Je viens de revenir d’un rendez-vous à la CNSS.
Je suis retraitée depuis quatre ans et, dès la fin de mon travail, je me suis empressée de m’inscrire à la CNSS comme retraitée et donc de régler régulièrement mes cotisations mensuelles qui étaient relativement modiques. Jusqu’au jour où je me suis rendu compte, un an plus tard, que le jeu n’en valait pas la chandelle, sachant que les primes de cotisation se sont gonflées progressivement mais de façon exponentielle au vu des remboursements médicaux qui étaient vraiment dérisoires. Donc je me suis abstenue de régler lesdites cotisations et, par conséquent, de me faire rembourser pour mes frais médicaux.
Trois ans plus tard, voulant, en bonne citoyenne, régler mon dû, j’ai appris qu’il me fallait débourser 40 millions de livres libanaises (soit environ 450 dollars) dont près de 5 millions de frais de pénalité. J’ai été – à contrecœur – payer ce montant, et là j’ai appris que la prime mensuelle avait aussi augmenté, à partir de ce mois, de 40 % environ, soit de 1,8 million de livres libanaises à plus de 2,5 millions de livres libanaises.
Sachant qu’une personne retraitée (dans le secteur bancaire et autres) ne reçoit plus de salaire et donc n’a plus de rentrées et que, par ailleurs, toutes ses économies thésaurisées précieusement dans les banques libanaises ont été confisquées par ces dernières (pour ne pas dire volatilisées...), les augmentations chroniques et élevées des cotisations mensuelles à la CNSS sont complètement injustifiées au regard des avantages reçus, à savoir des règlements de consultations médicales de spécialistes plafonnés à 1,6 million de livres libanaises et des remboursements aléatoires de médicaments (à 80 %) au prix des génériques !
Pour ces raisons, sans compter les formalités, efforts et démarches à accomplir et tout le temps perdu pour obtenir enfin son chèque de remboursement qui s’avère nettement en deçà des montants déjà déboursés, on ne pense plus qu’à se retirer de cette CNSS.
Mais c’est là que le bât blesse : impossible ! En effet, une fois dedans, interdit d’en sortir ! Oui, vous avez bien saisi ; c’est comme qui dirait un « mariage maronite » ou une condamnation à perpétuité... On ne vous permet pas de vous retirer de la CNSS et, même si vous n’avez pas de rentrées financières et que vous n’avez plus les moyens de les régler, vous resterez obligé de cotiser à la CNSS !
Monsieur le directeur, pouvez-vous m’expliquer, à moi ainsi qu’à des milliers de Libanais dans mon cas, quelle est votre logique dans cette décision de pénaliser des gens qui ont à peine de quoi survivre, en l’absence d’un salaire de retraite, qui est la règle dans tous les pays évolués ?
Et si l’argument des moyens modestes de la CNSS est valable, alors pourquoi exiger des cotisations de plus en plus élevées au regard des maigres compensations obtenues ? Il est vrai que la somme mensuelle de 2,5 millions peut paraître dérisoire actuellement (une trentaine de dollars), mais pour les retraités sans revenus et sans un compte accessible en banque, cela n’est pas négligeable et ne fait qu’obérer leur budget. En revanche, et pour faire entrer des sous à la CNSS, il serait plus judicieux et plus équitable de répercuter les hausses des tarifs sur les sociétés et autres institutions comme les banques et de réduire les cotisations des retraités.
Je sais que le ministre du Travail a d’autres chats à fouetter actuellement, mais il serait urgent et indispensable de revoir dans le sens d’une plus grande équité les décisions de la CNSS.
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