Le siège social de HSBC à Londres. Photo Justin Tallis/AFP
La banque privée suisse HSBC fait l’objet d’une enquête des autorités judiciaires suisses et françaises pour des soupçons de blanchiment d’argent, a révélé la banque dans son rapport intermédiaire 2025 publié mercredi. Les autorités examinent des infractions « en lien avec des opérations de blanchiment d’argent présumées concernant deux relations bancaires historiques », indique le communiqué, sans plus de détails. « Ces enquêtes en sont à un stade préliminaire », poursuit le document.
L’Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers (Finma), le gendarme financier suisse, avait accusé, en juin 2024, la succursale suisse de HSBC de n’avoir pas empêché des opérations de blanchiment impliquant deux personnes politiquement exposées (PEP) non identifiées originaires du Liban. La Finma avait identifié plusieurs opérations, insuffisamment clarifiées et documentées, menées entre 2002 et 2015, pour un montant total de plus de 300 millions de dollars. Ces fonds avaient été transférés d’une institution publique libanaise vers la Suisse, puis étaient en général renvoyés peu après vers d’autres comptes au Liban.
Le régulateur avait imposé une série de mesures contre la banque, dont l’interdiction d’ouvrir de nouvelles relations d’affaires avec des PEP, tant qu’un audit de ses dispositifs de lutte contre le blanchiment d’argent et de l’ensemble de ses relations d’affaires à haut risque — notamment avec des PEP — ne serait pas mené à bien. L’ancien gouverneur de la Banque du Liban, Riad Salamé, en détention au Liban, et son frère, Raja, mis en examen, sont accusés d’avoir transféré 330 millions de dollars vers des comptes bancaires suisses via Forry Associates Ltd, une société offshore enregistrée aux îles Vierges britanniques.
Selon le journal suisse Sonntags Zeitung, environ 250 millions de dollars ont été déposés sur le compte personnel de Raja Salamé auprès de la succursale genevoise de HSBC. D’autres fonds auraient été placés auprès d’UBS, Credit Suisse, Julius Baer, EFG et Pictet. Les deux frères ont toujours nié toute malversation. « Il n’est pas possible à ce stade pour HSBC de prévoir l’issue de ces procédures, ni leur calendrier ou leur impact éventuel sur la banque », a déclaré HSBC, tout en reconnaissant que les conséquences pourraient être « significatives ».



Cette banque en Suisse n’est pas la seule concernée par le blanchiment d’argent en provenance du Liban. Il faut qu’on se donne la peine s’ouvrir les enquêtes sérieuses pour savoir enfin qui a volé, et combien. Ces montants ridicules ne peuvent pas à eux seuls justifier la ruine de notre pays dont les pertes s’élèvent à des dizaines de milliards de dollars. Tous les voleurs corrompus se connaissent tous et savent qui a permis un hold-up pareil. Il suffit de chercher pour trouver au lieu de mendier en notre nom alors que nous sommes leurs premières victimes.
16 h 20, le 31 juillet 2025