Le secrétaire général du Hezbollah Naïm Kassem prononçant son discours le mardi 5 août 2025. Capture d'écran de la chaîne al-Manar
Alors même que le Conseil des ministres débattait mardi pour la première fois de la question du désarmement de son parti et du monopole de l’État sur les armes, le secrétaire général du Hezbollah Naïm Kassem a prononcé un discours dans lequel il a réitéré son refus de remettre les armes, surtout dans un contexte d’agressions israéliennes continues. « Aucun calendrier censé être appliqué sous le feu de l’agression israélienne ne peut être accepté », a affirmé Naïm Kassem lors d'un discours télévisé. Il a appelé l’État à « élaborer des plans pour faire face à la pression », et non à « priver la résistance (le Hezbollah) de ses capacités et de sa force ».
Tout au long de son intervention, le chef du Hezbollah semblait s’adresser au Conseil des ministres réuni à Baabda sous la présidence du président de la République Joseph Aoun. « La déclaration ministérielle parle de renforcer la souveraineté, mais est-ce en abandonnant les armes, selon les exigences d’Israël, des États-Unis et de certains pays arabes, que l’on renforce la souveraineté ? », s’est-il insurgé. Et de poursuivre : « Cette même déclaration évoque la dissuasion des agresseurs (israéliens de poursuivre leurs attaques). Mais où est l’État qui écarte les menaces pesant sur le Liban ? Où est la défense des frontières et des points sensibles ? Si vous reconnaissez en être incapables, alors laissez-nous préserver cette capacité et la renforcer. »
« Vous devez être favorables à l’arrêt de l’agression, au retrait de l’occupation (israélienne de cinq points au Liban-Sud), à la reconstruction (des régions détruites lors de la dernière guerre) et à la libération des détenus (du parti dans les geôles israéliennes), suite à quoi vous pourrez aborder le sujet que vous voulez », a ajouté Naïm Kassem. Avant de s’insurger : « Alors que nous nous attendions à un débat autour d’une stratégie de sécurité nationale, voilà que la remise des armes est devenue le sujet principal sur la table ».
Selon lui, « l’État doit faire comprendre à la communauté internationale qu’il est responsable de la protection de ses frontières sud et est, et qu’il en assume cette responsabilité. Personne ne peut priver le Liban de sa force ni l'empêcher d’être digne ». « Ceux qui ont fait des sacrifices et libéré le pays sont plus patriotes que ceux qui ont saccagé la patrie et tué des citoyens », a-t-il encore affirmé, probablement en référence aux détracteurs de son parti.
« L’État devrait mettre en place des mesures pour assurer la protection, et non dépouiller ses citoyens et sa résistance de leur force. C’est la mission qu’il doit accomplir. Donnez-nous plutôt un calendrier et des étapes concrètes pour dissuader l’agresseur », a-t-il encore lancé. « Personne ne devrait ressentir de pression pour recourir à des pressions internes, car l'intérêt du Liban exige que tout le monde sache que ce pays a sa propre spécificité. Nous devons faire face à l'Occident, aux États-Unis et à toutes les parties qui exercent des pressions », a ajouté Kassem à l'adresse de l'Etat en référence aux pressions américaines notamment exercées sur le gouvernement libanais.
« Une partie de Taëf »
Dans son discours, le secrétaire général du Hezbollah n’a pas proféré des accusations et des menaces, mais a semblé soucieux de remettre la « résistance » au centre de la vie politique du pays et garder le contact avec les autorités. « La résistance fait partie de la Constitution de Taëf, elle y est explicitement mentionnée et relève du Pacte national », a-t-il dit. « Venez qu'on discute d’une stratégie de sécurité nationale qui prenne en considération la force du Liban, au lieu de fixer un calendrier pour le désarmement », a-t-il poursuivi.
Il a assuré tenir à ce que la « coopération » entre le Hezbollah, le président de la République, le Premier ministre et le chef du Législatif « demeure forte ». « Nous sommes attachés au dialogue, à la compréhension et à la coopération. Ce pays a avancé grâce aux sacrifices et au sang versé. Nous devons discuter entre nous de ce qui concerne le Liban, et mettre de l’ordre dans notre situation interne dans un esprit de coopération et de compréhension. C’est un pays où des sacrifices et du sang ont été versés, et nous ne permettrons à personne de nous imposer des diktats », a-t-il dit. Et d'insister : « La résolution de toute crise au Liban ne peut se faire que par le consensus, ce qui est une question stratégique et fondamentale que nous devons accomplir à travers les institutions, l'armée et la résistance, qui font partie intégrante de ce tissu national. »
« L’agression ne s’arrêtera pas »
Comme prévu, Naïm Kassem n’a ménagé ni Israël ni les États-Unis, qui font pression pour son désarmement auprès des autorités libanaises. « L’intérêt d’Israël est d’éviter une guerre de grande ampleur, car la Résistance, l’armée et le peuple se défendront, et des roquettes s’abattront à l’intérieur même de l’entité. Toute la sécurité qu’il a construite en huit mois peut s’effondrer en une heure », a-t-il lancé.
Et d’ajouter : « Si nous remettons nos armes, l’agression ne cessera pas. Ce sont les responsables israéliens eux-mêmes qui le disent. L’agression est le problème, pas les armes. La solution est de posséder la force, pas de s’en défaire. » Il a rappelé que « la résistance a facilité à l'État toutes les démarches qui lui incombaient dans le cadre de l’accord du 27 novembre », à savoir l'accord de cessez-le-feu conclu pour mettre fin à la guerre entre Israël et le parti chiite en novembre 2024. Or Israël a « renié cet accord » et ne l’a pas respecté, a-t-il accusé. « L’intérêt du Liban est la restauration de sa souveraineté et sa libération, tandis que l’intérêt d’Israël est d’affaiblir le Liban », a poursuivi Naïm Kassem, accusant par la même occasion l'émissaire américain Thomas Barrack de vouloir « servir entièrement les intérêts d’Israël ». Selon lui, l'envoyé US a exigé un « désarmement en 30 jours, y compris des armes rudimentaires comme les grenades à main et les obus de mortier ».
Naïm Kassem a critiqué la proposition de l’émissaire américain Tom Barrack sur le désarmement du Hezbollah, estimant qu'il s'agissait d'un « diktat » destiné à « priver le Hezbollah et le Liban tout entier de leur force ». « Nous n’acceptons aucun nouvel accord en dehors de celui existant entre l’État libanais et l’entité israélienne. ll est inacceptable que le Liban renonce progressivement à sa force, tandis que toutes les cartes du pouvoir restent entre les mains de l’ennemi israélien », a-t-il réitéré.
Le Hezbollah a perdu de nombreux leaders, notamment son ancien secrétaire général Hassan Nasrallah, et une bonne partie de sa force suite à l’ouverture d’un front de soutien avec Gaza en octobre 2023. La guerre s’est nettement intensifiée le 23 septembre 2024 et jusqu’au 27 novembre, date à laquelle le cessez-le-feu a été signé. Malgré cela, les agressions israéliennes et les assassinats de cadres du parti restent quotidiens au Liban-Sud et parfois dans d’autres fiefs du parti comme Baalbeck ou la banlieue-sud de Beyrouth. Lors de son discours, Naïm Kassem a indiqué que la guerre contre Israël avait coûté la vie à 5.000 combattants du parti et blessé 13 000 autres. Il s’agit du premier bilan officiel des pertes humaines fourni par le Hezbollah depuis le début du conflit.
« La Résistance est en bonne santé, forte, fière, pleine de foi et de volonté, déterminée à être maîtresse dans son pays. Le Liban doit être un pays digne, indépendant, et son peuple résilient et uni. Quant à nos combattants, ils sont toujours prêts à faire les plus grands sacrifices », a assuré Naïm Kassem. Et de conclure : « Nous traversons une étape dangereuse dans l’histoire de l’indépendance du Liban, mais nous sommes plus forts grâce au triptyque armée-peuple-résistance et à l’unité ».




À lire les commentaires on comprend que ce pays , Le Liban , est rempli de traitres à la solde des sionistes . Pourquoi tous ces traitres ne s’en vont-ils pas de l’autre côté de la frontière pour vivre avec leurs vrais frères ? Il ne s’agit de soutenir tel où tel parti ou tel où tel communauté. On ne peut pas vivre avec des gens qui soutiennent nos agresseurs . On ne peut pas vivre avec des traitres , point à la ligne .
00 h 11, le 07 août 2025