Le siège de la direction générale des Finances, dans le secteur du Palais de justice à Beyrouth, le 18 janvier 2023. Photo d’illustration P.H.B.
Standard & Poor's Global Ratings a relevé en fin de semaine dernière la note de crédit à long terme du Liban en livres libanaises de « CC » à « CCC », tout en maintenant une perspective stable et en confirmant sa note en devises (les eurobonds) à « SD » (défaut sélectif).
C’est la première fois que S&P revoit à la hausse l’évaluation de la dette souveraine libanaise, même si cela ne concerne que les bons du Trésor. Le gouvernement libanais a repris en 2024 le paiement des coupons sur ses bons du Trésor, dont il avait cessé le service en 2021.
Excédents budgétaires et réformes
L’agence de notation explique avoir pris cette décision en raison de la capacité croissante du gouvernement à honorer sa dette en livres, rendue possible « par des excédents budgétaires au cours des deux dernières années », ainsi que par les avancées réalisées dans les réformes nécessaires pour accéder à un nouveau programme du Fonds monétaire international (FMI). Ces excédents ont pu être dégagés parce que le pays n’a toujours pas totalement compensé la dépréciation des rémunérations dans la fonction publique provoquée par la dévaluation de la livre, ne rembourse plus sa dette en dollars depuis mars 2020 et a réduit les investissements publics au minimum.
Au niveau des réformes, le Parlement a voté en avril dernier une loi aménageant le secret bancaire de manière à l’adapter aux standards internationaux, ainsi qu’une loi de résolution bancaire pendant l’été. Le pays a cependant encore du travail pour convaincre le FMI de lui accorder une assistance financière soumise à des conditions de réformes. S&P souligne que d’importants défis persistent, et ne s’attend pas à des progrès majeurs sur la restructuration de la dette avant les élections législatives de mai 2026, cinq ans après le défaut du Liban sur ses eurobonds. L'agence souligne aussi que la fragilité du cessez-le-feu conclu en novembre dernier entre Israël et le Hezbollah continue de peser sur les perspectives de reprise économique.
S&P prévoit en outre une croissance modeste de 2,3 % en moyenne annuelle en 2025-2026. La dette publique nette du pays devrait reculer à 113 % du PIB d’ici à fin 2025, contre environ 240 % en 2022, grâce à l’amélioration des performances budgétaires, à la stabilisation du taux de change et à la forte croissance nominale du PIB portée par l’inflation, s’attend encore l’agence. Elle prévoit enfin que le déficit du compte courant du Liban restera élevé, mais se réduira à une moyenne de 18 % du PIB au cours des prochaines années, contre une moyenne de 23 % en 2023-2024.
Les eurobonds du Liban – titres de dette libellés en dollars – ont bondi de 11 % au cours de la dernière semaine, clôturant à 19,75 cents pour un billet vert mercredi dernier, leur plus haut niveau en deux ans.


Je suis navrée pour la note et encore plus navrée de lire le nom du ministère en anglais. Mais que fait Macron??? Je commencerais par demander le retour du français comme seconde langue. La France est vraiment bien bête dans ses relations internationales et particulièrement au Liban qui lui crie "au secours"...En anglais?
13 h 14, le 18 août 2025