Rechercher
Rechercher

Politique - Diplomatie

Aoun en Algérie : Le domaine de coopération le plus « urgent » pour le Liban est l'aide à la reconstruction

Air Algérie va reprendre ses vols pour Beyrouth le 14 août, pour la saison estivale.

Aoun en Algérie : Le domaine de coopération le plus « urgent » pour le Liban est l'aide à la reconstruction

Poignée de main entre le président libanais Joseph Aoun (g.) et son homologue algérien Abdelmadjid Tebboune, à Alger, le 29 juillet 2025. Photo Facebook / Présidence algérienne

Le président Joseph Aoun a été reçu mardi soir par son homologue algérien Abdelmadjid Tebboune, avec qui il a évoqué la coopération entre les deux pays, notamment la question « urgente » pour le Liban de l'aide à la reconstruction des villages et infrastructures détruits dans des attaques israéliennes pendant la guerre entre le Hezbollah et Israël (octobre 2023-novembre 2024) et après le cessez-le-feu.

Selon la présidence libanaise, « les effets immédiats de la visite en Algérie du président libanais sont déjà palpables ». « Les vols de la compagnie algérienne Air Algérie reprendront le 14 août à destination du Liban et des accords bilatéraux devraient être signés dans les domaines de la coopération financière, économique et culturelle », précise l’institution sur X. De plus, la présidence a indiqué que le Liban et l'Algérie étudient la possibilité de développer une liaison maritime entre les ports d’Alger et de Tripoli.

La compagnie aérienne Air Algérie a en effet indiqué qu'elle allait reprendre ses vols pour Beyrouth le 14 août prochain, selon une annonce publiée dans la nuit de mardi à mercredi sur sa page Facebook. Les vols reprendront dans un premier temps entre le 14 août et le 25 octobre, a annoncé la compagnie, à raison de deux vols par semaine. La desserte Alger-Beyrouth avait été suspendue durant l'été 2024, sur fond de tensions entre l'Iran et Israël, après l'assassinat à Téhéran d'Ismaïl Haniyé, dirigeant du Hamas, une frappe israélienne sur le consulat iranien à Damas et un tir qui avait tué une douzaine d'enfants sur le plateau du Golan annexé par Israël.


À lire aussi

Aoun en Algérie : défis régionaux et « questions arabes communes » au menu des discussions

« Système d'intérêt arabe commun »

Au siège de la présidence algérienne, lors de sa visite de deux jours, M. Aoun a souligné l'importance d'un renforcement de la coopération entre les deux pays, dans la perspective d'un « monde arabe plus fort et plus solidaire ». « Les relations entre le Liban et l’Algérie sont historiques » sur les rives de la Méditerranée, et «les Phéniciens nous ont unis il y a des milliers d’années», a-t-il affirmé, en allusion au peuple sémitique datant des premiers millénaires avant le Christ, établi sur le littoral libanais en une série de cités indépendantes, et qui a établi des relations commerciales et des comptoirs jusqu'en Afrique du Nord. « Il faut qu’un système d’intérêt arabe commun nous unisse pour les années à venir », a plaidé le chef de l'État libanais, qui a listé les domaines de coopération entre Beyrouth et Alger, notamment dans l'énergie et tous les secteurs économiques.

Le Liban et l’Algérie entretiennent des relations diplomatiques amicales, mais leurs échanges commerciaux restent limités. Le Liban n’importe plus de carburant algérien depuis l’affaire du fuel défectueux livré à Électricité du Liban (EDL) entre 2005 et 2020 via l'entreprise Sonatrach Petroleum Corporation (SPC), filiale de la compagnie nationale pétrolière algérienne. En 2024, alors que le fournisseur public d’électricité faisait face à une nouvelle pénurie de carburant, l’Algérie a fait un don de plusieurs dizaines de milliers de litres de fuel au Liban. En novembre 2024, au plus fort de la guerre entre le Hezbollah et Israël, une délégation de médecins algériens s’est rendue pendant deux semaines au Liban pour réaliser des opérations chirurgicales dans les hôpitaux.

Reconstruction

Joseph Aoun a en outre souligné que le domaine de coopération le plus « urgent » aujourd'hui pour le Liban était l'aide à la reconstruction des dégâts de la guerre de l'automne 2024. Il a précisé que cette aide inclut notamment la reconstruction des «infrastructures gouvernementales, réseaux publics, ou habitations détruites». « Nous ne voulons pas que le temps perdu ou les mauvaises décisions détruisent les espoirs des habitants de revenir sur leur terre et d’y vivre dans la dignité », a-t-il dit.

Le Liban a obtenu début juin un prêt de 250 millions de dollars de la Banque mondiale (BM) et lancé, en partenariat avec des agences des Nations unies, des projets d’une valeur de plus de 350 millions de dollars destinés au sud du pays. La guerre a détruit, totalement ou partiellement, des villages du Sud, de la Békaa et de la banlieue-sud de Beyrouth. La BM évalue à onze milliards de dollars la facture totale des dégâts dans les régions touchées par les bombardements israéliens au Liban. La France s'était, elle, engagée la semaine dernière à contribuer à hauteur de 88 millions de dollars pour la reconstruction.

De son côté, le président algérien a insisté sur l'importance d'élargir les relations entre les deux pays, notamment en relançant les travaux d'un comité de coopération libano-algérien, et à renforcer la coordination entre les hommes d'affaires des deux pays. Alger est « toujours solidaire du peuple libanais, quelles que soient les conditions », a-t-il déclaré. Il a appelé à « la fin des violations israéliennes de la souveraineté libanaise », s'engageant à peser autant que possible dans la prochaine décision du Conseil de sécurité de l'ONU sur le renouvellement de la Force intérimaire de l'ONU au Liban (Finul).

De son côté, le ministre libanais des Affaires étrangères Joe Raggi, présent aux côtés de Joseph Aoun durant ces deux jours en Algérie, a tenu en marge de sa participation à la visite une longue réunion avec son homologue algérien, Ahmad Attaf. Les deux ministres y ont notamment abordé les relations bilatérales entre les deux pays et les moyens de les renforcer dans tous les domaines, et plus particulièrement sur les plans politique et économique. Selon les informations de l’Agence nationale d'information (Ani, officielle), il a ainsi été convenu d'activer les travaux de la commission mixte supérieure entre le Liban et l'Algérie, créée en 2002.

Le ministre libanais de l'Information, Paul Morcos, et son homologue algérien, Mohammad Mizian, ont pour leur part signé un mémorandum de coopération visant à « soutenir les médias publics libanais ».

Avant son retour à Beyrouth, le président Joseph Aoun a visité deux hauts lieux religieux de la capitale algérienne : la cathédrale Notre-Dame d’Afrique et la Grande Mosquée d’Alger. Il a également reçu l’ambassadeur du Liban en Algérie, Mohammed Hassan, dont la mission diplomatique touche à sa fin. Le chef de l’État a salué « le rôle joué par l’ambassadeur Hassan au cours de son mandat, ainsi que les efforts qu’il a déployés pour renforcer les relations bilatérales et préparer cette visite présidentielle », lui adressant ses vœux de réussite pour la suite de son parcours.

Le président Joseph Aoun a été reçu mardi soir par son homologue algérien Abdelmadjid Tebboune, avec qui il a évoqué la coopération entre les deux pays, notamment la question « urgente » pour le Liban de l'aide à la reconstruction des villages et infrastructures détruits dans des attaques israéliennes pendant la guerre entre le Hezbollah et Israël (octobre 2023-novembre 2024) et après le cessez-le-feu.Selon la présidence libanaise, « les effets immédiats de la visite en Algérie du président libanais sont déjà palpables ». « Les vols de la compagnie algérienne Air Algérie reprendront le 14 août à destination du Liban et des accords bilatéraux devraient être signés dans les domaines de la coopération financière, économique et culturelle », précise l’institution sur X. De plus, la présidence a indiqué...
commentaires (3)

Joseph Aoun rencontre les dirigeants algériens anti Occident dans une ultime action de mendicité. Il suffit de retirer ses armes au hezballah pour que tout rentre dans l'ordre et que le Liban n'ait plus besoin de quémander. La visite n’est pas étonnante on n’est pas à une dérobade près, ni à une soumission du Liban Officiel au diktat de la milice. La troika au pouvoir ferait bon de suivre la gouvernance du Maroc: Concernant les réformes et l’alignement à l’Europe et aux USA il n’est pas dans l’ambiguité et le Royaume en recueille les fruits. Encore une sortie de route des conseillers

Moi

17 h 44, le 30 juillet 2025

Commenter Tous les commentaires

Commentaires (3)

  • Joseph Aoun rencontre les dirigeants algériens anti Occident dans une ultime action de mendicité. Il suffit de retirer ses armes au hezballah pour que tout rentre dans l'ordre et que le Liban n'ait plus besoin de quémander. La visite n’est pas étonnante on n’est pas à une dérobade près, ni à une soumission du Liban Officiel au diktat de la milice. La troika au pouvoir ferait bon de suivre la gouvernance du Maroc: Concernant les réformes et l’alignement à l’Europe et aux USA il n’est pas dans l’ambiguité et le Royaume en recueille les fruits. Encore une sortie de route des conseillers

    Moi

    17 h 44, le 30 juillet 2025

  • Le Maroc nest pas moin corrompus que l'Algérie. Ceci dit, mauvaises addresses. Il faut aller voir les joyeux du turban. Tu incite à casser, tu payes. Et après tout, je ne vois pas pourquoi les chiites qui ont vue le travail de plusieurs generations detruit, devraient ils espérer que les Libanais payent pour solder les mensonges et le lavage de cerveaux et les défaites du hezb. Aoun, c'est pas serieux jouer l'Algérie contre la France. Première grosse bavure d'unepresidence qui ne brille pas par son courage..

    C.D.R

    15 h 32, le 30 juillet 2025

  • Sérieux ? L’Algerie ? Pays corrompu sa population ne trouve pas de fruits sur les marchés… responsables de ce pays qui ne donnent rien sans rien.. ils vont demander au liban d’appuyer ses positions face à tous ses ennemis dont le maroc. Même les algériens n’ont pas confiance en leurs responsables politiques corrompus … surtout que le liban a déjà eu une très mauvaise expérience en la matière avec l’Algerie ces dernières années.. sorry M Le président, mais là, ca se confirme.. VOUS ETES TRES MAL CONSEILLÉ. Revoyez vos conseillers. Le MAROC, voisin serait de loin plus bénéfique pour le liban

    LE FRANCOPHONE

    14 h 35, le 30 juillet 2025

Retour en haut