmement est mis en œuvre. Signe d’une ouverture de la part d’Israël, qui serait enfin enclin à adopter le principe de « pas contre pas » prôné par le Liban ? Pas nécessairement, puisque les propos de Netanyahu semblent cacher une fuite en avant.
Dans son message publié lundi sur X, le bureau du Premier ministre israélien a indiqué qu’il reconnaît « le pas important franchi par le gouvernement libanais », le qualifiant d’« opportunité cruciale pour le Liban, pour retrouver sa souveraineté et rétablir l’autorité de ses institutions étatiques ». « À la lumière de cette évolution importante, Israël est prêt à soutenir le Liban dans ses efforts pour désarmer le Hezbollah et à travailler ensemble pour un avenir plus sûr et stable pour les deux pays », ajoute le communiqué. « Si les forces armées libanaises prennent les mesures nécessaires pour mettre en œuvre le désarmement du Hezbollah, Israël prendra des mesures réciproques, notamment une réduction progressive de la présence de l’armée israélienne en coordination avec le mécanisme de sécurité dirigé par les États-Unis », précise le bureau de Netanyahu.
La phrase piège
Et c’est surtout cette phrase qui suscite des interrogations dans les cercles du pouvoir au Liban. « Le Premier ministre israélien renvoie la balle dans le camp libanais, réagit une source gouvernementale. Plutôt que de répondre au pas libanais par un geste de bonne volonté, il réclame que Beyrouth aille encore plus loin dans le chantier du désarmement avant de remplir sa part du marché. » Et la source d’ajouter : « D’ailleurs, il ne parle pas de retrait, mais de réduction de la présence militaire israélienne. »
Beyrouth semble donc dans une position difficile, ayant fait le pari que l’adoption par le Conseil des ministres d’une décision prévoyant le désarmement du Hezbollah avant la fin de l’année pousserait Israël à un compromis. D’autant qu’après son passage la semaine dernière à Beyrouth, M. Barrack avait félicité le gouvernement de Nawaf Salam pour sa décision « historique ». Le lendemain, le média Axios rapportait des percées américaines du côté de Tel-Aviv qui aurait consenti à faire un pas pour retrouver Beyrouth à mi-chemin. Toutefois, après les propos de Netanyahu – qui s’est entretenu dimanche avec les émissaires américains –, ce pari semble fragilisé, du moins en attendant la réponse officielle que doit porter mardi M. Barrack, accompagnée de Morgan Ortagus (envoyée spéciale adjointe des États-Unis pour le Moyen-Orient), mais aussi du sénateur américain Lindsay Graham, un faucon parmi les faucons du camp anti-iranien. « Nous allons attendre de voir ce que les Américains vont dire, indique la source précitée. En attendant, nous étudions nos options. »
Kassem aussi joue sur les mots
Le Liban est d’autant plus sous pression qu’en face, le Hezbollah ne semble pas non plus prêt à coopérer. Lors d’un discours prononcé lundi, le secrétaire général du parti, Naïm Kassem, a lui aussi soufflé le chaud et le froid. Au début de son discours, le leader chiite a semblé opérer une ouverture, saluant la coopération avec l’armée qui « doit protéger le pays » et dont « la résistance est l’auxiliaire ». Il a également appelé le gouvernement à tenir des réunions intensifiées « afin d’étudier les moyens diplomatiques de restaurer la souveraineté » et enjoint aux partis politiques de consacrer cette semaine à la formulation de propositions allant dans ce sens. « J’ai choisi ce slogan « Nous demandons au gouvernement de récupérer la souveraineté nationale », et nous devons tous œuvrer sous ce slogan pendant une semaine au moins pour manifester notre soutien au cabinet », a-t-il ajouté.Toutefois, vers la fin de son discours, il a changé de ton.
« Chassez l’ennemi de nos terres, mettez fin à l’agression, libérez les prisonniers (libanais en Israël, NDLR) et commencez la reconstruction. Voilà la feuille de route à suivre. Ensuite, vous pourrez passer à la stratégie de défense », a-t-il lancé à l’adresse du cabinet. « Nous n’abandonnerons pas les armes qui nous protègent de notre ennemi. Nous ne laisserons pas Israël faire la loi dans notre pays (...) », a-t-il lancé. « Quelle est votre alternative si la résistance s’arrête ? Vous rendre à Israël ? » a-t-il martelé, appelant une nouvelle fois le gouvernement à faire marche arrière. Même son de cloche du côté de Téhéran où l’opposition au désarmement du Hezbollah continue d’être exprimée par plusieurs responsables, le dernier en date étant le général de brigade Iraj Masjedi, coordinateur adjoint de la Force al-Qods du Corps des gardiens de la révolution iraniens. Ce dernier a estimé que le « plan américano-sioniste » pour le désarmement du Hezbollah « ne sera jamais mis en œuvre ». « Ni le peuple libanais ni la force de résistance du Hezbollah n’accepteront ce plan, et il ne se réalisera jamais », a déclaré le général Masjedi à la télévision iranienne, selon des propos rapportés par l’agence IRIB. « La résistance est l’arme du peuple libanais pour défendre le territoire contre les agressions du régime sioniste », a-t-il souligné, affirmant que si la discussion « n’est pas nouvelle, elle ne sera mise en œuvre d’aucune façon. »
À plusieurs reprises depuis début août, des responsables iraniens ont critiqué le cabinet et sa volonté de désarmer le Hezbollah. Plusieurs de ces sorties ont été critiquées par le ministère libanais des Affaires étrangères qui avait dénoncé des « ingérences dans les affaires intérieures libanaises, sans toutefois convoquer l’ambassadeur iranien à Beyrouth, Mojtaba Amani. Au cours d’une visite de l’émissaire iranien Ali Larijani au Liban, le 13 août, le président Joseph Aoun et le Premier ministre Nawaf Salam avaient insisté sur le fait qu’il n’y aurait pas de retour en arrière concernant le désarmement du Hezbollah, tandis que M. Larijani avait appelé à un « dialogue » entre les différentes parties.



Israël ne demande que la paix. Elle l'a obtenu avec l'Egypte et la Jordanie. Depuis tout le monde dort la nuit. Bientôt la Syrie va suivre et comme toujours le Liban sera en reste. Pourquoi? Ne vous détrompez pas, il n'y a qu'une seule raison a cela, le Liban est géré par des Chrétiens qui ont toujours tenté d’établir un état dans lequel nous regardons tous dans la même direction. En réponse nous avons eu droit a l'arabisme, au nassérisme, au baasisme et dernièrement au fakihisme. En face il n'y a jamais eu d’Américanisme, de francisme ou d’européanisme. Cherchez chez qui est l'erreur!
09 h 53, le 27 août 2025