Le PDG du Crédit national, Nader Hariri. Photo d'archives OLJ
Le procureur général financier, Maher Cheaïto, a interrogé, jeudi, le président du conseil d’administration du Crédit national, Nader Hariri, un cousin et ex-conseiller de l’ancien chef de gouvernement Saad Hariri, sur base de plaintes pour faillite frauduleuse, abus de confiance et détournement de fonds. Ces plaintes avaient été présentées en juillet dernier par quatre investisseurs, clients de cette banque. Le magistrat n’a pris aucune mesure contre le banquier, ni contre le directeur du Crédit national, Rodolphe Atallah, également convoqué à l’audience. Selon nos informations, les deux hommes ont présenté au juge Cheaïto un projet de règlement avec les investisseurs en question, conclu suite au litige lié à une opération immobilière à Bachoura (Beyrouth), dans laquelle Nader Hariri aurait vendu à ces clients des biens-fonds assortis d’une option de rachat. Quelque temps après la transaction, M. Hariri aurait demandé la restitution de ses biens au profit du Crédit national, en vue de les revendre à la Banque du Liban, avec promesse de verser le produit de cette revente dans les comptes des investisseurs au Crédit national, à condition qu’ils n’y touchent pas, le temps que M. Hariri les rembourse progressivement. Or Nader Hariri n’aurait pas respecté ses engagements, invoquant, pour reporter les paiements, des « circonstances exceptionnelles ». Le Crédit national aurait ensuite poussé les investisseurs à signer des documents reconnaissant que Nader Hariri était le titulaire du droit économique sur les biens immobiliers en question, au motif qu’ils lui avaient cédé leur droit de restitution. Lorsque les investisseurs ont tenté de retirer leurs fonds, la banque s’y serait opposée, invoquant d’abord une « crise de liquidités », puis affirmant que Nader Hariri détenait effectivement le droit économique sur lesdits comptes.
Selon une source judiciaire, il se serait agi « de différends sur les contrats conclus entre les deux parties », qui auraient été finalement réglés. Le juge Cheaïto devrait rendre une décision la semaine prochaine, dans laquelle il déterminera s’il convient d’engager des poursuites contre les deux responsables bancaires, ou si, en raison de l’abandon des droits des plaignants, il n’engagera pas d’action publique.
Selon la loi, si les faits relèvent de crimes (détournement de fonds, faillite frauduleuse), l’action publique se poursuit, même en cas de retrait de la plainte privée. Si l’infraction est qualifiée de délit (abus de confiance), le parquet pourrait renoncer aux poursuites, l’affaire ayant un caractère financier et pouvant être résolue par la restitution des fonds dus.
Nader Hariri et Rodolphe Atallah avaient été convoqués par Dora el-Khazen, qui occupait par intérim le poste de procureur général financier, avant que le juge Cheaïto ne soit titularisé à ce poste en vertu d’un décret pris en Conseil des ministres, le 11 juillet. Le nouveau procureur a commencé à exercer ses nouvelles fonctions le 5 août. Entre-temps, la magistrate a convoqué, le 26 juillet, MM. Hariri et Attallah à un interrogatoire auquel il ne se sont pas présentés, ce qui l’a conduite à prononcer à leur encontre une interdiction de voyage et à leur fixer l’audience que le juge Cheaïto a tenue jeudi.



Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine
Je me demande comment des individus sans competences aucune, se retrouvent catapultés a la tete d' institutions financières ? Signe de la banqueroute totale du système !
15 h 35, le 08 août 2025