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Lifestyle - Mode

« Arts & Culture Magazine » : le luxe en papier de Chanel

Le « Chanel Arts & Culture Magazine » – volume 1, paru en juin 2025 est déjà un collector.

« Arts & Culture Magazine » : le luxe en papier de Chanel

Couverture du vol. 1. Photo Chanel/ Roe Ethridge/Jacques Lipchitz

Un magazine. 250 pages. Une couverture énigmatique où un buste cubiste de Gabrielle Chanel, sculpté par Jacques Lipchitz en 1921, porte les lunettes métalliques d’un défilé automne-hiver 2002. La photographie est signée Roe Ethridge. L’objet, lui, est signé Chanel. Et tout dans sa conception affirme une ambition de rappeler que l’intelligence est inséparable de la beauté.

Le « Chanel Arts & Culture Magazine » – volume 1, paru en juin 2025, n’est pas un simple supplément de marque. C’est une lettre d’amour à la pensée, à la création, à la transmission, uniquement distribué dans vingt-trois librairies indépendantes à travers le monde, de Tokyo à Londres en passant par Paris, Zurich ou Bangkok. On ne le trouvera pas en ligne. Il faudra aller le chercher et ce sera comme une chasse au trésor. Il faudra alors le feuilleter lentement, délicatement, avant de l’aligner comme un précieux collector avec d’autres magazines devenus cultes dès leur parution.

On pense évidemment à Égoïste, le magazine culte lancé en 1977 par Nicole Wisniak, tout en noir et blanc, tout en exigence et mystère. Même goût du papier somptueux, même ambition de faire cohabiter grands auteurs, artistes et photographes dans un espace libre. On pense aussi à Visionaire, revue d’art et de mode lancée dans les années 1990, chaque numéro conçu comme une œuvre unique, entre livre d’artiste et boîte à surprises. Les anciens numéros sont introuvables, parfois vendus par de grandes maisons de vente aux enchères. Dans la même catégorie de publications, on peut ajouter The Gentlewoman, qui dans un style plus contemporain, explore le féminin par l’interview et la mise en scène, avec intelligence et précision.

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Et si ce premier volume ne ressemble à aucun autre, il dialogue pourtant avec une constellation éditoriale aussi sélective que visionnaire. « Chanel Arts & Culture » puise dans son propre patrimoine et dans une certaine idée française de la culture comme force motrice. L’initiative vient de Yana Peel, à la tête des programmes culturels de Chanel depuis 2020. Ancienne directrice de la Serpentine Gallery à Londres, elle est persuadée que les grandes maisons ne doivent plus se contenter de sponsoriser. Elles doivent cocréer. Produire du sens, donner la parole, tisser des réseaux d’idées. Chanel veut faire de ce périodique l’écrin d’un écosystème plus vaste : le Chanel Culture Fund lancé en 2021, qui soutient musées, projets artistiques et artistes émergents dans le monde entier. Le Chanel Next Prize, qui repère les talents en avance sur leur temps. Les Chanel Art Partnerships qui irriguent le Centre Pompidou, le GES-2 de Moscou ou la National Portrait Gallery.

Dans les pages de ce premier volume, on retrouve Tilda Swinton, qui parle d’avant-garde et d’icônes. L’artiste numérique Refik Anadol, qui explore les données comme matière sensible. La plasticienne Tracey Emin, la vidéaste Cao Fei, la réalisatrice Savanah Leaf. Mais aussi l’architecte Peter Marino, l’historienne de l’art Rose Lee Goldberg, et une poignée de lauréats du Next Prize, chacun à l’intersection de disciplines nouvelles.

Il ne s’agit donc pas de vendre des produits Chanel, mais d’inviter le lecteur et la lectrice à penser, rêver, archiver le présent. Un geste à contre-courant des flux digitaux qui saturent nos vies. Ici, chaque texte s’offre comme une respiration. Et chaque image s’inscrit dans une narration qui transcende la mode pour rejoindre l’art et l’idée.

À travers ce projet, Chanel nous rappelle que le luxe, au-delà de la matière, est avant tout récit. Gabrielle Chanel, en son temps, avait déjà compris que les vêtements pouvaient être porteurs d’émancipation et de langage. Aujourd’hui, sa maison reprend la parole à travers un autre support. Progressivement abandonnées en raison de son coût et de la défection d'une nouvelle génération qui s’informe à travers les médias numériques et les réseaux sociaux, les publications papier deviennent elles-mêmes objets de luxe. Et elles se comportent comme telles, visant l’excellence et la rareté.

Ce premier volume est à saisir comme un livre-revue qui raconte son époque tout en la dépassant. Un collector, mais surtout un catalyseur. Dans un monde saturé d’images, où la culture est souvent reléguée au second plan des algorithmes, ce geste éditorial de Chanel est une invitation au plaisir et à la lenteur. Il offre une nouvelle occasion de reprendre le temps d’écouter les artistes et de flatter ses cinq sens au détour d’une page.

Un magazine. 250 pages. Une couverture énigmatique où un buste cubiste de Gabrielle Chanel, sculpté par Jacques Lipchitz en 1921, porte les lunettes métalliques d’un défilé automne-hiver 2002. La photographie est signée Roe Ethridge. L’objet, lui, est signé Chanel. Et tout dans sa conception affirme une ambition de rappeler que l’intelligence est inséparable de la beauté.Le « Chanel Arts & Culture Magazine » – volume 1, paru en juin 2025, n’est pas un simple supplément de marque. C’est une lettre d’amour à la pensée, à la création, à la transmission, uniquement distribué dans vingt-trois librairies indépendantes à travers le monde, de Tokyo à Londres en passant par Paris, Zurich ou Bangkok. On ne le trouvera pas en ligne. Il faudra aller le chercher et ce sera comme une chasse au trésor. Il faudra...
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