Un barrage des Forces de sécurité intérieure au Liban, dans le cadre d’un plan sécuritaire. Photo d'archives Hussam Chbaro
Les Forces de sécurité intérieure ont récemment multiplié les confiscations de motos non enregistrées et la verbalisation de propriétaires de véhicules aux vitres teintées. À tel point que nombre de livreurs évitent de se déplacer sur leurs deux-roues lorsqu’ils sont informés de la présence d’un barrage sécuritaire sur leur itinéraire. « Il ne s’agit pas d’une campagne nationale à proprement parler. Mais d’un durcissement, ces deux dernières semaines, des mesures répressives à l’égard des mobylettes en situation irrégulière et des automobilistes enclins à équiper leurs véhicules de vitres teintées contrairement à la réglementation », explique vendredi à L’Orient-Le Jour une source sécuritaire sous couvert d’anonymat, précisant que ces infractions sont en nette hausse, sans pour autant révéler de chiffres.
Dans la foulée, les FSI ont mis en place « des barrages routiers volants, principalement à Beyrouth et dans le Mont-Liban, mais aussi dans l’ensemble du pays », indique la source précitée. Des arrestations ont également été rapportées, particulièrement d’étrangers en situation irrégulière ou de personnes recherchées. « Ces opérations sont routinières. Lorsque nous constatons des infractions routières, nous contrôlons forcément l’identité des conducteurs », précise encore la source précitée. Là aussi, aucune statistique n’est disponible sur le nombre d’arrestations en cette période de grande affluence de Libanais de la diaspora, et alors que les deux-roues, qui dans leur grande majorité ne respectent pas le code de la route, sont souvent responsables (et victimes) d’accidents de la route meurtriers.
Le Liban s’est doté en 2012 d’un nouveau code de la route qui n’a été mis en application qu’à partir de 2015. Mais il peine à faire respecter les règles routières essentielles, notamment les excès de vitesse, le port de la ceinture, la conduite à contresens, ou l’usage du téléphone portable au volant.
En mars dernier, le ministre de l’Intérieur, Ahmad Hajjar avait déjà appelé « à un renforcement des mesures de sécurité afin de réduire les incidents et les troubles récurrents, et d’assurer la sécurité des citoyens, à Beyrouth et à Tripoli ». Il avait souligné l’importance de la mise en œuvre des règles de sécurité routière afin de garantir une circulation plus sûre et fluide. Ces mesures avaient été prises durant le mois de ramadan dans les deux villes. Au printemps 2024, en pleine guerre entre Israël et le Hezbollah, l'ex-ministre de l’Intérieur, Bassam Maoulaoui, avait annoncé l’installation de barrages et de patrouilles de la Sécurité de l’État sur la route de l’aéroport à Beyrouth, suite à l’agression d’un certain nombre d’automobilistes.



Pour rendre le peuple responsable et lui insuffler un brin de civilité, il faut frapper aux porte-monnaies. Tous les pays occidentaux l’ont fait et ont eu des résultats concluants. Ça devrait être fait dans toutes les régions du pays pour ne pas créer un sentiment d’injustice et aucun ne sera froissé. Commencez par faire fonctionner les feux de signalisations et les faire respecter avec un contrôle permanent jusqu’à ce cela devienne un reflex chez les libanais. Les rue dans notre pays ressemblent à une jungle comme tout le reste du pays.
11 h 22, le 03 août 2025