Le président du conseil d’administration du Crédit national, Nader Hariri. Photo prise de son compte X.
La procureure générale par intérim auprès du parquet financier, Dora el-Khazen, a signifié mardi une interdiction de voyager au président du conseil d’administration du Crédit national Nader Hariri, un cousin de l’ancien chef du gouvernement Saad Hariri, sur la base de plaintes pour faillite frauduleuse, abus de confiance et captage de fonds. Les plaintes ont été déposées par des clients du Crédit National. Une mesure similaire a été adoptée contre le directeur provisoire de la banque, Rodolphe Atallah, désigné par la Banque du Liban. L'information a été confirmée à L'Orient-Le Jour par une source judiciaire haut placée.
Selon des informations concordantes, les deux hommes avaient été convoqués mardi pour une audience d’interrogatoire à laquelle ils n’ont pas comparu. M. Hariri aurait prétendu n’avoir pas été notifié, alors que M. Haykal aurait adressé à la magistrate un justificatif de son absence.
Selon le site Lebanon Debate, Nader Hariri aurait proposé à quatre investisseurs (deux hommes d'affaires et deux sociétés) la vente de biens immobiliers qu’il possède dans le quartier Bachoura à Beyrouth, dans le cadre d’un accord lui permettant d’en récupérer la propriété un an et demi après la date de la vente (vente avec option de rachat). Cependant, environ un an et deux mois après la transaction, M. Hariri aurait demandé la restitution de ses biens au profit du Crédit National, avec l’intention que son établissement les revende à la Banque du Liban, et que le produit de la vente soit déposé sur les comptes des investisseurs au Crédit National. Toujours selon Lebanon Debate, dans l’intervalle entre la vente des biens à la banque et le dépôt de l'argent sur les comptes des quatre partenaires, un nouvel accord a été conclu à la demande de Nader Hariri, dans lequel les partenaires ont accepté de maintenir les fonds provenant de la vente dans leurs comptes au Crédit National. Dans cette transaction, M. Hariri s’engageait personnellement à rembourser les montants graduellement selon des modalités sur lesquelles les parties s'étaient entendues.
Or, Nader Hariri n’aurait pas respecté l’accord, selon Lebanon Debate. Il aurait reporté les paiements à plusieurs reprises, invoquant des « circonstances exceptionnelles ». Le Crédit National aurait ensuite poussé les investisseurs, par l’intermédiaire de sa conseillère juridique, à signer des documents reconnaissant que Nader Hariri était le titulaire du droit économique sur les biens, au motif qu’ils lui avaient cédé leur droit de restitution. Lorsque les investisseurs ont tenté de retirer leurs fonds au vu du non-respect par M. Hariri de ses engagements, la banque a refusé, invoquant d’abord une « crise de liquidité », puis affirmant que Nader Hariri détenait effectivement le droit économique sur lesdits comptes.

