Le logo de la banque HSBC, à Genève le 21 septembre 2006 . Photo d'archives AFP.
Près de 15 ans. C’est le temps qu’il a fallu à la banque privée HSBC genève pour signaler une série de transferts suspects impliquant l’ancien gouverneur de la Banque du Liban, Riad Salamé, ainsi que son frère et la société Forry Associates au régulateur suisse, selon une enquête publiée par l’ONG helvétique anticorruption Public Eye.
Le 18 juin 2024, l’Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers (FINMA) avait accusé la filiale suisse de HSBC de manquements graves à ses « obligations de diligence » et d’échec à prévenir le blanchiment d’argent « en lien avec deux personnes politiquement exposées ». En conséquence, la Finma avait interdit à la banque d’établir de nouvelles relations d’affaires avec des personnes politiquement exposées jusqu’à la révision complète de ses relations existantes.
Poursuivis dans une douzaine de pays depuis 2021, dont le Liban, la Suisse, la France et d’autres États européens, l’ancien gouverneur de la Banque du Liban (BDL) Riad Salamé et Raja Salamé sont soupçonnés d’avoir détourné « des centaines de millions de dollars » de la BDL. Selon Public Eye, HSBC Suisse « a accepté ces fonds douteux pendant plus d’une décennie ». Après avoir examiné une série de documents judiciaires inédits, l’ONG a constaté que la banque privée avait « ignoré tous les signaux d’alerte (pendant des années), attendant août 2020 pour signaler l’affaire au Bureau anti-blanchiment suisse».
Plus de 300 millions de dollars
Entre avril 2002 et mars 2015, près de 330 millions de dollars ont été transférés sur le compte de Forry Associates à HSBC Private Bank (Suisse) par la BDL via plus de 300 transactions. Enregistrée aux Îles Vierges britanniques, cette société de conseil financier, dont le « bénéficiaire réel est Raja Salamé », avait ouvert un compte dans la banque en décembre 2001.
Des signaux d’alerte ont été émis à plusieurs reprises au fil des années, le premier remontant à 2006, lorsque cinq transferts totalisant plus de 8 millions de dollars ont été envoyés à Genève par la BDL, incitant l’équipe de conformité à demander des explications. Le haut responsable bancaire en charge du compte a minimisé ces inquiétudes, se portant personnellement garant de Raja Salamé, qu’il avait introduit auprès de la banque. La relation a ainsi perduré pendant des années malgré les préoccupations récurrentes, selon les recoupements de Public Eye. En 2008, deux paiements de près de 350 000 et 450 000 dollars effectués par Forry Associates à une société panaméenne nommée West Lake Commercial Inc. avaient suscité des demandes d’explication. Il a été découvert par la suite que cette société appartenait à Riad Salamé et avait reçu plus de 7 millions de dollars de Forry Associates, selon Public Eye. De nouveau en 2013, un employé de la conformité avait signalé un « chiffre d’affaires extraordinaire » sur le compte de la société, sans justification quant à la nature des transactions. Cependant, ces préoccupations ont une fois de plus été écartées par le banquier de Raja Salamé.
En tout, près de vingt demandes de clarification de transferts ont été émises avant qu’HSBC ne mette fin à la relation avec le client en 2016 et ne ferme le compte de Forry Associates. Pourtant, la banque n’a signalé ces opérations suspectes aux autorités compétentes qu’en 2020, un an après les bouleversements au Liban et l’effondrement économique qui s’ensuivit. Le banquier d’HSBC en charge des affaires des frères Salameh aurait tenté de « les protéger jusqu’à la dernière minute », selon Public Eye.
Le 14 janvier, l’État libanais a déposé une plainte contre HSBC Suisse, marquant la première action judiciaire intentée contre une banque étrangère dans l’affaire Riad Salameh. L’objectif est d’obtenir une éventuelle compensation et d’« élargir le champ de l’enquête en Suisse », qui avait été ouverte en 2020 pour blanchiment aggravé.




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Et pas qu’elle. L’OLJ m’a toujours censuré lorsque je demandais à ce que l’état libanais attaque en justice toutes les banques qui, en connaissance de cause acceptaient cet argent volé, qui n’est rien d’autre que du recèle. Tous les milliards qui ont été acceptés par les différentes banques devraient être rétrocédés avec une amande à la clé pour avoir commis ce crime après avoir signé une charte sur la transparence des banques dans le monde et la dénonciation immédiate de tout acte litigieux. Ils ont bafoué l’accord signé alors que le vol pouvait prendre fin faute de coopération de leur part.
18 h 49, le 19 mars 2025