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Société - Liban

Tension à Aley après des rumeurs sur la présence d'un chef de milice druze qui aurait fui Soueida

Des internautes ont affirmé que Laith el-Balous avait trouvé refuge dans un hôtel de cette ville du Mont-Liban. Celui-ci a démenti mercredi dans des déclarations à la chaîne al-Hadath.

Tension à Aley après des rumeurs sur la présence d'un chef de milice druze qui aurait fui Soueida

Des cheikhs druzes, le 23 juillet 2025 dans le village libanais de Mtein, présentent leurs condoléances aux membres de la famille Qontar dont l'un des leurs a été tué dans la ville syrienne à majorité druze de Soueida. Photo d'illustration Mohamed Azakir/Reuters

Des dizaines de personnes en colère se sont rassemblées mardi soir devant l'hôtel Raj, à Aley, au Mont-Liban, suite à des rumeurs selon lesquelles le chef de milice druze syrien Laith el-Balous, que certains accusent d'avoir été expulsé de la ville syrienne de Soueida en raison de différends avec des factions druzes, y séjournait. Cependant, le cheikh Balous a affirmé à la chaîne d'information saoudienne al-Hadath, mercredi, qu'il se trouvait toujours dans la province de Soueida. Une source au sein de l'hôtel Raj et une autre proche du Parti socialiste progressiste (PSP), ont elles aussi affirmé mercredi à L'Orient Today que le cheikh Balous n'était pas présent sur les lieux.

Au début du mois, des affrontements ont eu lieu dans la province de Soueida entre des groupes armés druzes et des tribus bédouines sunnites soutenues par les forces gouvernementales, débouchant sur des massacres qui ont fait plus de 1 300 morts, dont des centaines de civils.

El-Balous dirige une faction druze appelée les « Forces de la dignité », un groupe qui s'est séparé des Hommes de la dignité (une fédération de tribus druzes dirigée par le père de Laith al-Balous, Wahid al-Balous). Il coopère avec les autorités de Damas et est considéré comme le principal intermédiaire du régime à Soueida. Pendant les affrontements, il a facilité l'entrée des troupes gouvernementales dans les villages contrôlés par les druzes. Selon le chercheur Cédric Labrousse, Laith al-Balous « pourrait craindre pour sa vie », suite aux massacres de Soueida.

Balous à l'hôtel Raj ?

Mardi, des informations relayées sur les réseaux sociaux ont affirmé que l'armée libanaise avait imposé un cordon de sécurité autour de l'hôtel Raj, à Aley après l'arrivée de Laith el-Balous et que des dizaines de jeunes hommes avaient tenté de prendre d'assaut l'hôtel au milieu de coups de feu. Contactée par L'Orient Today, une source sécuritaire s'est dit « incapable de confirmer » ces informations mercredi. Parallèlement, trois moukhtars de Aley ont indiqué ne disposer d'aucune information sur l'incident présumé.

Les rumeurs se sont intensifiées lorsque le chef du parti druze Tawhid et ancien ministre Wi'am Wahhab a écrit mardi sur X : « Nous avons entendu dire que des membres d'un certain parti ont amené au Liban un cheikh qui avait été expulsé de Soueida (...), sans faire tamponner ses papiers à la frontière. Nous allons suivre cette affaire de près, car elle est dangereuse et inacceptable, et nous espérons que personne ne tentera de semer la discorde entre les gens, car quiconque est expulsé de Soueida ne sera pas le bienvenu ici. Le sang de notre peuple est une ligne rouge, et quiconque la franchit sera puni. »

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Lors des affrontements de Soueida, M. Wahhab, qui affirme ne pas s'opposer à un soutien israélien aux factions druzes en Syrie, avait appelé à la création d'une milice baptisée « Armée du Tawhid » afin d'apporter un soutien militaire à la communauté druze syrienne.

Dans des propos accordés à al-Hadath, Laith el-Balous a affirmé qu'il se trouvait « dans les limites géographiques de la province de Soueida » et qu'il « supervisait ce qu'il s'y passe ». Démentant se trouver au Liban, il a affirmé que ces rumeurs « ont été diffusées par des personnalités ayant des liens avec le président syrien déchu Bachar el-Assad, l'Iran et le Hezbollah », dans une allusion probable à M. Wahhab. Il a enfin accusé « certaines parties », sans les nommer, de « vouloir pousser le Liban à la sédition ».

Contactée mercredi, une source à l'hôtel Raj a pour sa part expliqué que l'armée libanaise avait été dépêchée à l'hôtel pendant deux heures après qu'une centaine d'hommes se soient rassemblés à proximité. La source a ajouté qu'il n'y avait eu aucune tentative d'assaut de l'établissement et qu'aucun coup de feu n'avait été tiré. Elle a précisé que les personnes rassemblées dans le secteur, ainsi que l'armée libanaise, avaient quitté les lieux après que la troupe eut confirmé que le cheikh druze ne se trouvait pas à l'hôtel.

Le PSP impliqué ?

Une source proche du PSP dirigé par le leader druze Taymour Joumblatt a également démenti les informations concernant le séjour du cheikh à l'hôtel Raj et les prétendus coups de feu : « La rumeur est fausse, c'est une invention », assure cette source qui précise que l'armée était présente pour empêcher les personnes rassemblées près de l'hôtel de s'en approcher.

Une internaute sur le réseau X, sous le nom de « Mira Medusa », a affirmé mardi, sans citer ses sources, que Laith el-Balous avait été exfiltré par le parking de l'hôtel, ajoutant qu'il avait été secrètement transféré à la résidence du député du PSP Akram Chehayeb en vue de son transfert à Moukhtara dans le Chouf, fief de la famille Joumblatt.

Repère

Quelles sont les factions impliquées dans les violences à Soueida ?

La source proche du PSP a démenti ces allégations, affirmant que le parti ne savait rien au sujet d'el-Balous et n'avait aucune relation directe avec lui. La source a ajouté que, d'après ses informations, le cheikh ne se trouve même pas au Liban.

Le PSP est politiquement opposé à Wi'am Wahhab, un ancien allié du régime syrien déchu de Bachar el-Assad. Alors que M. Wahhab ne cache pas son hostilié aux nouvelles autorités syriennes du président islamiste Ahmad el-Chareh, Walid Joumblatt, l'ancien chef du PSP, souligne l'importance de préserver l'unité de la Syrie et plaide pour de bonnes relations aevc le nouveau régime. L'incident de Aley survient alors que plusieurs dirigeants politiques, notamment Walid Joumblatt, appellent à l'unité et au calme au Liban, expriment leurs craintes d'un débordement des tensions sectaires syriennes.

Des dizaines de personnes en colère se sont rassemblées mardi soir devant l'hôtel Raj, à Aley, au Mont-Liban, suite à des rumeurs selon lesquelles le chef de milice druze syrien Laith el-Balous, que certains accusent d'avoir été expulsé de la ville syrienne de Soueida en raison de différends avec des factions druzes, y séjournait. Cependant, le cheikh Balous a affirmé à la chaîne d'information saoudienne al-Hadath, mercredi, qu'il se trouvait toujours dans la province de Soueida. Une source au sein de l'hôtel Raj et une autre proche du Parti socialiste progressiste (PSP), ont elles aussi affirmé mercredi à L'Orient Today que le cheikh Balous n'était pas présent sur les lieux.Au début du mois, des affrontements ont eu lieu dans la province de Soueida entre des groupes armés druzes et des tribus bédouines sunnites...
commentaires (1)

Le Hezb serait bien inspire de chercher serieusement qui, dans ses rangs et parmi ses plus proches allies, a conspire avec Israel et les a trahi tout le long des combats de 2024. M. Wahab n'e s'est pas transforme, , du jour au lendemain, en valet d'Israel.

Michel Trad

20 h 46, le 30 juillet 2025

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Commentaires (1)

  • Le Hezb serait bien inspire de chercher serieusement qui, dans ses rangs et parmi ses plus proches allies, a conspire avec Israel et les a trahi tout le long des combats de 2024. M. Wahab n'e s'est pas transforme, , du jour au lendemain, en valet d'Israel.

    Michel Trad

    20 h 46, le 30 juillet 2025

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