Le secrétaire général du Hezbollah, Naïm Kassem prononçant un discours le 28 août 2025. Capture d'écran/Al-Manar.
Le secrétaire général du Hezbollah, Naïm Kassem, a soufflé le chaud et le froid dans un discours lundi, appelant à soutenir l’armée libanaise et à lui fournir des armes pour qu’elle puisse protéger le pays, tout en refusant que les armes de son parti soient retirées, conformément à la décision du gouvernement de Nawaf Salam. Le chef de la formation chiite a assuré une fois de plus que son parti ne livrera pas son arsenal, et appelé le gouvernement libanais à mettre en place « une stratégie de défense nationale ».
« Chassez l’ennemi de nos terres, mettez fin à l’agression, libérez les prisonniers (libanais en Israël, NDLR) et commencez la reconstruction. Voilà la feuille de route à suivre. Ensuite, vous pourrez passer à la stratégie défensive », a lancé Naïm Kassem à l’adresse du cabinet. « Nous n’abandonnerons pas les armes qui nous protègent contre notre ennemi. Nous ne laisserons pas Israël faire la loi dans notre pays, tuer les résistants et s’emparer du Sud (...). J’appelle le gouvernement à tenir des réunions intensives pour discuter de la manière de restaurer la souveraineté par la diplomatie, l’armement de la troupe et la stratégie de défense », a-t-il ajouté.
L’armée israélienne continue d’occuper cinq collines stratégiques près de la frontière et mène des frappes, de manière quasi quotidienne, contre des éléments du Hezbollah, notamment au Liban-Sud. Les autorités libanaises ont avalisé, début août, la feuille de route américaine appelant au désarmement des milices dans le pays, mais le Hezbollah rejette catégoriquement ce désarmement.
« Coopération entre l’armée et la résistance »
Naïm Kassem a par ailleurs appelé à une coopération entre l’armée libanaise et le Hezbollah, semblable à celle menée en 2017 contre l’organisation État islamique, présente dans le jurd de Ersal, à la frontière syrienne, à l’époque. « Il s’agit d’un exemple de stratégie défensive qui fait de la résistance (du Hezbollah) un soutien pour l’armée libanaise dans l’accomplissement de grandes missions », a-t-il dit. Il a par ailleurs salué le « courage » du président de l’époque, Michel Aoun, qui a mené cette bataille « malgré les pressions américaines qui refusaient toute coopération entre l’armée et la résistance (du Hezbollah) ». « Il a toutefois insisté pour mener cette bataille, et une coordination s’est mise en place entre le Hezbollah et le commandement de l’armée libanaise, représenté à l’époque par le commandant Joseph Aoun, qui a pleinement coopéré », a-t-il ajouté, en référence à l’actuel président de la République, qui appelle aujourd’hui au retrait des armes du parti chiite.
« Certains disent que la résistance a rempli sa fonction, qu’elle n’a plus de raison d’être parce qu’elle n’est pas capable de repousser l’ennemi israélien et de lui infliger des pertes importantes, contrairement à ce qui était le cas pendant plus de quarante ans. (...) La résistance est tout le contraire de l’humiliation, de la capitulation, de la soumission et de l’acceptation des diktats étrangers. La résistance n’est pas l’armée d’un État, mais le soutien de l’armée nationale. Elle ne remplace pas l’armée, mais elle la soutient et l’aide, et l’armée reste la première responsable de la défense du pays. Il faut armer cette armée, la soutenir et lui confier la responsabilité. C’est elle qui doit protéger le pays. La résistance est un facteur auxiliaire. »
« Le gouvernement doit revenir sur sa décision »
« Le gouvernement libanais a pris la décision criminelle de désarmer la résistance et le peuple résistant, alors que l’agression israélienne et les intentions expansionnistes de l’État hébreu se poursuivent, sous la supervision des États-Unis. Cette décision est contraire au pacte national et a été dictée par les États-Unis et Israël. S’il persiste dans cette voie, le gouvernement ne sera pas garant de la souveraineté du Liban, à moins qu’il ne revienne sur sa décision », a déclaré Naïm Kassem. « Israël peut occuper, détruire et tuer, mais nous lui ferons face. Sans la résistance, Israël aurait atteint Beyrouth comme il a atteint Damas », a-t-il poursuivi.
Le chef du parti chiite a par ailleurs indiqué que « les États-Unis continuent d’imposer des sanctions au Liban ». « Les États-Unis continuent de nous priver de gaz. Ils travaillent jour et nuit pour empêcher la reconstruction. Ils fournissent à l’armée libanaise suffisamment d’armes pour qu’elle puisse mener des combats internes, mais lui refusent les armes qui lui permettraient de combattre Israël », a-t-il dit. Il a ensuite accusé l’administration Trump de vouloir « créer une zone économique dans le sud du Liban afin d’expulser les habitants et de céder cette zone à Israël ».
« Nous avons de nombreux partisans qui représentent plus de la moitié du peuple libanais, ainsi que des forces politiques influentes. Tous sont unis pour protéger les armes et la résistance libanaise (...) Quiconque veut nous désarmer sera en train d’arracher notre âme », a-t-il conclu.



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Bravo Mr KASSEM. Les courageux résistants sont les biens aimés. Heureusement qu'il reste des personnes non soumises au diktat des barbares. Ces mêmes personnes qui demandent votre désarmement ont déjà oublié vos derniers sacrifices contre daech. Comment avoir confiance avec les états qui approuvent ou tolèrent ce qu'il se passe à Gaza. Comprenons que pour ces gens il n'y a pas d'arabe meilleurs que les autres et qu'à leurs yeux nos vies ne valent pas les leurs et ce peu importe notre communauté. Soyons unis et souverain.
13 h 06, le 26 août 2025