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Politique - Diplomatie

En parallèle à ses efforts avec Israël, la Syrie tente un rapprochement avec le Liban

Une délégation syrienne est attendue à Beyrouth la semaine prochaine.

En parallèle à ses efforts avec Israël, la Syrie tente un rapprochement avec le Liban

Le Premier ministre libanais Nawaf Salam et le président syrien Ahmad el-Chareh, à Damas, le 14 avril 2025. Photo X/@grandserail

L'accord de sécurité entre Israël et la Syrie avance à petits pas... Mais qu'en est-il du Liban? Après l'entretien (reconnu publiquement par Damas) à Paris entre le ministre syrien des Affaires étrangères, Assaad el-Chaibani, et le ministre israélien des Affaires stratégiques, Ron Dermer, à Paris, tous les regards sont rivés sur New York.

En septembre, le président syrien, Ahmad el-Chareh, devrait s'y rendre pour participer aux travaux de l’Assemblée générale des Nations unies. Dans ce contexte, les tentatives américaines se multiplient pour assurer la tenue d’une rencontre, d’une poignée de main ou même d’un simple salut entre M. Chareh et le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu.

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Mais Damas tente également d'aller de l'avant dans ses relations avec le Liban. Ce dossier reste présent pour Ahmad el-Chareh, qui se dit prêt à développer, améliorer et activer le travail diplomatique entre les deux pays. La Syrie estime que la véritable porte d’entrée vers ce rapprochement passe par le règlement du dossier des détenus syriens. Des sources informées révèlent que la Syrie accorde une grande importance à cette question et cherche à obtenir la libération de tous les prisonniers concernés comme porte d’entrée effective à l’amélioration des relations avec le Liban. Les mêmes sources affirment que Damas s’attendait à un geste de bonne volonté de la part du Liban, consistant à libérer ces détenus sans même en recevoir la demande. Mais Beyrouth a refusé, considérant qu’il fallait mettre en place un cadre légal à cette fin.

Les détenus syriens au Liban se répartissent en trois catégories : les condamnés pour délits, les condamnés pour crimes et ceux qui n’ont pas encore été jugés. La Syrie réclame la restitution de tous pour qu’ils soient jugés ou purgent leurs peines sur son territoire. Selon nos informations, Damas a formé une délégation composée de responsables des ministères des Affaires étrangères, de l’Intérieur, de la Justice et des services de renseignements. Elle est attendue au Liban la semaine prochaine pour négocier la signature d’un accord permettant le transfert des détenus vers la Syrie. À Damas également, on accorde de l’importance au sort des détenus libanais ayant soutenu la révolution syrienne. Les autorités considèrent que leur arrestation est due à leur soutien à la révolution et qu’il est désormais temps de les libérer.

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En parallèle, la délégation discutera d’autres dossiers, parmi lesquels l’organisation des mécanismes d’entrée et de sortie des citoyens syriens au Liban ainsi que l’amélioration de leur traitement, Damas estimant qu’ils sont exposés à des « harcèlements et mauvais traitements ». La Syrie souhaite également évoquer les campagnes d'arrestations massives pour des motifs tels que l’absence de papiers ou l’entrée clandestine au Liban et le renforcement du travail commun pour contrôler la frontière et empêcher la contrebande d’armes et de drogues. Dans ce cadre, la délégation devrait aborder la mise en place d’un mécanisme visant à une délimitation définitive de la frontière.

Après l’achèvement de ces dossiers, il est prévu de passer à une nouvelle étape de la relation, comprenant la relance du travail diplomatique et la nomination d’ambassadeurs dans les deux pays ainsi que l’examen de projets commerciaux communs qui permettraient au Liban de bénéficier des routes de commerce et de transit mais aussi des secteurs de l’énergie et du pétrole. Dans ce cadre, la possibilité de faire du Liban l’un des points de départ essentiels pour la reconstruction de la Syrie sera étudiée.

Alors que le Liban s’emploie à organiser et améliorer sa relation avec la Syrie, sous impulsion américaine et arabe, et avec un parrainage saoudien pour le dossier du contrôle et de la délimitation de la frontière, il reste confronté aux défis israéliens et attend la réponse que l’émissaire Tom Barrack rapportera de Tel-Aviv à sa proposition. Cela intervient parallèlement à l’échéance du renouvellement du mandat de la Force des nations unies au Liban (Finul), Washington exigeant que sa mission au Liban soit limitée dans le temps avant un retrait complet. Pour les États-Unis, ce retrait est lié à un point essentiel : pousser vers une situation de fin du conflit entre le Liban et Israël, et peut-être vers une nouvelle étape des relations. À plusieurs reprises à Beyrouth, Tom Barrack a insisté sur « la nécessité d’améliorer les relations avec les voisins » et évoqué la perspective de paix régionale. Ces signaux ne peuvent être séparés des pas entrepris par la Syrie en direction d'Israël. Ce qui pousse certains au Liban à lire les développements à travers la loupe syrienne : et si la pression américano-israélienne sur Beyrouth visait à pousser à des négociations directes avec Tel-Aviv ?

L'accord de sécurité entre Israël et la Syrie avance à petits pas... Mais qu'en est-il du Liban? Après l'entretien (reconnu publiquement par Damas) à Paris entre le ministre syrien des Affaires étrangères, Assaad el-Chaibani, et le ministre israélien des Affaires stratégiques, Ron Dermer, à Paris, tous les regards sont rivés sur New York.En septembre, le président syrien, Ahmad el-Chareh, devrait s'y rendre pour participer aux travaux de l’Assemblée générale des Nations unies. Dans ce contexte, les tentatives américaines se multiplient pour assurer la tenue d’une rencontre, d’une poignée de main ou même d’un simple salut entre M. Chareh et le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu. À lire aussi Pour la première fois en 25 ans, Damas assume d’avoir des contacts directs avec Israël...
commentaires (6)

Il faut que le Liban fasse de même pour que tous les terroristes au Liban comprennent qu’ils n’ont plus rien à faire sur notre sol, puisque leur pseudo ennemi n’est plus le nôtre. Ils fanfaronnent face à un pays démuni qu’ils ont sapé en amont pour pouvoir continuer à imposer leur diktat avec la terreur, convaincus de son impuissance à les combattre seul. Emboîtons le pas à ces fossoyeurs, et montrons leur que pour récupérer notre souveraineté nous serons disposés à pactiser avec les alliés de notre choix comme le font eux, sans aucun cas de conscience, pour enfin sauver notre souveraineté.

Sissi zayyat

11 h 52, le 22 août 2025

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Commentaires (6)

  • Il faut que le Liban fasse de même pour que tous les terroristes au Liban comprennent qu’ils n’ont plus rien à faire sur notre sol, puisque leur pseudo ennemi n’est plus le nôtre. Ils fanfaronnent face à un pays démuni qu’ils ont sapé en amont pour pouvoir continuer à imposer leur diktat avec la terreur, convaincus de son impuissance à les combattre seul. Emboîtons le pas à ces fossoyeurs, et montrons leur que pour récupérer notre souveraineté nous serons disposés à pactiser avec les alliés de notre choix comme le font eux, sans aucun cas de conscience, pour enfin sauver notre souveraineté.

    Sissi zayyat

    11 h 52, le 22 août 2025

  • Bien d'accord avec le francophone, l'adage "chacun chez soi et. .... " n'a jamais autant fait sens, ensuite remise à plat des permis séjour/travail dans le cadre des Lois et de besoins des deux pays.

    Avette

    11 h 45, le 22 août 2025

  • "" libérer ces détenus sans même en recevoir la demande. Mais Beyrouth a refusé, considérant qu’il fallait mettre en place un cadre légal à cette fin "" wow mollo mollo ! le nouveau pres. "intitule" chareh et ses acolytes ? il leur faudra peaucoup plus de temps que ca pour comprendre un tant soit peu le sens et la necessite de ce qu'est UN CADRE LEGAL...

    L’acidulé

    11 h 18, le 22 août 2025

  • C'est un double test pour le Liban. Est ce ce que l'internationale du crime qu'est le Hezballah laissera le Liban Officiel faire un deal avec les syriens? Est ce que si ce deal est fait, le Deep State mettra des batons dans les roues? N'oublions pas que la population concernée a été un des pretextes utilisés par le hezballah pour détourner l'attention de ses propres méfaits.

    Moi

    10 h 37, le 22 août 2025

  • :... et si la pression américano-israélienne sur Beyrouth visait à pousser à des négociations directes avec Tel-Aviv ?" Et alors?

    Pierre Christo Hadjigeorgiou

    09 h 57, le 22 août 2025

  • La délimitation des frontières, le contrôle des frontières et le retour des réfugiés.Je serais pour le renvoi de tous les prisonniers syriens des prisons libanaises À CONDITION de renvoyer AUSSI tous les pseudos réfugiés syriens occupant civilement le pays. Oui au renvoi global mais total. Ce serait un bon deal non? Pas la peine de garder les prisonniers accusés de terrorisme dans nos prisons…il existe des terroristes en nombre, en liberté qu.ils soient du Hezbollah ou du Hamas… donc allégez places dans les prisons et renvoyez les syriens APRÈS AVOIR BOUCLÉ ET BIEN CONTRÔLÉ NOS FRONTIÈRES

    LE FRANCOPHONE

    01 h 57, le 22 août 2025

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