La destruction à Aïta el-Chaab (caza de Bint Jbeil), le 28 janvier 2025. Mohammad Yassine/L’Orient-Le Jour.
Une « coalition des habitants des villages frontaliers du Sud » constituée dimanche a organisé une conférence de presse à 11 heures à Kfar Jouz (caza de Nabatiyé) afin de réclamer de la part de l'État libanais et « des parties concernées » la reconstruction des zones sinistrées, et une série d'indemnisations et d'aides pour les familles.
Cette annonce a été faite alors que le Hezbollah doit avoir évacué la région au sud du Litani dans le cadre de l'accord de cessez-le-feu de novembre dernier, et que l'État s'est engagé à désarmer le parti chiite dans tout le territoire libanais avant la fin de l'année.
Se présentant comme étant « ni affilié ni opposé à aucun parti politique », bien que prenant sa source dans un environnement largement acquis au Hezbollah, la « coalition » a d'abord tenu à rejeter « toutes les rumeurs sur des zones tampons vidées de leurs habitants, car cette terre a des propriétaires qui ne l’abandonneront pas ».
Israël est accusé de vouloir créer une zone tampon au Liban-Sud pour garantir sa sécurité à sa frontière Nord, après avoir largement détruit les villages frontaliers lors de la dernière guerre contre le Hezbollah, qui a commencé le 8 octobre 2023, et alors qu'il poursuit ses attaques presque quotidiennement sur diverses infrastructures vitales. Il maintient par ailleurs son armée sur cinq points qu'il estime stratégique sur des collines libanaises près de la frontière, en violation de l'accord de cessez-le-feu entré en vigueur le 27 novembre 2024.
« Quant aux 'cinq points', ce ne sont pas des points, mais des milliers de kilomètres abreuvés de notre sang, de nos larmes et de notre sueur… Parmi eux, des villages entiers sont encore occupés, comme celui de Hounine, qui avait été reconstruit sur ce qui restait de Hounine détruit et occupé en 1948, et qui se voit aujourd’hui occupé et détruit une seconde fois », dénonce le communiqué de la « coalition ».
« Le taux de retour ne dépasse pas les 10 % »
Dénonçant le fait que « des dizaines de milliers de déplacés sont encore dispersés à travers le pays, certains étant toujours réfugiés dans des écoles », et que le « taux de retour ne dépasse pas 10 % de la population d’avant-guerre », la « coalition » a adressé quatorze demandes à l'État libanais « et à toutes les parties concernées », dont la reconstruction des zones détruites, le versement des indemnisations aux sinistrés, des soins médicaux et une éducation gratuite, le retrait des dépôts bloqués dans les banques, ou encore le versement d’un montant mensuel d’au moins 300 dollars par famille à titre d’allocation de logement.
« Nous frapperons à toutes les portes et mènerons toutes les formes de mobilisation possibles et disponibles, de manière démocratique, légale, positive, pacifique » précise le communiqué.
Depuis le cessez-le-feu, le Hezbollah n'a de cesse d'en appeler à l'État libanais pour financer la reconstruction des zones détruites, tandis que les sources d'approvisionnement du parti chiite se sont largement taries, notamment suite à la chute du régime Assad en Syrie en décembre 2024, renversé par une coalition islamiste hostile au Hezbollah, coupant les voies d'approvisionnement terrestres depuis l'Iran, et à la reprise en main progressive du port et de l'aéroport de Beyrouth par l'État libanais.
Cette demande des villageois intervient alors que la conférence internationale d’aide à la reconstruction des zones détruites au Liban, que l'État ne peut prendre en charge en raison de son coût exorbitant, n'est prévue qu’à la dernière étape du désarmement du Hezbollah, qui doit être achevé à la fin décembre, selon la feuille de route adoptée en Conseil des ministres le 5 août dernier.



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Tu dois m’aider pour pouvoir vous aider , vous devez nous aider à s’en débarrasser de vos patrons iraniens déguisés par le Hezbollah pour pouvoir vous prendre en charge complètement et vous intégrer dans le Liban libre
13 h 21, le 18 août 2025