Un manifestant réclamant le plein droit de vote pour la diaspora libanaise, devant le Parlement à Beyrouth, le 31 juillet 2025. Photo Mohammad Yassine / L'Orient-Le Jour
Une heure avant l’ouverture de la séance parlementaire jeudi, une cinquantaine de manifestants ont observé un sit-in devant la municipalité de Beyrouth avec une revendication claire : le plein droit de vote pour les expatriés libanais, à savoir la possibilité de voter pour l’ensemble des 128 députés, au même titre que leurs compatriotes résidant au Liban.
Le président du Parlement Nabih Berry avait bloqué le 30 juin dernier une proposition d’amendement qui aurait permis aux expatriés de voter pour l’ensemble des 128 députés, comme cela était le cas en 2018 et 2022, et cette question fait l'objet d'un bras de fer au sein du Parlement. Le chef du Législatif veut faire appliquer un article de la loi électorale actuelle adoptée en 2017, selon lequel six députés viendront s'ajouter aux 128 et seront uniquement élus par la diaspora. Problème : la loi reste floue sur la mise en place du système de 6 sièges proposé, dont elle ne précise pas concrètement le mécanisme d’application.
Sur place, imperturbables, des députés indépendants, des membres du Bloc national, ainsi que de nombreux citoyens, ont fait entendre leur demande de manière résolue. Parmi les députés, étaient présents Cynthia Zarazir, Waddah al-Sadek, Najat Saliba, Halima Kaakour, Michel Douaihy et Ibrahim Mneimné.
« La diaspora libanaise constitue 25% des électeurs, mais leur voix et leurs droits ne comptent pas pour moins », rappelle Lynn Harfouch, membre du Bloc national. « Nous insistons pour que le chef du Législatif remette ce sujet à l’ordre du jour », ajoute-t-elle, rappelant que les partis qui plaident fermement en faveur du système restreint des 6 sièges, à savoir le Hezbollah, le mouvement Amal et le Courant patriotique libre (CPL), « sont les partis qui seront perdants face au votre de la diaspora ». Philippe Eddé, un autre membre du Bloc national, renchérit : « Au Liban où à l’étranger, nos droits sont pareils ».
Lamia, expatriée depuis plus de 35 ans en France, se tient aux côtés de sa sœur et de sa fille, au milieu de la foule présente sur les lieux. « 128 pas 6 », lit-on sur la pancarte qu’elle brandit. « Oui, nous sommes expatriés, mais nous restons Libanais avant tout », lance-t-elle. « Surtout que notre départ n’a pas été un choix, mais plutôt un résultat de la situation dans le pays », regrette-t-elle, réaffirmant que, malgré tout, ses « racines restent ancrées au Liban ». Et de conclure : « Nous avons notre mot à dire, nous avons notre place à avancer dans la société, et nous avons le droit de participer à la construction de l’avenir du Liban à notre échelle. Si ce n'est pas pour nous, espérons-le pour nos enfants. »
Des tracts de la pétition en ligne, lancée par 16 groupes et adressée aux députés pour réaffirmer le refus de la diaspora du système d’attribution aux expatriés de six sièges au Parlement, étaient distribués sur place par des membres du groupe Change Lebanon. À ce jour, plus de 15 000 personnes l’ont déjà signée.



