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Société - Focus

Sécurité routière : un été meurtrier sur les routes libanaises

De janvier à mai 2025, 876 accidents ont déjà provoqué 162 décès et 1 034 blessés, selon les Forces de sécurité intérieure.

Sécurité routière : un été meurtrier sur les routes libanaises

Accident mortel sur la route Bseirma–Koura, dans le nord du Liban : un mort et plusieurs blessés, le 11 août 2025. Photo fournie par notre correspondant Michel Hallak

Chaque été, l’afflux de visiteurs au Liban plonge ses routes sombres et délabrées dans le chaos. En seulement dix jours, du 5 au 14 août 2025, 28 personnes sont mortes et au moins 93 ont été blessées dans des accidents de la route, selon le Centre de gestion du trafic. Des motos pliées et des voitures retournées font régulièrement la une, tandis que les embouteillages nourrissent les conversations quotidiennes. Le problème dépasse les conducteurs imprudents : l’effondrement économique du pays, déclenché en 2019, a affecté les infrastructures et leur entretien, et contraint beaucoup d’automobilistes à utiliser des véhicules anciens et des cyclomoteurs importés à bas prix. Réverbères défectueux, nids-de-poule et feux tricolores en panne aggravent les risques.

Face à la flambée d’accidents mortels, le ministre de l’Intérieur Ahmad Hajjar a convoqué, le 6 août, une réunion de son Comité de sécurité routière, inactif depuis 2019. Selon Kamel Ibrahim, président de l’Académie libanaise de sécurité routière, quatre chantiers y ont été évoqués : identifier les zones les plus dangereuses ; renforcer les unités de contrôle des Forces de sécurité intérieure (FSI), notamment vis-à-vis des deux-roues ; réparer les feux de circulation et caméras de surveillance à Beyrouth ; et lutter contre le vol de plaques d’égout, qui laisse des ouvertures béantes sur les routes.

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Le porte-parole des FSI, le général Joseph Moussallem, affirme que si la majorité des accidents sont causés par l’alcool et l’usage du téléphone au volant, l’absence d’éclairage et la dégradation des routes sont au cœur du problème. Des questions qui étaient absentes de la réunion du 6 août, selon Kamel Ibrahim, qui estime qu’il faudrait mener des expertises pour diagnostiquer le fond du problème et élaborer de véritables stratégies garantissant la sécurité routière.

Liban-Nord et Mont-Liban, cazas les plus mortels

En tout cas, les chiffres parlent d’eux-mêmes. Selon la Croix-Rouge, qui se base uniquement sur ses propres interventions, 40 personnes ont été tuées entre janvier et le 11 août, contre 49 sur l’année 2023. Les chiffres des FSI, publiés par l’Agence nationale d’information, divergent car ils dénombrent les cas judiciaires : 2 303 accidents en 2023 ont causé 439 morts et 2 726 blessés ; en 2024, 2 365 accidents ont fait 443 morts et 2 655 blessés. Sur les cinq premiers mois de 2025, 876 accidents ont déjà provoqué 162 décès et 1 034 blessés.

Les données de la Croix-Rouge révèlent aussi un contraste frappant concernant le profil des victimes. Les hommes de 18 à 30 ans sont de loin les plus touchés. En 2024, 863 femmes de ce même groupe d’âge ont été impliquées dans des accidents, contre 4 005 jeunes hommes. « Les conductrices ont tendance à être plus prudentes », observe Alexy Nehmé, chef du secteur nord du Mont-Liban pour la Croix-Rouge.

Les cazas du Liban-Nord et du Mont-Liban représentent plus de 65 % des accidents depuis début 2023, selon la Croix-Rouge. Alexy Nehmé cite des points noirs tels que les autoroutes Tabarja-Chekka, Zouk-Faraya et Kahalé, ainsi que la route de l’aéroport de Khaldé à Beyrouth et le tronçon Anfé-Qalamoun : axes mal éclairés, étroits et sans séparateurs. « Août n’est pas encore terminé et nous avons déjà 619 accidents », déplore-t-il. Et de préciser que quarante personnes sont dans un état critique, dont « la plupart décéderont ou subiront des séquelles à vie ».

Chaque été, l’afflux de visiteurs au Liban plonge ses routes sombres et délabrées dans le chaos. En seulement dix jours, du 5 au 14 août 2025, 28 personnes sont mortes et au moins 93 ont été blessées dans des accidents de la route, selon le Centre de gestion du trafic. Des motos pliées et des voitures retournées font régulièrement la une, tandis que les embouteillages nourrissent les conversations quotidiennes. Le problème dépasse les conducteurs imprudents : l’effondrement économique du pays, déclenché en 2019, a affecté les infrastructures et leur entretien, et contraint beaucoup d’automobilistes à utiliser des véhicules anciens et des cyclomoteurs importés à bas prix. Réverbères défectueux, nids-de-poule et feux tricolores en panne aggravent les risques.Face à la flambée d’accidents mortels, le...
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