La diva libanaise Feyrouz et son fils Ziad Rahbani, aux côtés du chef d'orchestre arménien Karen Durgarian, avant un concert à Dubaï le 23 janvier 2003. Photo AFP / JORGE FERRARI
C'est la question que se pose probablement une bonne partie du Liban. Verra-t-on, en l'église de la Dormition de la Vierge de Mhaydsé-Bickfaya, aux côtés du cercueil de Ziad Rahbani, l'éclair de cheveux roux de sa mère, l'inénarrable Feyrouz ?
Dans un clan divisé par les tensions, sur fond d'un amour mère-fils souvent contrarié, et alors que la diva iconique du monde arabe de désormais 90 ans passés a une santé fragile et n'est plus apparue en public depuis des années, les Libanais ont toutes les raisons de s'interroger.
« Feyrouz est très fatiguée, les médecins ne lâchent pas son chevet », selon une source proche de la famille, qui n'imagine pas toutefois que la veuve de Assi Rahbani ne soit pas présente « au moins à la messe », prévue à 16h en l'église grecque-orthodoxe du village du Metn. Elle anticipe donc, sans pouvoir donner de réponse définitive, une « apparition éclair » avant de rentrer chez elle. Deux autres sources au sein du clan contactées par L'Orient-Le Jour n'ont pas donné suite à nos appels pour confirmer ou infirmer une telle apparition.
Un rassemblement à Antélias
La journaliste Doha Chams, très proche du disparu, a évoqué dans un message sur X un « rassemblement » à Antélias du cortège qui accompagnera le corps de Ziad Rahbani de l'hôpital où il est décédé à Beyrouth jusqu'à Bickfaya, ce qui peut également laisser entendre un arrêt à la maison familiale où vit encore Feyrouz.
L'interprète de « Kifak enta », qui lui avait été écrite par son fils à la fin des années 80, avait donné son dernier concert en 2012, au Platea. Un adieu à la scène mais également à la vie publique, bien que la grande dame avait surpris tout le monde en lançant en 2017 un album produit par sa fille Rima, avec qui Ziad avait des relations glaciales, et elle avait alors même tourné un clip « La min » (pour qui ?), dans lequel elle apparaissait en train d'enregistrer un morceau. Elle vit sinon entourée de ses désormais deux enfants encore en vie, sa fille, qui au cours des dernières années a publié au compte-gouttes des images et photos de sa mère sur les réseaux sociaux, et son fils Hali, lourdement handicapé, dont elle s'occupe toujours.
Sans être publique, elle avait fait une apparition remarquée dans les médias et sur les réseaux sociaux lors de sa rencontre en septembre 2020, quelques semaines après la double explosion au port de Beyrouth, avec le président français Emmanuel Macron. Des photos de leur moment dans la maison de la chanteuse à Antélias s'étaient retrouvées sur tous les écrans, et l'on y voyait l'octogénaire, dans toute sa splendeur, dans son salon à l'ancienne, le visage protégé par une visière sanitaire en plastique à l'aspect presque anachronique.
Les funérailles de Ziad Rahbani, précédées et suivies jusqu'au lendemain de condoléances publiques comme le veut la coutume libanaise, devraient également être scrutées de près pour rendre hommage au pilier de la vie culturelle et artistique libanaise qu'a été et restera le dramaturge, comédien aux critiques acerbes, mais également en raison des tensions qui continuent de régner au sein de la tribu des Rahbani.


Triste...la fin des glorieux...et triste pour nous,la perte de ces gens-la...très triste.
09 h 45, le 28 juillet 2025